Longue division – Derek Nikitas

Derek Nikitas - Longue division - Télémaque

Longue division est un roman noir qui part sur les chapeaux de roues, sur une grande toile grisâtre qui se ressert petit à petit, jusqu’à l’étranglement final, radical.

A 32 ans, Jodie Larkin a du mal avec sa vie. Elle est femme de ménage exploitée, elle vit seule avec son chat Nero. Elle en a ras le bol. Et puis, un jour, elle dérape. Cinq mille dollars dans un bocal lui tendent les mains. Ce vendredi là, elle les prend. Ce vendredi là, son patron ne lui paie pas son salaire. Ce vendredi là, elle rencontre un jeune mexicain sans papier dans une soirée et … toute sa vie en sera chamboulée.

On sent bien dès le début de ce livre que les choses ne vont pas bien se passer. Car Jodie n’est pas la seule qui semble perdue. Calvin, lui, a 15 ans, s’interroge sur sa sexualité, cherche des relations homosexuelles sur internet… Deux adolescents, Wynn et Dwight, tentent aussi d’exister, de régler à leur façon leurs problèmes d’adolescents, mais lorsque la drogue s’en mêle, avec des armes … Sam, quant à lui, est un policier qui a accepté un pot de vin qu’il va fortement regretter …

Enfin, tout ce petit monde va se croiser au fil des pages, au milieu des armes, des combats individuels, des rencontres douteuses, des morts sanglants, des déceptions récurrentes, des motels piteux … Ce n’est pas vraiment une enquête criminelle qui est au centre de ce roman, même si elle existe en filigrane. C’est bien plus la quête de Jodie et ses conséquences, qui est la ligne directrice de ce roman noir, ligne qui va s’entremêler, puis se démêler dans un final, digne d’un grand film américain, dans l’exagération et le délire le plus total.

Au début, Longue Division est très prenant. Le rythme rapide est posé, l’ambiance malsaine est distillée, les personnages tous bancals, sont esquissés à grands coups de pinceaux caricaturaux. On ne sait pas trop où l’on va, on suit les paragraphes, entrecoupés de …. pour maintenir le suspens, les uns après les autres, et cela fonctionne. La tension est présente, chaque phrase se tient sur le fil du rasoir, et l’on voit à travers une construction subtile, les liens entre les personnages doucement apparaître : la construction est vraiment le point fort de ce roman.

Cependant, Derek Nikitas semble avoir eu un peu de mal à conserver son rythme, qu’il ralentit un moment, pour le précipiter subitement dans un excès démesuré, où il en fait trop, où tout part dans tous les sens ; on a alors l’impression de lire un film d’action avec ses exagérations et ses extrêmes.

C’est dommage, car il en reste une impression d’insatisfaction.

Enfin, l’avis général des jurées de ELLE n’est pas terrible …
L’avis d’Enna sur Ennalit
L’avis de Galéa de Sous les galets

Grand Prix des lectrices Elle
Grand Prix des Lectrices ELLE 2014
Sélection Catégorie Policier

Les premières lignes de Longue Division :

Vendredi, dernière maison. Jodie aspirait au week-end de tout son corps. Dans la salle de bains principale, elle gratta avec des lingettes la mousse de savon séchée, le dentifrice et les cheveux collés dans le lavabo. La règle, c’était « pas d’eau », que des produits chimiques. Pas le droit d’utiliser les toilettes des clients non plus. Même si elle avait besoin de pisser, c’était interdit par Kwik Kleen. La vie n’avait jamais fait de cadeau à Jodie et elle devait respecter les règles.

Présentation de Longue Division par les éditions Télémaque :

Jodie travaille pour Kwik Kleen. Elle fait le ménage dans de somptueuses villas d’Atlanta. Alors qu’elle termine le nettoyage d’une chambre, une liasse de 5 000 dollars s’échappe d’un coffret… la tentation est brûlante pour Jodie : tout plaquer pour rejoindre son fils, un adolescent en pleine tourmente, abandonné à la naissance. Au bout de la longue route sur laquelle elle s’engage : la neige, les démons du passé et du présent… et la mort.

Porté par une écriture cinématographique ciselée, un roman choral, violent et intensément humain. Le talent unique de Derek Nikitas : un tissage incroyablement fin des destins de ses personnages vers un dénouement éclatant et meurtrier.

Derek NIKITAS, Longue division
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Liliane Messika
Parution : Mars 2013 – Télémaque
Original : 2009 – Long Division

1 réflexion sur « Longue division – Derek Nikitas »

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