L’incertitude de l’aube – Sophie Van der Linden

Sophie Van der Linden - L'incertitude de l'aube - Buchet Chastel

La veille, c’était une promenade en forêt, mais surtout l’excitation de la rentrée scolaire, un mercredi tant attendu, mais qui se transformera en cauchemar pour la petite Anushka et son amie Miléna, et deviendra L’Incertitude de l’aube.

Sans comprendre, à part les mots « fascistes », mais ne représentent pas grand chose pour Anushka, elle se retrouve entassée dans un gymnase, avec de nombreuses autres familles, mais elle, comme son grand-père qui marchait trop doucement est resté derrière, se retrouve seule.

Ce livre est basé sur un fait historique, la prise d’otage de milliers de personnages à Beslan en Ossétie du Nord (Russie), qui a eu lieu début septembre 2004, et dont on connaît la finalité dramatique.

Mais ce n’est pas un livre historique, non, c’est la vision imagée d’une enfant qui se retrouve dans une situation inconnue et inimaginable, avec ses angoisses d’enfant : son grand-père resté derrière, oser demander pour aller faire pipi, comment taire la faim, la soif, se demander comment les autres réussissent à faire, penser à l’oiseau à l’air libre, ne plus penser à la chaleur, à la flaque de sang qui s’écoule là, devant elle, ne plus penser à son grand-père …

Derrière cet événement grave, c’est avec les yeux naïfs, des mots et une narration légère car enfantine, qui voient sans comprendre, et qui espèrent, que Sophie Van der Linden a choisi de raconter cet épisode.

En allégeant le propos, en le rendant même poétique, elle produit l’effet inverse de la légèreté ; cela renforce l’imaginaire de l’adulte, qui lui n’est pas une petite fille, et qui a bien conscience de l’horreur de ce qui est en train de se jouer, qui connait les effets de l’absence d’eau et de nourriture, qui en comprend tous les risques.

Ceci étant, si la lecture de ce petit livre est facile et agréable, je regrette qu’il ne m’est pas fait ressentir d’émotions plus fortes ; il s’agit beaucoup plus d’une livre sur les pensées d’une enfant, que sur l’événement de Beslan en lui-même, que j’ai eu le sentiment de lire avec un regard resté très extérieur.

Les premières lignes de L’incertitude de l’aube :

L’oiseau. Que j’entends. Me réveille. Les yeux encore fermés, je tente de me rappeler où je suis. Lentement, je soulève mes paupières. Une pièce sombre, un rideau épais, et cette serrure percée par la lumière …

La 4e de couverture des éditions Buchet Chastel (présentation légèrement différente sur le site Buchet Chastel) :

En ce jour de Fête de la Rentrée, Anushka est heureuse et court avec Miléna, sa meilleure amie, sur le chemin de l’école. Son grand-père qu’elle aime l’accompagne, mais il marche si lentement … Elle se retrouve sans lui dans le gymnase, avec tous les autres. C’était à Beslan, il y a dix ans.

Challenge RL 2014Sophie VAN DER LINDEN, L’incertitude de l’aube
Parution : Août 2014, Buchet Chastel, 160 pages

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(Dernière mise à jour : 27/11/2014)

6 réflexions au sujet de « L’incertitude de l’aube – Sophie Van der Linden »

    • Si tu cherches du léger, je te propose Le Tout va bien, des éditions Le Tripode ; il vient juste de sortir, ce n’est pas un roman, mais j’ai éclaté de rire à certaines pages !

    • Tu as raison, le sujet est dur, mais surtout parce que tu connais son Histoire, la retranscription littéraire est « moins » dure que la réalité, c’est le sous-jacent et l’imaginaire le plus dur.

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