L’homme sans talent, Yoshiharu Tsuge

Tsuge - L'homme sans talent Micmélo aime beaucoup : 🙂 🙂

Un homme désabusé, s’interroge sur la vie, sur le métier qu’il pourrait faire pour gagner et remplir sa vie. Alors qu’il sait dessiner, il refuse de poursuivre dans la bande-dessinée, métier qu’il considère sans avenir.

L’histoire commence aux termes de ses réflexions : « Pour finir, je suis devenu marchand de pierres » dit-il. Beaucoup d’idées lui ont traversé l’esprit, de la récupération aux cheveux coupés, à la vie d’antiquaire de pacotilles, en passant par vendeur d’appareils photo cassés et réparés ou libraire de livres invendables, et notre anti-héros semble rater tout ce qu’il entreprend. Saisi d’une douce mélancolie, il s’interroge sur son utilité, sur l’existence et sur la vie.

L’homme sans talent oscille entre désillusions et fausse ironie sur les questionnements existentiels de l’homme. Derrière notre anti-héros marginal et un rien pathétique, c’est l’auteur lui-même qui se confie, entre fable métaphysique et manga autobiographique, et qui s’interroge sur le temps qui passe, sur le temps d’une vie. Le travail n’est pas la priorité de ses pensées, le contraire plutôt. Il laisse s’écouler le temps, allongé dans sa cabane de vendeur de pierres que personne n’achète, ne s’inquiète pas du quotidien, laisse son esprit divaguer. A la marge de la société, il a décidé, lui, de se laisser vivre, sans culpabilité ni remord. Certaines réflexions touchent parfois au plus juste.

L’homme sans talent – qui fait penser, mais n’a pas de lien avec L’homme sans qualités de Robert Musil – a été sélectionné pour le prix du meilleur album à Angoulême en 2005 (finalement décerné à Marjane Satrapi, pour Poulet aux prunes).

La présentation de L’homme sans talent par son éditeur :

L’homme sans talent, publié au japon en 1987 (« Munô no Hito » dans son titre original) est le récit du parcours désabusé et ironique d’un auteur de manga que le manque de succès et le refus des travaux de commande contraint à cesser de dessiner et exercer divers petits métiers pour tenter de faire vivre sa famille. Il sera donc vendeur de cailloux (ou de « pierres paysages », aux noms évocateurs de nuages, colère, regrets, larmes…), il songera à tenir une passerelle à péage, sera attiré par la profession d’oiseleur, brocanteur de fausses antiquités ou encore réparateur d’appareils photos, qu’il ne réussira pas à vendre plus que le reste. Il sera également effleuré par l’idée lumineuse de se faire moine mendiant ou rêvera de faire une grande découverte lucrative telle que les cheveux comme remède contre le cancer ou les hémorroïdes… Ainsi, loin d’être sombre, ce livre tendrement désabusé et faisant l’éloge des excentriques, est également teinté d’un humour atypique. C’est aussi un voyage envoûtant dans une société japonaise en pleine mutation où la tradition se retrouve brutalement confrontée à une modernité importée d’occident.

Yoshiharu TSUGE, L’homme sans talent
Traduit du Japonais par Frédéric Boilet
Parution : Janvier 2004 – ego comme X
Original : 1987, Munô no Hito

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