Les Furies – Lauren Groff

Lauren Groff - Les furies - Editions de l'Olivier

Quand un livre est présenté comme étant le meilleur roman de l’année par Obama, difficile de ne pas s’attendre à un livre exceptionnel. Aucun doute, Les Furies est un livre de grande qualité, mais est-il vraiment le meilleur de l’année ?

Le pitch : L’histoire de deux personnalités, d’un couple, l’origine d’un mariage, son évolution, la place de chacun dans ce duo quand la création, l’écriture, le théâtre et le succès s’en mêlent, ainsi que d’autres événements inattendus.

Une lecture en trois mouvements :

- Une entrée dans le roman immédiate, avec une « furieuse » envie de le lire d’une traite, un intérêt immédiat pour le personnage masculin de Lotto Satterwhite, le beau gosse sexy voué à être riche et successful, pour ses origines, son parcours, ses envies, mais cet intérêt n’a pas vraiment duré.

- Une petite baisse de régime après les 100 premières pages, du chapitre 4 au chapitre 9. Même s’il existe une réelle intensité dans les relations de groupe, ainsi que dans la rencontre artistique avec le musicien Leo Sen, même si le roman est bien écrit, avec une bonne dose de littéraire, j’ai regretté un petit ennui et certains passages qui m’ont semblé manquer de naturel et de réalisme. Une certaine superficialité (même si elle est choisie et volontaire de la part de Lauren Groff) a freiné un peu mon enthousiasme.

- Une 3e phase de lecture – qui correspond à la seconde partie – qui redevient très prenante, Furies, centré autour du personnage de Mathilde, la femme de Lotto : une réussite. Un personnage clinquant qui se dessine subtilement, un suspens inattendu, du caractère qui resurgit, de l’ambivalence et de la noirceur qui manquait un peu dans cette histoire qui devenait fade, un contrepoint parfait qui a redoré ce roman d’une saveur agréablement acide et pétillante.

Ceci étant, au risque de déplaire à Barack Obama, si j’ai beaucoup apprécié ce roman, en particulier la seconde partie grâce au personnage de Mathilde, je ne le rangerai pas dans la catégorie des livres les plus intéressants de l’année.

Lecture que j’ai eu le plaisir de partager avec Valérie.


La première ligne :
Une bruine épaisse tombant du ciel, tel un soudain mouvement de rideau.

En savoir plus :
Présentation des Editions de l’Olivier
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Lauren GROFF
Les Furies
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Carine Chichereau
Editions de l’Olivier, janvier 2017, 432 pages.
VO : 2015, Fates and Furies

20 réflexions au sujet de « Les Furies – Lauren Groff »

  1. Aucun bémol pour moi, je trouve ce bouquin sacrément ébouriffant ! Je ne me suis pas ennuyée une seconde… oui il y a des moments plus lents mais ça fait partie de l’ensemble. Après, le fait qu’Obama l’ait qualifié de meilleur roman de l’année montre seulement qu’il n’a pas eu le temps de tous les lire :-)… Je me garderais bien de proférer ce genre de sentence compte tenu de l’échantillon pas forcément représentatif de la production américaine que j’ai lu en 2017 …

    • Je suis ravie que tu aies pris autant de plaisir à la lecture de ce livre, c’est génial quand une lecture se passe ainsi. On aimerait tant que ce soit plus souvent le cas.

  2. J’ai beaucoup aimé la façon dont elle intègre les pièces de théâtre à la narration, mais le meilleur moment reste, comme tu le dis, quand Mathilde prend la parole et que l’on découvre la face caché de ce couple. Ce n’est peut-être pas le roman de l’année (un jugement très subjectif au fond…) mais c’est littérairement très bien fichu !

    • Contrairement à toi, et pourtant, j’adore les pièces de théâtre, l’intégration des pièces de théâtre dans le roman, ce n’est pas ce que j’ai préféré. Cela m’a « coupé » dans le fil narratif, et je pense que c’est une des raisons des longueurs que j’ai ressenties. Mais, oui, je suis d’accord, c’est littérairement très bien fichu !

  3. Je ne suis pas certaine qu’il aurait fallu l’élaguer, j’ai tendance à penser que l’ennui est nécessaire pour apprécier la troisième partie. C’est un très bon roman mais je suis d’accord avec toi, pas le meilleur de l’année.

    • C’est vrai que l’ennui ressenti à la fin de la première partie, participe au fait que la 2e partie ait plus d’intérêt. Ceci étant, je n’aime pas m’ennuyer quand je lis un roman…

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