Les Assassins – R.J. Ellory

R.J. Ellory - Les Assassins - Sonatine

Les Assassins tient vraiment ses promesses et la comparaison avec le sublime Seul le silence, qui a fait connaître R.J. Ellory, n’est pas usurpée, seulement un peu exagérée. Ce pavé criminel se dévore comme une excellente tablette au chocolat, petit à petit, en douceur, sans interruption et avec un immense plaisir. Le seul regret : arriver au bout et constater que c’est déjà terminé.

Le début du roman donne vite le ton. La première histoire d’amour de John Costello le marquera toute sa vie. Sa copine ne sortira pas vivante de l’attaque du « Marteau de dieu », et lui restera un rescapé marqué à vie, obsédé par les criminels et les tueurs en série.

Plusieurs années plus tard, l’inspecteur Ray Irving enquête en vain sur des crimes, ne trouve aucun indice, piétine et piétine, alors qu’un journaliste du City Herald réussit, lui, à avancer l’hypothèse qu’un tueur en série renouvelle d’anciens crimes de serial killers, avec les mêmes caractéristiques, et surtout, le même jour anniversaire. Le titre original du livre, The Anniversary Man, a d’ailleurs ici tout son sens, qui est perdu avec la traduction française.

L’enquête en elle-même n’est pas vraiment passionnante, car elle n’a pas vraiment lieu. Ce n’est pas là que le livre est original. L’histoire ressemble d’ailleurs beaucoup, pendant une grande partie du livre, à une succession de crimes, racontés les uns après les autres, qui se suivent presque sans lien et inexorablement. Mais là où R.J. Ellory réussit son roman, c’est en évoquant à chaque fois des assassins, des serial killers réels, des crimes ayant réellement existés et marqués l’imaginaire américain, comme par exemple le Zodiac pour n’en citer qu’un. Les recherches qui ont été effectuées sont nombreuses et donnent tout son intérêt à ce roman policier.

Paradoxalement, le rythme est assez lent, la narration n’est pas vraiment axée autour de multiples rebondissements, la pseudo histoire amoureuse entre le détective et une journaliste n’est pas vraiment convaincante, et pourtant, ça fonctionne, et ça fonctionne même très bien. Le fil se déroule sans heurt, l’intérêt est éveillé et ne s’endort jamais, les pages se tournent sans aucun effort et le style agréable et sans difficulté permet de maintenir un juste équilibre entre une lecture détente et une agréable tension criminelle.

Les avis de Léa, Cannibales lecteurs, Canel.

Les premières lignes :

Pendant longtemps, John Costello tenta d’oublier ce qui s’était passé.
Fit semblant, peut-être, que ça n’était jamais arrivé.
Le diable se présenta sous la forme d’un homme, enveloppé par l’odeur des chiens.
À voir sa tête, on aurait cru qu’un inconnu lui avait donné un billet de 50 dollars dans la rue. Un air surpris. Une sorte d’émerveillement satisfait.
John Costello se souvenait d’un bruit d’ailes affolées lorsque les pigeons fuirent la scène.
Comme s’ils savaient.

La 4e de couverture des éditions Sonatine :
(ou présentation légèrement différente sur le site Sonatine)

Sur dix-huit mille meurtres par an aux États-Unis, seulement deux cents sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne pense à faire un lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet qu’ils ont été commis à la date anniversaire d’un meurtre passé, oeuvre chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon une procédure rigoureusement identique. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs pour leur rendre un funèbre hommage ?

Bouleversant tous les clichés de rigueur, R.J. Ellory transfigure ici totalement le roman de serial killer, en lui apportant un souffle nouveau, comme seuls les très grands écrivains savent le faire. Avec cette évocation des plus grandes figures des tueurs qui ont marqué les États-Unis, de Ted Bundy au fameux Zodiac, il poursuit ainsi son exploration du mal américain, interrogeant cette fois notre fascination pour les monstres.

R.J. ELLORY
Les Assassins
Traduit de l’anglais par Clément Baude
Sonatine, Août 2015, 528 pages
VO : 2009, The Anniversary Man

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8 réflexions au sujet de « Les Assassins – R.J. Ellory »

  1. Je l’ai commencé hier soir et j’ai eu du mal à le refermer. J’avais juste envie de poursuivre la lecture. J’aurai du temps cet après-midi donc je vais vite me replonger dedans. A mon avis ça va être vite lu malgré le nombre de pages car hier soir avant de m’endormir j’en ai lu plus d’une centaine déjà.

  2. J’avais adoré Seul le Silence, mais les autres m’avaient beaucoup moins intéressés … J’ai celui ci depuis des semaines mais sans avoir eu vraiment envie de le lire, bon si tu me dis qu’il se lit tout seul, ça me remotive !

    • Je suis comme toi Eva, j’avais adoré Seul le silence, qui reste mon préféré, mais j’avais aussi beaucoup aimé les Anonymes, et son tout petit Texas en automne. Et ce dernier ne m’a pas paru d’un style littéraire exceptionnel, ni d’une narration géniale, et pourtant, tu ne te rends pas compte que tu tournes les pages et donc, tu passes un super moment !

  3. ah tu m »intrigues avec cette critique. En plus j’adore Ellory (on lui pardonnera l’erreur des Anges de New York sinon tout le reste est de qualité ;))

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