Les arpenteurs – Kim Zupan

Kim ZUPAN - Les arpenteurs - Gallmeister

Sélectionné dans le cadre du Prix SNCF Polar 2017, Les arpenteurs est un roman noir lancinant, une amitié respectueuse et inattendue entre deux hommes que tout semble opposer. Et s’ils se ressemblaient plus qu’il n’y parait …

Une fois n’est pas coutume, Les arpenteurs est un « faux » polar. A noter que c’était déjà le cas de 911 de Shannon Burke, également sélectionné dans le cadre du Prix SNCF Polar 2017.

John Gload, c’est le vieux buriné et usé, le méchant, le violent, l’assassin, le moins que rien. Valentine Millimaki, que beaucoup appellent Val, c’est le policier, l’adjoint au shérif, beaucoup plus jeune, plutôt gentil, un peu paumé aussi.

Emprisonné, John Gload revoit sa vie à travers les barreaux de sa cellule. Val est là, simplement comme gardien, pour le surveiller. Mais ce qu’ils vont faire, c’est discuter, se raconter, se confier dans cet espace clos et unique de la nuit, du silence assourdissant de l’obscurité, du cliquetis d’une clé ou de l’écho d’un souffle.

Tout le roman est axé autour de cette amitié masculine teintée de respect et de confidences, d’aveux inavouables, de mise en lumière de la noirceur humaine, de création d’un fort lien humain. L’humanité semble cachée dans des endroits et à des instants où on ne l’attend pas.

Si cette relation humaine est très réussie, le rapprochement entre ces deux destins fragiles inattendu et intense, le style de ce roman d’une beauté sombre et assez poétique est empreint d’un rythme lancinant manquant cependant un peu de rythme.

En effet, même si j’ai vraiment apprécié l’originalité et la noirceur de ces arpenteurs, et reconnais la réelle qualité littéraire de ce premier roman, il m’a manqué un peu d’action, de vivacité, de peps. Le balancement créé par cette ambiance faussement tranquille des paroles nocturnes – que l’on imagine à voix basses et racontées avec lenteur -, m’a parfois fait pencher vers l’endormissement. J’ai parfaitement ressentie le côté hypnotique annoncé par l’éditeur, un petit peu trop.

Prix Littéraires :
Sélection du Prix SNCF Polar 2017.


Originaire du Montana, Kim Zupan a grandi aux alentours de Great Falls, dans la région qui tient lieu de décor à son roman. Il a été tour à tour fondeur, professionnel de rodéo, pêcheur de saumon en Alaska, réparateur d’avion à réaction. Durant vingt-cinq ans, il a gagné sa vie comme charpentier, en écrivant en parallèle. Il enseigne aujourd’hui la menuiserie à l’université de Missoula. (Source : Gallmeister)


Les premières lignes :
(Lire un extrait plus long)

À l’automne de cette année-là, le garçon descendit du bus au bout de la route sèche, la haie de buissons vrombissant du crissement des sauterelles affolées qui bondissaient à son passage depuis les hautes herbes et le feuillage pâle et pous­siéreux des oliviers de Bohême, se heurtaient à son pantalon et se précipitaient contre les pans de sa chemise.

La présentation des éditions Gallmeister :

Nuit après nuit, dans une prison du Montana, le jeune Val Millimaki s’assied face aux barreaux qui le séparent de John Gload, 77 ans, en attente de son procès. Astreint aux pires heures de garde, l’adjoint du shérif se retrouve à écouter le criminel qui, d’instinct, est prêt à lui révéler en partie son passé. Petit à petit, Millimaki se surprend à parler, lui aussi, et à chercher conseil auprès de l’assassin. En dépit des codes du devoir et de la morale, une troublante amitié commence à se tisser entre les deux hommes. Dans un subtil jeu d’échos, entre non-dits, manipulations et sombres confessions, le jeune shérif cherche des réponses à ses propres tourments et, chaque matin, il tente vainement de reprendre pied dans la réalité. Mais sa vie, comme son mariage, lui échappe chaque jour un peu plus.

Premier roman hypnotique et crépusculaire, Les Arpenteurs met en scène deux personnages poursuivis par leur conscience et hantés par la mélancolie d’un paysage qui les a faits tous deux à son image.


Kim ZUPAN
Les arpenteurs
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laura Derajinski
Gallmeister, janvier 2015, 280 pages
Poche Gallmeister, février 2016, 304 pages.
VO : 2014, The Ploughghmen

12 réflexions au sujet de « Les arpenteurs – Kim Zupan »

  1. Cela fait plus d’un an qu’il sied sur mon étagère – prévu dans chaque programmation, et passé à la trappe – zut ! je vais devoir trouver le temps !

  2. un Gallmeister qui me fait vraiment envie, mais je l’imaginais quand même plus rythmé ! (c’est un peu le souci que j’ai eu avec le premier Craig Johnson « Little Bird » que j’ai bien aimé mais avec lequel je me suis vaguement ennuyée…)

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