Le voyage d’Octavio – Miguel Bonnefoy

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Octavio est un homme seul qui n’a jamais appris à lire. Il a toujours réussi à trouver des subterfuges pour que ce secret demeure le sien. Il le demeura jusqu’à sa rencontre avec Venezuela, qui le comprendra et l’aidera.

Mon avis sur ce livre est assez mitigé, car si j’ai vraiment aimé le début, la découverte du personnage d’Octavio, sa rudesse, son âpreté, ses réactions malignes d’analphabète, j’ai eu plus de mal à trouver un lien entre ce personnage de la première moitié du roman et la suite.

Le voyage d’Octavio, celui qui donne un sens au titre du livre, ne commence en réalité qu’à partir de la seconde moitié du roman, et je n’ai pas toujours réussi à comprendre le rapport entre les rencontres d’Octavio et son passé, les liens entre les épisodes, le choix entre la narration d’une histoire pure et simple, et le chemin du conte et de l’onirisme.

Certains passages m’ont paru un peu trop forcé, un peu trop « travaillé », comme si Miguel Bonnefoy avait trouvé nécessaire de les charger de mots peu usités ou de références culturelles pour compenser la simplicité d’Octavio, expliquer par ce biais sa joie et son plaisir de la découverte des mots, de la beauté des phrases et de la littérature.

En fait, j’ai regretté le changement de registre. Je me sentais tellement bien dans la première moitié du récit, dans la découverte d’Octavio, dans sa rencontre avec Venezuela, dans le privilège de leurs échanges, pour accepter sans être déçue de le voir partir vers d’autres routes, commencer une sorte de voyage initiatique auquel je n’ai pas vraiment participé.

Il n’en demeure pas moins que ce premier roman de Miguel Bonnefoy dégage une ambiance de légende masculine à la manière du Vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda qui, sans atteindre la réussite de ce dernier, est cependant loin d’être déplaisante. J’avais tellement envie d’adorer ce livre, après avoir participé à la cérémonie de remise du Prix de la Vocation 2015, que je regrette sincèrement de ne pas faire preuve de plus d’enthousiasme.

Mais vous pouvez aller lire les avis positifs d’Ariane, de Jostein, de Virginie et l’avis négatif de Sandrine, dont je comprends désormais les réserves.

Prix Littéraires
Prix de la vocation 2015

Les premières lignes :

Dans le port de La Guaira, le 20 août 1908, un bateau en provenance de La Trinidad jeta l’ancre sur les côtes vénézuéliennes sans soupçonner qu’il y jetait aussi une peste qui devait mettre un demi-siècle à quitter le pays.

La 4e de couverture des éditions Rivages :
(ou présentation différente sur le site Payot & Rivages)

Le voyage d’Octavio est celui d’un analphabète vénézuélien qui, à travers d’épiques tribulations, va se réapproprier son passé et celui de son pays. Le destin voudra qu’il tombe amoureux de Venezuela, une comédienne de Maracaibo, qui lui apprend l’écriture. Mais la bande de brigands « chevaleresques », menée par Rutilio Alberto Guerra, pour laquelle il travaille, organisera un cambriolage précisément au domicile de sa bien-aimée. Avant que ne débute un grand voyage dans le pays qui porte son nom. Octavio va alors mettre ses pas dans ceux de saint Christophe, dans ceux d’un hôte mystérieux, dans ceux d’un peuple qu’il ignore.
Car cette rencontre déchirante entre un homme et un pays, racontée ici dans la langue simple des premiers récits, est d’abord une initiation allégorique et amoureuse, dont l’univers luxuriant n’est pas sans faire songer à ceux de Gabriel Garcia Marquez ou d’Alejo Carpentier.

Miguel BONNEFOY
Le voyage d’Octavio
Rivages, Janvier 2015, 128 pages

9 réflexions au sujet de « Le voyage d’Octavio – Miguel Bonnefoy »

  1. La comparaison en 4ème de couverture avec Marquez est sans doute osée alors !
    Je me souviens avoir déjà tourné autour de ce bouquin en librairie, l’incipit est réussi !
    En revanche, j’ai tellement de livre à lire que tes réserves ne m’invitent pas à tenter l’aventure. .. Arf ! Le suivant sera meilleur ! ;)

    • Ah, ces fameuses 4e de couverture ! Mais bon, malgré mes réserves, j’ai tellement aimé le début du livre, que je me laisserais sûrement tenter par son 2e !

  2. Ce fut pour moi un vrai coup de cœur ! J’ai aimé l’écriture de Miguel Bonnefoy, le personnage d’Octavio, l’ambiance, la poésie de l’histoire, le réalisme magique,… Tout !

  3. Style travaillé sans aucun doute. Trop…cela ne m’a pas gêné. Au contraire cela m’a permis de mieux entrer dans le conte, l’onirisme.
    Il est vrai que je me suis posée la question sur l’objectif de cette seconde partie mais finalement, cela me semblait la boucle logique de ce voyage initiatique.

    • Je me demande si ma lecture n’a pas été trop morcelée de ce livre. Peut-être que je serais mieux entrée dans l’ambiance conte avec une lecture en une ou deux fois.

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