Le tueur se meurt – James Sallis

James Sallis - Le tueur se meurt - Rivages

Le tueur se meurt, Grand Prix de Littérature Policière 2013, n’est pas vraiment un thriller. Il s’agit plus d’un chassé croisé entre plusieurs personnages, de l’état de leurs réflexions et pensées, qu’une enquête prenante et haletante.

Dès le premier chapitre, le ton est posé : il est malade, très malade, tremble, avale ses médicaments, a presque oublié où il se trouve. Il s’agit de Chrétien, vieux tueur à gages, qui observe depuis trois jours un homme, un comptable, qu’il ne connait pas. Le temps de faire une pause quelques minutes, l’homme qu’il surveillait ressort ensanglanté sur une civière, encore vivant.

L’enquête va consister pour Chrétien à comprendre ce qui s’est passé, comme pour le duo de policiers Sayles et Graves. Chacun tente de trouver un sens à ce qu’il fait, entre réflexions personnelles, souvenirs du passé, traumatismes inoubliables, difficultés du quotidien. Un autre point de vue sera celui de Jimmie, jeune homme qui vit seul depuis un an, en achetant et revendant des objets divers sur internet. Leurs destins vont se croiser, leurs aspirations surtout, les rêves des uns se retrouvant dans les failles des autres. Ils sont tous en quête de quelque chose, vivent leur solitude tant bien que mal, semblent perdus dans un monde qu’ils ne comprennent pas trop ou qui leur échappe.

Dans un univers à la limite de l’onirique, le réel se perd parfois ou se transforme, on ne sait plus trop où l’on se trouve, on est parfois un peu perdu, se demandant où James Sallis nous mène. C’est assez lent et l’intrigue est assez peu présente, l’entrelacement des réflexions intimes de chacun et la croisée de leurs pensées étant les personnages principaux de ce roman.

Certaines critiques de ce livre étaient dithyrambiques, et le Grand Prix de Littérature Policière 2013 lui a été décerné, mais le lecteur doit s’attendre à un roman plus psychologique et intimiste, qu’un policier « classique », l’intérêt du livre étant dans sa noire originalité plutôt que dans son intrigue peu palpitante.

Grand Prix de Littérature Policière
Grand Prix de littérature policière 2013


Les premières lignes du livre Le tueur se meurt :

Il est de nouveau éveillé, sans aucune idée de l’heure qu’il est, sans même savoir s’il a vraiment dormi. Ces temps-ci, il dort mal. C’est étrange, comme tout devient flou. Au départ, on commence à perdre le sens de l’heure, puis les jours eux-mêmes cèdent, et finalement ce sont les années.

La présentation de l’éditeur Rivages du livre Le tueur se meurt :

À Phoenix, Arizona, Chrétien, un tueur à gages en fin de vie, cherche celui qui a tiré sur l’homme qu’il était chargé d’abattre. Aidé de son coéquipier Graves, le policier Sayles, enquête sur le meurtre avorté, mais l’affaire semble peu à peu lui échapper. Pendant ce temps, Jimmie, jeune garçon d’une dizaine d’années, vit seul dans la maison où ses parents l’ont abandonné et tente de survivre grâce au commerce sur Internet.
Ces trois personnages que tout sépare vont se trouver réunis par les circonstances, la communication sur la Toile et… leurs rêves qui se mêlent à la réalité de leur quotidien de manière troublante.

James SALLIS, Le tueur se meurt
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christophe Mercier et Jeanne Guyon
Parution : Mai 2013 – Rivages
Original : 2011 – The Killer Is Dying

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