Le tueur hypocondriaque – Juan Jacinto Munoz Rengel

Juan Jacinto Munoz Rengel - Le tueur hypocondriaque - Pocket

Le tueur hypocondriaque est un roman foutraque, dénué de tout sérieux, le genre plus que léger, totalement décalé, facile à lire : ce n’est pas un roman littéraire, c’est un roman plaisir et détente.

Le héros, c’est le narrateur, Monsieur Y. qui est tueur à gages et à l’extrême des clichés du genre. Il n’est ni vraiment costaud, ni très efficace, en fait, il a même l’air totalement débile et à la masse. C’est un hypocondriaque, mais niveau très très atteint.

Il s’imagine qu’il va mourir tous les jours. Mais cela ne l’empêche pas de rester professionnel (autant que possible) et d’honorer un contrat : celui de tuer Eduardo Blaisten.

Le truc du livre qui est un plus à un roman déjà original, c’est qu’entre chaque chapitre sur le déroulé des journées de notre tueur, celui-ci nous explique que les plus grands hommes, « comme lui », sont morts à la suite d’une maladie (réelle ou imaginaire), comme Kant notamment, l’un de ses modèles car notre tueur est « un homme de devoir kantien », mais aussi Poe, Jonathan Swift, Descartes, Tolstoï. On croisera aussi le destin de Protée le Polymorphe, Elephant man, et de bien d’autres.

Le livre a donc un côté intéressant et drôle à la fois, rendant le côté décalé plus sérieux par les explications sur les maladies des grands de ce monde, sans que ces chapitres paraissent lourds et inadaptés. Et puis, sans ces chapitres plus littéraires, on risquait de s’ennuyer un peu, parce qu’il faut le dire, c’est drôle, mais c’est quand même parfois un peu lourd …

Ce n’est pas le livre du siècle, mais vraiment, pour les adeptes des livres possédant un côté humour, du style L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea ou Un léger passage à vide, Juan Jacinto Munoz Rengel réussit à nous faire passer un bon moment drôle et instructif en même temps !

Merci à Sandrine, grâce à qui j’ai décidé de lire ce livre : pour voir son avis, c’est sur Tête de lecture.

Les premières lignes du roman Le tueur hypocondriaque :

Il ne me reste plus qu’un jour à vivre après en avoir volé quinze milliards à la mort. PLus qu’un. Deux au grand maximum.
Comme presque tous les matins, j’ai la certitude absolue que je mourrai aujourd’hui même. Ce serait contrevenir à toutes les lois de la nature que mon corps, accablé par tant de maladies, tienne encore un jour de plus.

La présentation du roman Le tueur hypocondriaque par l’éditeur (Pocket) :

Pour Monsieur Y., tueur à gages de métier et hypocondriaque de nature, il ne s’agit plus de « tuer ou être tué ». Car aujourd’hui – c’est sûr –, il va mourir, comme il se le répète tous les jours depuis des années.
En effet, Monsieur Y. est malade, atteint de toutes sortes de maux aussi rares qu’imaginaires – comme Tolstoï, Proust ou Voltaire en leur temps. Malade aussi de penser qu’il ne pourra peut-être pas accomplir l’oeuvre de sa vie : tuer Eduardo Blaisten, qu’il poursuit depuis un an et deux mois, soit 791 jours.
Et il ne lui en faudrait qu’un de plus pour atteindre son but.
Hélas, aujourd’hui, Monsieur Y. va mourir. Comme tous les jours.

Juan Jacinto MUNOZ RENGEL, Le tueur hypocondriaque
Traduit de l’espagnol par Catalina Salazar
Parution : Mars 2013 – Les Escales (Pocket 15683)
Original : El asesino hipocondriaco

4 réflexions au sujet de « Le tueur hypocondriaque – Juan Jacinto Munoz Rengel »

  1. Chouette : je suis vraiment ravie que ce livre t’ait plu. Moi qui ne suis pas du tout adepte des livres drôles (je n’ai pas beaucoup apprécié le fameux fakir), j’ai trouvé cet humour-là tout à fait à mon goût.
    Merci pour le lien.

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