Le silence – Jean-Claude Pirotte

Jean-Claude Pirotte - Le silence - Stock

Le silence, dernier livre de Jean-Claude Pirotte publié à titre posthume, porte son titre comme un hommage. Disparu en mai 2014 des suites d’un cancer, il donne la parole pour la dernière fois à cet auteur belge qui adorait la poésie, et avait d’ailleurs obtenu en 2012 le Grand Prix de Poésie de l’Académie française et le Goncourt de la Poésie.

Le silence est plus un récit qu’un roman qui rassemble, des souvenirs de jeunesse, de ballades avec des amis, de partage autour de la nature, de promenades dans la montagne, à vélo, de moments de joie, et surtout de découverte d’une passion commune : le vin.

Sur ce thème, Jean-Claude Pirotte écrit de très belles pages qui emmènent le lecteur dans des lieux qu’on découvre avec lui, avec ces passionnés qui ont partagé des moments inoubliables, dans des volutes, autour de verres, lors de discussions mais aussi de silence.

Il n’y a que le silence qui puisse présider aux métamorphoses. Un silence habité, certes, mais étranger au langage commun.

Il ne raconte pas une histoire linéaire, et c’est justement ce qui fait le plaisir de ce petit texte, qui met en avant également la passion des mots, des sonorités, la passion de la poésie. Oui, c’est un texte d’une grande poésie, et suivre les phrases de Jean-Claude Pirotte sans trop savoir où elles mènent, déambuler avec lui d’une pensée à l’autre, se laisser envahir par la beauté de la langue française est un plaisir inattendu.

Est-ce donc cela la poésie ? Cet instant suspendu entre deux états de vie sonores et agités. Je sais aujourd’hui que rien n’est absolument définissable, et que justement ce qui est indéfini forme la matière même de notre appartenance à nous-mêmes, voire à l’espèce humaine.

Première découverte de cet auteur grâce à cet ouvrage, qui laisse flotter une fois terminée, un agréable sentiment de bonheur mélancolique. Et on se souviendra de ses mots, avant de nous quitter : « Et c’est vers ce silence qu’il me semble devoir aller ».

Merci à Benoît, qui m’a donné envie de découvrir ce livre.

Les premières lignes :
(Lire un extrait plus long) :

Je n’étais encore qu’une enfant quand ma grand-mère est morte. Elle vivait avec nous, ou plutôt c’était nous qui vivions avec elle, même si les grands-parents nous avaient cédé l’aile la plus vaste de la maison pour occuper les appartements de l’est, qui regardaient la montagne et recevaient les premiers le soleil.

La présentation des éditions Stock :

« J’aime le vin parce qu’il m’est étrange, parce qu’il m’est familier, parce qu’il est incompréhensible et fabuleux. J’aime le vin parce que je ne peux m’empêcher d’aimer les hommes.
Dans ma cave, il n’y a pas de vin. Il n’y a que d’heureuses espérances. »
J.-C. Pirotte

Si l’ombre et la mort planent dans ce magnifique récit posthume, on n’y ressent nulle plainte, on est invité à la célébration du paysage et du souvenir chers à l’auteur.

Challenge Rentrée littéraire janvier 2016Jean-Claude PIROTTE
Le silence
Stock, janvier 2016, 80 p.

4 réflexions au sujet de « Le silence – Jean-Claude Pirotte »

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