Le roi disait que j’étais diable – Clara Dupont-Monod

Clara Dupont-Monod - Le roi qui disait que j'étais le diable - Grasset

Aliénor d’Aquitaine était une femme de tête, de pouvoir et d’argent, ce qui était loin d’être évident au XIIe siècle ; elle sera d’abord reine de France et femme de Louis VII (avant d’être reine d’Angleterre). C’est cette période, cette « histoire d’amour » que Clara Dupont-Monod imagine, à travers les pensées alternées du roi et de la reine.

Attention, il ne faut pas s’attendre à un roman historique. Si le roman est basé sur des faits historiques avérés, il ne s’agit pas ici de retracer l’Histoire de France, mais d’écrire un roman, en se mettant dans la tête de nos deux monarques.

En alternant les pensées d’Aliénor et de Louis VII, le roman montre bien les contradictions qui opposent le jeune Louis VII, faible, pieux et amoureux à une femme forte, avide de combats et de liberté, et qui semble être son exact contraire.

La présentation est peut-être un peu manichéenne, mais ça ne fait rien, il ne s’agit pas d’un travail d’historien, mais de celui d’un écrivain, qui nous raconte une belle histoire romancée, enfin, une histoire d’amour faussée, un peu à la manière d’un conte de fées raté.

Cette lecture facile et plaisante, dans un style sans difficulté, est somme toute assez « féminine », dépeignant une Aliénor dure, sans âme et sans coeur, mais forte, en adoptant un point de vue psychologique plus que factuelle, face à un roi qui ressemble fort à une chiffe molle.

Un regret : le livre s’arrête à la rencontre avec le futur Henri II, et c’est dommage ! Car c’est vraiment à partir de ce moment que l’Histoire de France devient passionnante, mais ce n’est pas le sujet du livre.

Les premières lignes :

La joie est stupide. Elle s’offre facilement. C’est l’émotion la plus reconnaissable, donc la moins perfide. Elle fendille les visages avec la stupeur un peu niaise de se découvrir léger.

La présentation par les éditions Grasset (ou lien direct site) :

Depuis le XIIe siècle, Aliénor d’Aquitaine a sa légende. On l’a décrite libre, sorcière, conquérante : « le roi disait que j’étais diable », selon la formule de l’évêque de Tournai…
Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII.
Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d’une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d’un amour impossible.
Des noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours au fracas des armes, émerge un Moyen Age lumineux, qui prépare sa mue.

Challenge RL 2014Clara DUPONT-MONOD
Le roi disait que j’étais diable
Parution : Août 2014, Grasset, 240 pages

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(Dernière mise à jour : 06/12/2014)

18 réflexions au sujet de « Le roi disait que j’étais diable – Clara Dupont-Monod »

  1. Le personnage d’Aliénor m’intéresse beaucoup, j’étais très intriguée par ce roman. Mais il me semblait un peu léger…du coup je ne sais pas si je vais le lire ou non !!!

    • Titine, je te confirme que ce n’est pas avec ce livre que tu vas te faire des noeuds au cerveau … c’est une lecture facile et détente, légère en effet, comme une plume … ;-)

  2. Bon bah moi j’ai détesté Clara DM à LGL (trop de trop, on avait l’impression qu’elle surjouait) et je craignais ce que tu dis: un 100% roman qui se cache dans du roman historique et je craignais un traitement très approximatif de l’histoire avec des anachronismes lexicaux, en plus l’incipit ne m’augure rien de bon…bref, on ne refait pas sa nature, je sais que je ne suis pas encore prête avec cette liberté…
    Mais je sais qu’il est bien accueilli

    • Je te confirme Galéa qu’il ne faut pas lire ce livre pour le côté historique, tu vas être carrément déçue, les références sont justes (et rappelées en fin de livre), mais tout ce qui a autour, c’est à dire 99% du livre, les pensées des personnages …. bon, c’est de l’imagination pur jus … Tiens, je lirais bien un vrai livre historique sur Aliénor d’Aquitaine moi …

  3. Je viens de le finir ! Ca m’a passionnée cette histoire. Bien sûr c’est sans demi mesure, mais c’est vivant et moderne, et quelle opposition entre les deux personnages ! Je n’aime pas le Moyen Age, mais là, je me suis lasser embarquée !!

    • J’ai toujours adoré le personnage d’Aliénor, elle est réelle mais dans ma tête, c’est un peu comme un magnifique personnage de conte de fées, comme Henri VIII est un superbe Barbe Bleue :-)

  4. J’ai beaucoup aimé la façon dont il a fait d’Aliénor un « personnage » d’une très grande force. C’est assez rare de voir ça dans un roman.

    • Dès que Clara Dupoint-Monod parle, j’ai tout de suite envie de lire les livres, voir les films … je comprends qu’elle ait piqué ta curiosité, vas-y !

    • Ce n’est pas le meilleur livre de la rentrée, mais j’ai passé un bon moment détente : il me suffit d’un roi et d’une reine, et je suis contente :-)

  5. Cette fois je ne suis pas sûre de me précipiter sur le livre, hélas… Les premières lignes du texte me semblent un peu précieuses et affectées et le côté « lecture féminine » n’est pas ma tasse de thé.

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