Le règne du vivant – Alice Ferney

Alice Ferney - Le règne du vivant - Actes Sud

Sous couvert de mettre en scène un jeune journaliste norvégien, Gérald Asmussen, qui va accompagner, filmer et suivre l’activiste écologiste Magnus Wallace, fondateur de Gaïa en lutte contre la pêche baleinière, Le règne du vivant se rapproche beaucoup d’un manifeste écologiste très engagé. Pour lecteurs avertis et intéressés par le sujet.

Alice Ferney a indiqué qu’elle s’était inspirée de plusieurs personnes actives dans la défense des animaux et de l’humanité pour écrire son livre, dont notamment Paul Watson.

Le livre peut avoir un intérêt documentaire, car les similitudes avec Paul Watson sont nombreuses, la description physique, le combat historique, le discours engagé, la poursuite sur mer des braconniers, les discussions avec les gouvernements, les échanges avec la presse, etc.

Le capitaine Paul Watson, un des co-fondateurs de Greenpeace, le quittera pour créer non pas « Gaïa », comme dans le livre mais la « Sea Shepherd Conservation Society » ; il est très actif dans la défense des baleines, comme le personnage principal, le capitaine Magnus Wallace.

En revanche, il ne faut pas s’attendre à des échanges ou des points de vue objectifs et balancés. Le jeune journaliste prend faits et causes de manière univoque pour Magnus Wallace et la défense des baleines contre la société de consommation actuelle. Oui au militantisme, oui à la sédition, oui à l’activisme, oui aux contournements des lois et destructions pour faire valoir ses idées. C’est le militantisme dans ses excès aussi bien dans les paroles que dans les actes.

Et c’est le point contestable de ce roman, son caractère beaucoup trop excessif et subjectif, mais qui ne devrait pas déranger les défenseurs de la cause animalière, les végétariens convaincus, les écologistes et militants engagés.

Ma préférence va à plus de mesure et d’objectivité, alors que dans Le règne du vivant, le côté excessif prend toute la place, et la limite entre le manifeste politique écologique et l’admiration démesurée pour l’activiste Wallace (un quasi gourou) est ténue.

C’est dommage, car Alice Ferney a un style agréable, et ose traiter des thèmes de narration très variés. Elle me parait cependant beaucoup plus juste lorsqu’elle parle de sujets humains, de l’intime, comme dans Cherchez la femme.

L’avis de Clara, d’Hélène, de Valérie

Les premières lignes :

Avant de m’asseoir pour consigner cette histoire, je l’ai vécue. J’ai vu se lever l’activiste et croître sa détermination. Que pourrais-je faire ? se demande un homme qui contemple un désastre, et c’est le commencement des miracles.

Présentation par les éditions Actes Sud (ou lien direct site) :

Aiguillonné par la curiosité, et très vite porté par l’admiration, un journaliste norvégien s’embarque sur l’Arrowhead avec une poignée de militants s’opposant activement à la pêche illégale en zone protégée. À leur tête, Magnus Wallace, figure héroïque et charismatique qui lutte avec des moyens dérisoires – mais un redoutable sens de la communication – contre le pillage organisé des richesses de la mer et le massacre de la faune.
Retraçant les étapes de cette insurrection singulière, témoignant des discours et des valeurs qui la fondent, Alice Ferney s’empare d’un sujet aussi urgent qu’universel pour célébrer la beauté souveraine du monde marin et les vertus de l’engagement. Alors que l’homme étend sur les océans son emprise prédatrice, Le Règne du vivant questionne le devenir de “cette Terre que nous empruntons à nos enfants” et rend hommage à la dissidence nécessaire, face au cynisme organisé.

Challenge RL 2014Alice FERNEY, Le règne du vivant
Parution : Août 2014, Actes Sud, 208 pages

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(Dernière mise à jour : 17/11/2014)

8 réflexions sur « Le règne du vivant – Alice Ferney »

  1. Ce roman a reçu un accueil très décevant je trouve, et probablement en raison de ce que tu déplores toi même. J’avoue avoir été totalement fascinée par Magnus et par le discours tenu dans le roman … mais la cause animale me touche et les mammifères marins me bouleversent alors forcément !!!

    • J’avoue que j’ai fait un peu le coeur de pierre avec ce livre 😉 la cause n’a pas suffit pour moi à faire passer le dogmatisme, mais quand on est touché par la cause animale, tu confirmes ce que je pensais, il plait beaucoup dans ce cas.

    • Je crois qu’elle en a écrit d’autres de bien, mais si jamais tu as envie de retenter, ne recommence pas avec celui là, sauf si tu es à fond fond fond contre la pêche des baleines, et requins aussi 🙂

  2. Effectivement l’absence de nuances est assez prégnante. Je n’ai pas aimé non plus le manque de relief dans l’intrigue, j’ai trouvé que le roman se bornait souvent à une suite de discours dogmatiques…

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