Le rabaissement – Philippe Roth

Roth - Le rabaissement poche

Le rabaissement est une petite déception. Il faut avouer qu’avec un grand auteur, l’attente est très élevée.

Autant « Un homme » et « Indignation », les deux précédents petits romans de Philippe Roth étaient deux très belles réussites, autant le « Rabaissement » m’a semblé manquer de profondeur et le sujet m’a paru survolé. Philippe Roth ne nous apprend rien, et ne nous surprend pas, en racontant que l’histoire d’amour d’un homme de 65 ans avec une lesbienne de 40 ans est impossible.

J’ai eu du mal à éprouver de la tendresse ou de l’empathie pour Simon Axler, le héros sur le déclin, ni d’ailleurs pour aucun des autres personnages du roman. Et si le personnage de Sybil paraissait plein de promesse, il ne m’a pas paru suffisamment exploité. Je m’attendais en réalité à une psychologie humaine plus poussée, et à une subtilité plus présente.

Au final, ce trentième livre de Philippe Roth m’a laissé une impression d’inachevée.

Attention, je suis très critique, mais cela demeure un bon livre, avec le style inimitable de Philippe Roth, qui est un très grand écrivain, et un plaisir de lecture agréable. A lire donc pour les lecteurs qui ont déjà lu « Un homme » et « Indignation » de la série Némésis (ou d’autres livres plus anciens de Roth). Pour ceux qui ne connaitrait pas Philippe Roth, je recommanderais de le découvrir par les deux ouvrages cités ici, ou par l’un de ses précédents livres chefs d’œuvre.

Si vous hésitez, les premières lignes :

Il avait perdu sa magie. L’élan n’était plus là. Au théâtre, il n’avait jamais connu l’échec, ce qu’il faisait avait toujours été solide, abouti. Et puis, il s’était produit cette chose terrible : il s’était soudain retrouvé incapable de jouer. Monter sur scène était devenu un calvaire. Au lieu d’être certain qu’il allait être extraordinaire, il savait qu’il allait à l’échec.

Roth - Le rabaissement brochéSi vous hésitez encore, la présentation Editeur :

Pour Simon Axler, tout est fini. Il fut l’un des plus grands acteurs de sa génération. Il a maintenant soixante ans passés, et il a perdu son talent, sa magie, sa confiance en lui. Falstaff, Peer Gynt, Vania, ses plus grands rôles : il n’en reste rien, du vent. Quand il monte sur scène, il se sent incapable de jouer, d’entrer dans la peau d’un autre. Son épouse l’a quitté, son public aussi, son agent ne parvient pas à le convaincre de remonter sur les planches.

Mais voici qu’une femme apparaît dans sa vie, et avec elle le désir et l’estime de soi…

Philippe ROTH, Le rabaissement
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie-Claire Pasquier
Parution : 2011 – Gallimard / Janvier 2013 – Folio (n° 5544)

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