Le parfum de ces livres que nous avons aimés – Will Schwalbe

Will Schwalbe - Le parfum de ces livres que nous avons aimés - Belfond

Le parfum de ces livres que nous avons aimés est le récit des derniers échanges d’un fils avec sa mère atteinte d’un cancer ; ils vont lire les mêmes livres et échanger sur la littérature, au cours des derniers mois de la vie de cette mère exceptionnelle.

Ce livre est composé de deux parties mêlées : une partie qui concerne les échanges sur les livres, les résumés de l’histoire, les avis de l’un et de l’autre et l’autre partie sur le combat perdu contre la maladie.

Il est certain que le combat contre le cancer, avec les séances de chimiothérapie, la déchéance qui s’installe doucement, les phases d’espoir et de désespoir, sont des thèmes essentiels et qu’il n’est pas facile d’écarter un livre qui traite de ce sujet. Ce sont des moments difficiles à vivre, c’est nécessairement émouvant. Le livre peut d’ailleurs être salué principalement pour les échanges personnels entre le fils et la mère, qui profitent de leurs livres, pour parler d’eux, de leurs souvenirs passés, de leur présent ensemble et de leur prochain futur séparé.

Mais le reste du livre écrase malheureusement ce côté humain, le plus intéressant, avec des développements beaucoup trop exagérés. Alors qu’on adhère au départ au sujet (bien oui, un livre sur la disparition d’un parent, et en plus qui parle de livres, on a vraiment envie d’aimer), on est rapidement lassée par cette succession de titres cités, les uns après les autres, comme une liste que l’on doit obligatoirement épuiser, comme s’il fallait montrer impérativement la culture et l’érudition avant la décrépitude et la définitive séparation.

L’intérêt s’émousse d’autant plus que tous les livres sont presque exceptionnels, que les auteurs sont nécessairement majeurs, et qu’on entre vite dans un monde édulcoré, qui en devient tellement sucré que l’on frise l’indigestion et l’ennui.

Si l’on comprend très bien que Will Schwalbe, en bon fils aimant, veuille rendre hommage à cette mère disparue, il en fait trop et on a l’impression d’être devant la femme parfaite, qui sait gérer sa vie professionnellement de manière idéale, qui vit pour son prochain avant elle-même, qui souffre dans le silence, en pensant toujours aux exclus plus malheureux qu’elle, en priant une fois par jours, (presque) toujours le sourire aux lèvres, cette mère qui a su fonder une famille parfaite. Cette perfection a l’effet inverse que celle voulue ; au bout d’un moment, tout simplement, on n’en peut plus.

C’est beaucoup trop mièvre, comme le dit très bien Anne et Eva, dont l’avis est quand même un peu plus positif, tout comme Galéa qui écrit un très beau billet malgré les défauts du livre.

On préfèrera sans commune mesure, sur le sujet de la disparition et du rapport parent/enfant, le sublimeTout s’est bien passé, d’Emmanuèle Berheim.

Grand Prix des lectrices Elle
Grand Prix des Lectrices ELLE 2014
Sélection Catégorie Document





Les premières lignes de Le parfum de ces livres que nous avons aimés :

Nous étions fans du moka de la salle d’attente du centre de soins de jour de l’hôpital Sloan-Kettering. Le café n’était pas très bon et le chocolat plus mauvais encore. Mais nous avions découvert, Maman et moi, en pressant sur la touche Moka, que le mélange des deux ingrédients très moyens pouvait donner quelque chose de relativement délicieux.

Will SCHWALBE, Le parfum de ces livres que nous avons aimés
Traduit de l’américain par Lyne Strouc
Parution : Novembre 2013 – Belfond
Original : 2012, The end of your life book club

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(Dernière mise à jour : 21/04/2014)

8 réflexions au sujet de « Le parfum de ces livres que nous avons aimés – Will Schwalbe »

  1. J’aurais pu écrire le même billet…mais j’ai été influencée aussi par d’autres lectrices et du coup j’y ai vu d’autres choses qui m’ont davantage touchée…mais je suis d’accord, cette perfection est assez improbable et littérairement indigeste…

    • Certaines choses sont touchantes, c’est vrai, et j’ai été parfois émue et touchée, je ne peux pas dire le contraire …

  2. Je ne suis pas entièrement sous le charme de ce livre mais j’ai l’hommage à sa mère et l’accompagnement de la fin de vie. C’est la partie sur les livres qui m’a ennuyée.

    • Oui, tu as raison, l’intérêt du livre c’est l’accompagnement de la fin de vie, c’est le côté qui me fait l’aimer un peu quand même

  3. mon billet n’est pas encore en ligne mais il dit exactement la même chose, et je dois dire que je me sens moins seule car j’ai bien cru un moment que j’étais une sans coeur incapable de trouver ce livre formidable ;-) J’ai finie écœurée devant la perfection de cette famille ;-)

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