Le paradoxe d’Anderson – Pascal Manoukian

Pascal Manoukian - Le paradoxe d'Anderson - Seuil

Léa l’ignore, elle révise pour obtenir son bac, apprend des théories, sans savoir que derrière un concept économique, toute sa vie semblent tracée. Le paradoxe d’Anderson s’attaque à une famille attachante d’une petite ville de l’Oise.

Le monde des ouvriers, leurs bonheurs et leurs espoirs, les usines qui ferment ou comment le fait d’acquérir un diplôme d’un niveau supérieur à celui de ses parents ne garantit pas d’obtenir une situation sociale meilleure.

La mère, qui se projette en regardant à travers la fenêtre de sa cuisine ses nouveaux voisins faire des travaux, est touchante dans ses envies et ses espoirs dont elle sait pourtant qu’ils resteront à jamais au stade de l’espérance et du rêve.

Les anciens voisins n’ont pu régler leur prêt, le nouvel arrivant remplace l’expulsé, les clivages professionnels et sociaux éclatent, les fonds d’investissements exigent, les employés s’insurgent, et à chaque délocalisation, la liste du pôle emploi s’allonge, les caddies se vident, l’espoir se reporte sur les enfants.

Et l’inexorable se répète.
Un roman social au plus proche de la réalité contemporaine économique et sociale.

C’est triste et désespérant, et même si certains passages tendent un peu trop à la caricature, ce livre transpose avec clarté, avec l’exemple réel et concret d’une famille française, la signification d’un terme, Le Paradoxe d’Anderson, un concept inventé pour décrire, à la façon d’une formule mathématique, comme 1+1 = 2, l’inéluctable d’une destinée.

Un livre qu’il ne faut pas laisser passer.


Présentation des éditions du Seuil :

Plus rien n’est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes.

À 17 ans, Léa ne s’en doute pas encore. À 42 ans, ses parents vont le découvrir. La famille habite dans le nord de l’Oise, où la crise malmène le monde ouvrier. Aline, la mère, travaille dans une fabrique de textile, Christophe, le père, dans une manufacture de bouteilles. Cette année-là, en septembre, coup de tonnerre, les deux usines qui les emploient délocalisent. Ironie du sort, leur fille se prépare à passer le bac, section « économique et social ». Pour protéger Léa et son petit frère, Aline et Christophe vont redoubler d’imagination et faire semblant de vivre comme avant, tout en révisant avec Léa ce qui a fait la grandeur du monde ouvrier et ce qui aujourd’hui le détruit. Comme le paradoxe d’Anderson, par exemple. « C’est quoi, le paradoxe d’Anderson ? » demande Aline. Léa hésite. « Quelque chose qui ne va pas te plaire », prévient-elle. Léon, dit Staline, le grand-père communiste, les avait pourtant alertés : « Les usines ne poussent qu’une fois et n’engraissent que ceux qui les possèdent.»

Photographe, journaliste, réalisateur, Pascal Manoukian a couvert un grand nombre de conflits. Ancien directeur de l’agence Capa, il se consacre à l’écriture. Il a notamment publié, aux éditions Don Quichotte, Le Diable au creux de la main (2013), Les Échoués (2015) et Ce que tient ta main droite t’appartient (2017).


Pascal MANOUKIAN, Le paradoxe d’Anderson
Seuil, août 2018, 304 pages

3 réflexions sur « Le paradoxe d’Anderson – Pascal Manoukian »

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