Le manteau – Nicolas Gogol

Nicolas Gogol - Nouvelles de Pétersbourg - Folio

Publiée il y a 175 ans, Le Manteau est une nouvelle issue du recueil Nouvelles de Pétersbourg, dans laquelle Nicolas Gogol se moque gentiment d’un fonctionnaire contraint de s’acheter un manteau neuf. Mais voilà, ce n’est pas si simple, et les conséquences sont imprévisibles.

Gogol a le chic pour instaurer une ambiance décalée dès les premiers mots, et mettre le lecteur dans la position de sourire très vite. Cela ne manque pas avec Le Manteau, même si on rit moins franchement que dans le sublime, Le Nez.

Ici, notre fonctionnaire de Saint Pétersbourg, qui se prénomme Akaki Akakiévitch, au teint « que l’on qualifie d’hémorroïdaux » travaille dans un certain ministère, pour y faire on ne sait quoi d’utile, il est tout de même conseiller titulaire.

Gogol ironise sans cesse sur l’administration, ses grades, ses règles, son inutilité, l’absence d’humilité des hauts placés dans la hiérarchie, notre héros n’étant qu’un pauvre rouage de la machine. Pauvre et sans économie, l’achat d’un nouveau manteau n’est pas une mince affaire.

Sans en dire plus au risque de raconter toute l’histoire, c’est léger, la critique sociale franche et risible, le tout dans une ambiance qui reste toujours un peu inquiétante. Le monde de Saint Pétersbourg n’est pas de tout repos, ni le jour, ni la nuit, et les collègues et connaissances de notre cher M. Savatkine (édition Actes Sud, M. Bachmatchkine dans l’édition folio) guère compatissant à son égard.

Dans un savant mélange d’absurdité et de fantastique, si cette nouvelle n’est pas aussi percutante que Le Nez (un must à lire absolument), elle reste toute aussi agréable à découvrir,

Rendez-vous très vite pour la découverte d’une autre nouvelle tirée du recueil Nouvelles de Pétersbourg.


Les premières lignes (édition Folio) :

Au ministère de … Non, mieux vaut ne pas le nommer. Personne n’est plus susceptible que les fonctionnaires, officiers, employés de bureau et autres gens en place. A l’heure actuelle, chaque particulier croit que si l’on touche à sa personne, toute la société en est offensée.

La présentation du recueil de nouvelles :

Il convient les 5 nouvelles suivantes:

- La perspective Nevski
- Le Portrait
- le Journal d’un fou
- le Nez
- le Manteau


Nicolas GOGOL (1809 – 1852)
Le manteau
Traduit du russe par Henri Mongault
in Nouvelles de Pétersbourg
Edition présentée :
Folio classique, juillet 1998, 320 pages.
VO : 1843

6 réflexions au sujet de « Le manteau – Nicolas Gogol »

  1. Bonjour Laure, Je suis fan de cet écrivain mort trop jeune qui a laissé des œuvre inachevées comme Les âmes mortes (chef d’œuvre). Bonne après-midi.

    • Bonjour Dasola,
      J’ai toujours hésité à lire les Ames mortes, justement parce que c’est un roman inachevé, et j’avais peur d’être déçue de ce fait. Je change d’avis grâce à toi. Bonne journée.

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