Le lagon noir – Arnaldur Indridason

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Le lagon noir n’est certes pas le meilleur d’Arnaldur Indridason, mais il demeure un polar islandais, entouré de mystère et de froid, d’un suspens un peu décalé et hors temps, qui reste bien agréable tout de même.

Nous sommes en 1979. Indridason reste dans sa série des « préquels » des enquêtes d’Erlendur (avec Le Duel en 1972, et Les nuits à Reykjavik en 1974). Erlendur a une trentaine d’années, il est entrée à la Criminelle depuis peu et travaille sous la hiérarchie de Myriam Brem.

Ils ont découvert le cadavre d’un homme à l’identité inconnue dans un « champ de lave maléfique », mais qui ne semble pas s’être noyé. Une première enquête s’engage. En parallèle, Erlendur – dont les lecteurs habitués connaissent son intérêt pour la recherche des personnes disparues – ressort, par intérêt personnel, un vieux dossier et part à la recherche d’une jeune fille disparue. Une deuxième enquête s’engage. Les recherches d’Erlendur vont passer d’une enquête à l’autre et s’entrecroiser.

Mais l’intérêt de ce policier ne réside pas vraiment dans les enquêtes (c’était d’ailleurs déjà le cas dans le dernier volume avec Erlendur). Elles se déroulent assez lentement, le rythme n’est pas très prenant, les avancées ne contiennent que peu d’originalité, certains passages ou « découvertes » sont même assez simplistes. De plus, il existe un sentiment de déjà vu très fort. Dans « Etranges Rivages », la dernière enquête chronologique suivie par Erlendur, il partait déjà, par intérêt personnel, à la recherche de personnes disparues depuis plusieurs années. Dans Le lagon noir, c’est un peu la même chose. Difficile de ne pas ressentir cette grande similarité et d’avoir le sentiment que cette enquête, en quelque sorte, se répète.

En revanche, ce qui intéressant dans Le lagon noir, c’est le côté historico-politique, avec la présence d’Américains sur une base aérienne internationale, la base de Keflavik, le retour sur l’Histoire de l’Islande, sa dépendance économique, son organisation, sa situation internationale, son originalité.

La lecture qu’en fait Jean-Marc Delhausse, avec une voix grave et incarnée, permet de s’imprégner à merveille de cette ambiance isolée et mystérieuse de l’Islande. Sa lecture profonde permet d’effacer les faiblesses narratives du roman, et c’est vraiment grâce à cette lecture audio que Le lagon noir a réussit à garder sa magie islandaise.

Lu dans le cadre de Ecoutons un livre, organisé par Sylire.


Les premières lignes Le lagon noir :
(Lire un extrait plus long)

Un vent violent soufflait sur la lande de Midnesheidi. Venu du nord et des hautes terres désertes, il franchissait les eaux agitées du golfe de Faxafloi, puis se précipitait, glacial et mordant, sur les ondulations du paysage, sau­poudrant d’une fine couche de neige les plantes rases, transies et prostrées, qui dépassaient à peine des roches et des blocs de pierre.

La présentation des éditions Audiolib :

En 1979, le beau lagon bleu était nommé par les Islandais « le champ de lave maléfique ». En pleine Guerre froide, la proximité d’une base américaine ne facilite pas les rapports entre Islandais et Américains. C’est dans ce lagon qu’est découvert le cadavre disloqué d’un homme. L’enquête, menée par le tout jeune inspecteur Erlendur et Marion Briem, s’oriente rapidement vers la base où la victime est employée comme ingénieur.
En parallèle, il travaille sur une vieille affaire non résolue d‘une jeune fille disparue sur le chemin de l’école quarante ans plus tôt. Les deux affaires sont- lles liées ? Enquêter au coeur de l’armée américaine relève de la gageure… Indridason construit un univers particulier, une atmosphère pénétrante et sans nostalgie, et le roman noir, efficace, est transformé par la littérature.


Arnaldur INDRIDASON
Le lagon noir
Traduit par Eric Boury
Audiolib, Juin 2016, Durée 10h05, lu par Jean-Marc Delhausse
Métailié, Mars 2016, 320 pages.
VO : 2014, Kamp Knox

14 réflexions au sujet de « Le lagon noir – Arnaldur Indridason »

  1. Ce n’est clairement pas son meilleur, même si l’on passe quand même un bon moment en le lisant.
    (Dans quasiment tous les livres de la série, il y a un « cold case » avec une ou des histoires de personnes disparues depuis des années, c’est un peu le fil conducteur de la série)

    • Merci pour cette précision, ça explique encore mieux pourquoi j’ai eu le sentiment de lire encore une fois la même enquête ! (comme ma mémoire me fait souvent défaut, je ne me souvenais plus vraiment des anciens que j’avais lus)

    • J’ai très envie de venir à ce festival, je ne l’ai jamais fait ! Il faut que je regarde le programme en détail, mais je suis en train de lire L’homme qui savait la langue des serpents ;-)

  2. C’est intéressant ce que tu dis de la version audio qui donne un plus au livre. Cela arrive fréquemment que la version audio bonifie un texte mais moins souvent l’inverse.
    Je n’ai jamais lu Indridason ! (une grosse lacune !).

    • Clairement, je trouve l’intrigue de ce Indridason faiblarde, mais j’adore les lectures audio aux vois graves. Heureusement qu’il n’était pas lu par une voie haut perchée ;-)

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