Le drap – Yves Ravey

Yves Ravey - Le drap - Minuit Coup de coeur !

Le Drap est un ancien livre d’Yves Ravey, paru en 2003, qui esquisse l’histoire d’un père, l’histoire d’un homme d’honneur, d’un homme simple, amoureux de son travail, qui ne veut pas aller voir le médecin lorsque la maladie pointe son nez, trop tard.

En réalité, ce n’est pas n’importe quel père, c’est celui – sans le dire – d’Yves Ravey lui-même. Un prétexte, une obligation, visiblement, une nécessité littéraire.

On retrouve dans ce livre magistral et poignant par sa concision, son efficacité, sa pureté, la puissance littéraire du style épuré, bref et percutant d’Yves Ravey, qui va, derrière des petits détails, directement à l’essentiel.

La façon qu’il a d’écrire est étonnante, et chaque mot pénètre très intensément, à chaque phrase, page après page, au plus profond de soi.

Et ici, contrairement à ses derniers livres, il ne s’agit pas d’un roman à l’ambiance policière, et pourtant, même dans l’intime, il sait maintenir l’attente, une attente presque insoutenable, il sait distiller des informations à retardement, en commençant par des indices, des sous-entendus, pour mettre le lecteur dans une ambiance qu’il ne peut éviter, pour régulièrement, le frapper à coup d’adjectifs, de mots, d’un point.

Cette puissance est presque plus forte dans ce livre, qui le concerne directement, que dans ces autres romans, comme par exemple dans ses derniers romans, Un notaire peu ordinaire, La fille de mon meilleur ami ou Sans état d’âme.

Le livre est très court, très aéré, et s’écoule dans de tout petits chapitres. Cette lecture prend à peine une heure. Vraiment, prenez-le, tentez-le, lisez le ce livre, qui doit être le premier du podium de mes coups de coeur Ravey à ce jour, probablement parce qu’il est le plus intime.


Les premières lignes de Le drap :
(ou lire un extrait plus long)

Mon père ne travaille plus, depuis une semaine. Le matin, il reste assis à la cuisine, devant son bol de café. Il penche la tête, le coude sur la table, la main sur le front. Le médecin lui a signé un arrêt-maladie de quinze jours. Il a dit, vous devez consulter des spécialistes à l’hôpital, monsieur Carossa.

La présentation de Le drap par les éditions de Minuit :

Après avoir respiré des vapeurs nocives dans l’imprimerie où il travaille, Monsieur Carossa tombe malade. Par crainte d’un licenciement, il demande au médecin le silence. Et puis, un jour, il ne se lève pas. Comme un animal écrasé sur la route, il gît, à même le drap.


Yves RAVEY
Le drap
Minuit, Février 2003, 80 pages

12 réflexions au sujet de « Le drap – Yves Ravey »

    • C’est vrai qu’il est très particulier, et c’est justement cette particularité qui me plait beaucoup. Je comprends qu’on ne puisse pas accrocher. Je ne t’en veux pas ;-)

  1. Avec un tel enthousiasme, si j’avais ce livre sous la main je le lirais évidemment tout de suite. J’ai lu « Un notaire peu ordinaire », sans être transportée à ce point, mais je suis tout à fait prête à renouveler l’expérience.

    • Oui, du pur Ravey, mais Le drap est son roman le plus intime, celui dans lequel il parle indirectement le plus de sa famille, et notamment de son père (décédé).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>