Le comédien métamorphosé – Stefan Zweig

Stefan Zweig - Romans, Nouvelles et théâtre II - Pochotèque Livre de poche

Le comédien métamorphosé est une pièce comique en un acte de Stefan Zweig sous-titré « Divertissement de l’époque du rococoo allemand ». Commencée en 1910, elle ne fut mis en scène pour la première fois qu’en septembre 1912, en raison de la mort inattendue de l’acteur principal, qui avait commandé et qui devait jouer cette pièce.

Une comtesse, favorite du Prince, reçoit un jeune comédien timide, qui vient lui demander de l’aide. Lui et sa troupe risquent d’être expulsés après avoir osé monter une pièce sans intérêt d’un auteur anglais sans talent (le Roi Lear d’un douteux Shakespeare).

C’est alors qu’entre un preux et galant chevalier, l’amant de la comtesse, qui vient lui apprendre son désarroi. Le Prince, qui se doute visiblement de son inclination et de ses venues fréquentes, l’envoie en mission à l’étranger pour l’éloigner de la Comtesse. Lorsque l’arrivée du Prince est annoncée, elle demande vite au Chevalier de s’enfuir par la fenêtre et au comédien de déclamer des vers (qui seront ceux de l’acte III scène 2 de Jules César de Shakespeare) pour faire diversion.

Cette pièce est simple, courte, légère et plaisante de par son côté vaudeville et le comique de situation. Les déclamations des vers par le Comédien sont néanmoins un peu longues, mais c’est certainement la façon dont il joue, l’assurance qu’il prend, l’accélération dans le jeu du comédien, qui se prend de plus un plus pour un artiste à part entière qui fait tout le sel de cette pièce en 8 scènes.

Cette pièce méconnue est d’ailleurs rarement jouée. Elle fut cependant mise en scène par Jacques Connort et jouée au Studio de la Comédie Française du 1er décembre 1997 au 17 janvier 1998.

La petite histoire

Il s’agit de la 3e pièce de théâtre de Stefan Zweig, objet d’une commande de l’acteur Joseph Kainz en 1910. Il demande à Zweig une comédie en un acte, avec des vers et une longue tirade lyrique. Enthousiaste, Zweig s’y met très vite et lui présente un projet trois semaines plus tard. La trouvant excellente, l’acteur veut l’inscrire au Burgtheater et demande à son ami de la terminer aussi vite que possible.

Pas de chance, quelques semaines plus tard, l’acteur Joseph Kainz décède d’un cancer (20 septembre 1910). La pièce ne sera achevée qu’en 1912, et la première se tiendra le 1er septembre 1912 à Breslau.


Les premières lignes :

Dans un chateau de style Rococo, une vaste chambre d’apparat dont les hautes fenêtres cintrées donnent sur un jardin. Aux murs, portraits de princes et tapisseries à la française. Lustres en cristal ; de larges portes à deux battants, en belle marqueterie, ouvrent sur un escalier qui descend ; de petites portes mènent à d’autres pièces. C’est le matin.

Présentation de l’édition par Livre de Poche :

II. ROMANS, NOUVELLES ET THEATRE
- Dans la neige / L’Amour d’Erika Ewald
- L’Etoile au-dessus de la forêt / La Marche
- Les Prodiges de la vie / La Croix / La Gouvernante
- Le Jeu dangereux / Thersite / Histoire d’une déchéance
- Le Comédien métamorphosé / Jérémie
- La Légende de la troisième colombe
- Au bord du lac Léman / La Contrainte
- Destruction d’un cœur / Un mariage à Lyon
- Ivresse de la métamorphose / Clarissa


Stefan ZWEIG (1881 – 1942)
Le comédien métamorphosé
Traduit de l’allemand (Autriche) par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent
VO : 1912
Edition présentée : Pochotèque, novembre 2001, p.397-436

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6 réflexions au sujet de « Le comédien métamorphosé – Stefan Zweig »

  1. Je ne suis pas amateur de lectures de pièces de théâtre. C’est un genre très particulier et bien à part comme la poésie peut l’être. Mais pour Zweig que je tiens en haute estime peut-être qu’un jour…

    • La poésie est un genre difficile pour moi également, que je tente de découvrir et qui me semble plus difficile que le théâtre. Je vais continuer à explorer l’oeuvre théâtrale de Zweig, qui semble en majorité faite de drames. Peut-être une prochaine tentation…

  2. Je ne connais pas du tout les pièces de Sweig : étonnant, la pièce a l’air légère contrairement à ses nouvelles… Je note, je suis bien curieuse et il faut dire que j’aime beaucoup les vaudevilles…

    • Eh bien, moi non plus ! Enfin si, j’ai lu Légende d’une vie quand le livre est reparu, que je relirai prochainement, mais il ne m’en reste que le souvenir d’une lecture agréable. La pièce est bien différente de ses nouvelles, probablement car il s’agit d’une commande, et pas d’une création qui venait spontanément de lui.

    • C’est vrai ! Mais je n’ai pas l’impression que le nombre de pièces de théâtre soit très important. Je vais continuer ma découverte cette année, je t’en dirai plus plus tard ;-)

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