Le coeur du pélican – Cécile Coulon

Cécile COULON - Le coeur du pélican - Viviane Hamy

Le Coeur du Pélican ne raconte pas l’histoire d’un oiseau, mais d’un jeune homme, Anthime, qui découvre avoir un don pour la course à pied, à la suite d’un jeu puis d’un cross. Ce sport deviendra une passion dévorante et destructrice sous la plume vive de Cécile Coulon.

Cécile Coulon dresse un portrait fort et réussi d’Anthime, qui se découvre, s’obstine, s’entraîne jour après jour avec l’aide de Brice, son entraîneur, pour devenir un champion au niveau national. Le pélican sera l’emblème de son tee-shirt et l’identité de ce champion en devenir. Mais la course vers la victoire et le podium sera arrêtée en pleine ascension. Le drame entrera tôt dans la vie d’Anthime, qui se blessera et sera contraint d’abandonner la carrière sportive qu’il espérait.

J’ai aimé le caractère solitaire et opiniâtre d’Anthime, son entêtement, la façon bancale dont il gère ses sentiments. Il exprime maladroitement l’attirance et l’amour qu’il ressent pour Béatrice, s’enferre dans le détachement et un désintérêt croissant envers Jessica, que finalement, par facilité, il épousera. C’est l’histoire d’un destin brisé, d’un abandon, d’un désespoir, d’un phénix sportif qui peut être renaîtra un jour de sa chute.

Avec efficacité, Cécile Coulon entre dans la tête d’Anthime, explore ses sentiments tout comme elle décrit avec réalisme l’ambiance du cross et de la course à pied, sans jamais être ennuyeuse. Ses remarques sont extrêmement pertinentes, ses propos sont justes, son style possède une vivacité littéraire piquante, une réelle densité, tout en restant très fluide. Il se dégage par ailleurs une tension insidieuse qui maintient le roman dans une sorte de suspens, de façon percutante et entraînante.

Un bémol cependant concernant la fin du roman, plus précisément les cinquante dernières pages, qui contient un dénouement qui m’a paru excessif et inutile. Le livre était suffisamment bien construit, le personnage d’Anthime avait suffisamment de profondeur et d’intérêt, sa rage du personnage était bien maîtrisée, sans qu’il soit nécessaire de rajouter, à mon avis, l’épisode final.

Sous cette réserve, j’ai retrouvé dans Le Cœur du pélican le plaisir de lecture et la plume découverte dans le très réussiLe rire du grand grand blessé, roman que je vous recommande vivement.

Lecture commune avec ma chère Marjorie.


Cécile COULONCécile Coulon est née en juin 1990. Après une hypokhâgne et une khâgne à Clermont-Ferrand, elle y poursuit des études de lettres modernes. Elle se consacre à une thèse sur le sujet « sport et littérature ».

Auteure de plusieurs livres, dont Le rire du grand blessé, son dernier roman Trois saisons sauvages est paru en janvier 2017 aux éditions Viviane Hamy.


Les premières lignes :
(lire un extrait plus long, aux éditions Viviane Hamy)

Une chose est sûre, il ne suffit pas de savoir que quelqu’un ne reviendra pas pour cesser de l’attendre. Le reste n’a pas d’importance. Tout ce qui avait de l’importance n’a plus d’importance. C’est l’histoire d’un père, d’un mari, d’un frère.

Cécile COULON - Le coeur du pélican - PointsLa présentation des éditions Points :

Adolescent prodige du huit cents mètres, Anthime n’a jamais couru pour le plaisir. Avant sa blessure, gagner était son unique objectif. Seul comptait le prestige attaché à son surnom : le Pélican. Désormais, plus rien ne guide son existence. Il a enfoui sa colère dans la médiocrité d’un lotissement anonyme. Malgré les années écoulées, son corps d’athlète attend patiemment l’heure de la revanche…


Cécile COULON
Le coeur du pélican
Viviane Hamy, janvier 2015, 240 pages
Points, Juin 2016, 264 pages.

24 réflexions au sujet de « Le coeur du pélican – Cécile Coulon »

  1. oh qu’il m’a énervé ce personnage ! je me souviens de mon énervement au fil et à mesure de l’avancée de ma lecture, rarement vu une personne si égoïste (pour lui le meilleur moment de sa vie c’est cette victoire à 15 ans, la naissance de ces enfants ? ) bref, si j’ai par contre aimé le style de l’auteur, j’ai trouvé le personnage et la fin comme toi too much.
    Je la relirais peut-être car j’aime sa manière d’écrire.

    • Electra, je souris à la lecture de ton commentaire. Cela m’arrive aussi d’être énervée par un personnage (pas dans ce roman), et je vois très bien ce que tu veux dire. Et à chaque fois, je me dis que c’est une réussite de l’auteur pour que des émotions aussi intenses se jouent ;) Si tu veux retenter, je ne peux que te conseiller Le rire du grand blessé, je l’ai dévoré.

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