Un café maison – Keigo Higashino

Un café maison

Est-ce que nous sommes en face d’un crime parfait ? Telle est la question que se pose le professeur et physicien Yukawa, appelé à l’aide pour assister l’équipe en charge de cette nouvelle enquête, menée par son ami, le policier Kusanagi.

Ce roman est assez similaire, dans sa construction, avec le Dévouement du Suspect X, qui a reçu le Prix Naoki en 2005 : une victime est découverte dès les premières pages, et une enquête va se dérouler via un raisonnement précis. Une nouvelle fois, nous retrouvons le duo constitué du policier Kusanagi et de son ami physicien Yukawa, qui a la particularité d’avoir une logique très mathématique et de rechercher tous les moyens pour démontrer que l’impossible peut devenir probable, jusqu’à devenir possible.

M. Mashima, PD-G d’une grande société tokyoïte, est retrouvé mort dans son appartement, quelques jours seulement après avoir reçu à dîner plusieurs amis. Il « gisait sur le sol, une tasse de café renversée à côté de lui. Le liquide noir s’était répandu sur le plancher ». L’enquête met à jour très rapidement qu’il a été empoisonné à l’arsenic. Par qui ? Sa femme Ayané qui ne pouvait lui donner d’enfants ? Sa maîtresse ? Aucune possibilité rationnelle ne semble pouvoir expliquer son meurtre, chaque hypothèse semblant impossible.

Nous sommes ici en plein dans le roman d’enquête, où tout le livre tourne autour d’une énigme, qui paraît extrêmement simple, mais insoluble. Ce livre m’a vraiment fait penser d’un certain côté aux romans d’Agatha Christie ou au Mystère de la Chambre Jaune de Gaston Leroux.

Mais le livre est bien moins prenant. Certains passages sont trop longs et répétitifs. Ce n’est pas du tout une enquête rapide, pleine d’actions et de rebondissements. Nous sommes beaucoup plus dans la réflexion, comme si Higashino exposait dans le détail les points de vue partagés entre les différents protagonistes impliqués dans l’enquête. Les raisonnements de chacun sont étudiés à la loupe. Le lecteur doit être patient.

Si certains passages auraient pu être raccourcis et plus synthétiques, on veut quand même comprendre ce qu’il s’est passé, même si le résultat est un peu trop tiré par les cheveux. Il existe cependant dans Le Café maison une ambiance japonisante très particulière, avec une fausse tranquillité latente, des remarques ou observations qui étonnent, une politesse sociale exacerbée, qui font flotter un voile mystérieux supplémentaire sur l’énigme, qui est en réalité le personnage principal de ce roman.

Si vous hésitez, les premières phrases du livre Un café maison :

Ayané regardait les jardinières du balcon depuis l’intérieur de la maison. « Les pensées commencent à fleurir. Elles manquement d’eau mais cela n’altère en rien l’éclat de leur couleur. Ce ne sont pas des fleurs voyantes, mais elles ont une vigueur extraordinaire. Il ne faut pas non plus que j’oublie d’arroser les autres plantes », se dit-elle.

Si vous hésitez encore, la présentation Editeur du livre Un café maison :

Dans une maison des beaux quartiers de Tokyo, Yoshitaka Mashiba annonce froidement à son épouse Ayané qu’il va la quitter et qu’elle ne doit pas en être surprise, puisqu’elle n’a pas respecté les conditions du contrat qui les liait en ne lui donnant pas d’enfant. Qui plus est, il a rencontré une autre femme, et il veut reprendre sa liberté. Elle décide alors de partir passer quelques jours chez ses parents, à Sapporo.
Le surlendemain, on retrouve le cadavre de Yoshitaka gisant dans son salon à côté d’une tasse de café renversée. Kusanagi et son équipe sont dépêchés sur les lieux. Prévenue, l’épouse de la victime rentre de Sapporo, et visiblement l’inspecteur n’est pas insensible à ses attraits. Sur le front de l’enquête, il est rapidement établi que le café bu par Mashiba contenait de l’arsenic, mais le meurtre a autrement toutes les apparences du crime parfait. Soupçonnant Ayané Mashiba, la collègue de Kusanagi prend alors contact avec le physicien Yukawa, qui a déjà aidé la police dans le cadre d’affaires apparemment insolubles. Il refuse d’abord de l’aider, mais change d’avis lorsqu’elle lui apprend que les sentiments de Kusanagi pour la suspecte semblent l’égarer.

Keigo HIGASHINO, Un café maison
Traduit du japonais par Sophie Refle
Parution : Mai 2012 – Actes Sud/Actes Noirs

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