Lappin et Lapinova – Virginia Woolf

Virginia Woolf - Romans & nouvelles - Pochotèque Livre de poche

Lappin et Lapinova est une nouvelle très courte de Virginia Woolf, dont l’originalité se trouve dans son début léger et gentillet d’un conte pour enfants.

Rosalind vient juste de se marier, pour devenir Mrs. Ernest Thorburn. Il faut dire qu’Ernest, ce n’est pas terrible, c’est un nom qu’elle n’aurait pas spontanément choisi. En regardant son mari prendre son déjeuner, elle se dit « eh bien, en mangeant son pain grillé, il avait l’air d’un rabbit ». Et elle se mit à l’appeler Lappin ou Roi Lappin, et décida qu’elle deviendrait Lappinova.

J’ai trouvé très plaisante cette histoire de couple qui croit se créer un petit monde merveilleux rien que pour eux, un petit nid douillet d’amour et de tendresse autour de ces deux petits surnoms, qui sonnent comme un petit clin d’oeil à Alice au Pays des Merveilles, non par son histoire, mais par le lien automatique qu’il est difficile d’éviter.

Si l’histoire est légère (du moins au début …), elle n’est pas ridicule, plutôt mignonne. En version originale, il est probable que l’effet n’a pas la même résonance qu’en version française, où « mon petit lapin » est un sobriquet qui ne surprend pas.

Cette nouvelle a été publiée pour la première fois en 1939 au Harper’s Bazaar. Il semblerait que Virginia Woolf l’ait écrite depuis plus de vingt ans lors de sa publication, soit avant 1919. On peut se demander si elle ne l’a pas été écrite beaucoup plus tôt, du fait de sa fraîche et jeune tonalité.

Ce qui est par ailleurs très intéressant à la lecture de cette nouvelle, c’est que l’on est vraiment très loin ici de l’impression donnée par Orlando.

Après La Duchesse et le Joaillier, c’est une nouvelle découverte d’une toute petite nouvelle de Virginia Woolf, dont j’ai le plaisir de partager la lecture, une nouvelle fois, avec Claudialucia.

Les premières lignes de Lappin et Lapinova :

Ils étaient mariés. La marche nuptiale retentissait. Les pigeons voletaient. Des petits garçon avec leurs uniformes d’Eton lançaient du riz ; un fox-terrier bondissait dans l’allée ; et Ernest Thorburn conduisait son épouse jusqu’à la voiture, se frayant un passage parmi ces badauds londoniens totalement inconnus, mais que ne manquent jamais d’attirer le bonheur ou le malheur d’autrui.

Virginia WOOLF (1882-1941)
Lappin et Lapinova
Traduit de l’anglais par Pierre Nordon
Edition présentée :
Livre de Poche, Pochotèque, Décembre 2002, 1282 pages
VO : 1933, Lappin and Lapinova

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8 réflexions au sujet de « Lappin et Lapinova – Virginia Woolf »

  1. Au début je me suis dit que c’était moins brillant que La duchesse et le joaillier et puis en relisant, oeuvre de jeunesse ou pas, c’est déjà achevé et assez mordant… la gentillesse laisse bien vite place au désenchantement et le ton est pessimiste!

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