La symphonie du hasard (#1) – Douglas Kennedy

Douglas Kennedy - La symphonie du hasard - Livre 1 - Belfond

Retour de Douglas Kennedy, dans le premier tome d’une trilogie, dont le livre 2 est attendu en mars 2018. Il revisite les années 1970, à travers les yeux d’Alice Burns, qui revient sur son passé après les révélations inattendues de son frère Adam.

Lorsqu’on entre dans le roman, Alice est sur le point d’aller rendre visite à Adam. Il se trouve en prison depuis quelques mois, pour purger une peine de 8 ans. La question de la culpabilité est très importante, et se retrouvera régulièrement au fil du récit.

Ce roman est centré autour d’une famille, avec ces tiraillements, ses engueulades, les parents communiquent sur un mode de fonctionnement conflictuel, les trois enfants, Adam, Alice, Peter, tentent de trouver leur place et leur individualité, sous la coupe d’un père autoritaire et d’une mère envahissante et hystérique, ou pas loin.

Douglas Kennedy n’écrit pas de la « grande littérature », ceci étant, son écriture simple et très accessible est prenante et fluide. Certaines formules ou facilités font parfois un peu grimacer, mais ces petits accrocs sont vite oubliés, au profit de la narration qui attrape son lecteur.

J’ai aimé le personnage d’Alice, éditrice à New-York, qui nous raconte ses années d’Université, les rencontres marquantes de l’époque, ses débuts de critique littéraire dans le journal de la faculté, ses premières amours, amitiés, son admiration pour certains professeurs, ses doutes et les relations pas toujours très tendres entre les membres de sa famille.

A lire la biographie de Douglas Kennedy, qui a étudié au Bowdoin College, comme Alice (cela se trouve dans l’état du Maine), on suppose que ce dernier utilise une partie de ses propres souvenirs pour créer le personnage d’Alice, intelligente, vive, travailleuse et courageuse.

J’ai eu le sentiment de retourner en arrière moi aussi, de retrouver la patte du Kennedy que j’avais découvert et aimé, celui de L’homme qui voulait vivre sa vie (publié il y a vingt ans déjà), du marquant Les désarrois de Ned Allen, du détonant Cul-de-sac (qui deviendra Piège nuptial lors d’une réédition), et aussi de La poursuite du bonheur.

Alors, quand je suis arrivée à la dernière page de La symphonie du hasard, j’ai sincèrement regretté de ne pas avoir sous la main le Livre 2 pour continuer la suite des aventures d’Alice. Alors, rendez-vous pour la suite l’année prochaine !

Petit warning : en fin de volume, Alice fait référence à la nouvelle La loterie et en dévoile l’intrigue. Avis à ceux qui souhaiteraient la découvrir avant.


Les premières lignes :
(Lire un extrait plus long)

Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées.

La présentation des éditions Belfond :

Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées.
Comme chaque semaine, Alice Burns, éditrice new-yorkaise, s’apprête à rendre visite à son jeune frère Adam. Jadis jeune loup de Wall Street en pleine ascension, ce dernier croupit désormais en prison.
Mais cette rencontre hebdomadaire va prendre un tour inattendu. Bien décidé à soulager sa conscience, Adam révèle un secret qui pourrait bien venir rompre les derniers liens qui unissent encore leur famille.

Et Alice de replonger dans l’histoire des siens, celle d’un clan à l’image de l’Amérique : volontaire, ambitieux, assoiffé de réussite, souvent attaqué, blessé parfois, en butte à ses propres démons, mais inlassablement en quête de rachat…

Premier volume d’une fresque à l’ampleur inédite, La Symphonie du hasard marque le grand retour de Douglas Kennedy. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin, en passant par l’Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant.


Douglas KENNEDY
La symphonie du hasard, Livre 1
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Chloé Royer
Belfond, Novembre 2017, 384 pages.

6 réflexions au sujet de « La symphonie du hasard (#1) – Douglas Kennedy »

  1. Comme toi, j’ai de bons souvenirs de lecture de ses premiers livres (L’homme qui voulait vivre sa vie, Les désarrois de Ned Allen…) puis déçue de ses suivants, je trouvais qu’il tombait dans la facilité et peinait à se renouveler.
    Mais je l’avais repéré celui-ci, et ton avis confirme: même si ce n’est pas de la grande littérature, ça fait du bien parfois. Et un roman saga, s’il est bien mené, autant ne pas bouder son plaisir.

    • Sincèrement, je me suis vraiment fait plaisir, et je veux lire la suite ! Ceci dit, ne t’attends pas non plus à des développements complexes ou de la psychologie fouillée et introspective fine …

  2. C’est un peu frustrant, alors, ces trilogies pas terminées? ^_^ Un auteur que j’ai abandonné (la femme du 5ème, quelle déception) il parle un bon français, il était dimanche dernier sur France Musique de 9 à 11 h

    • Keisha, je te comprends. J’adorais Douglas Kennedy, mais à un moment, j’ai trouvé que ce qu’il écrivait n’était plus convaincant, devenait même vraiment simpliste … J’avais arrêté. Les bons échos sur la Symphonie du hasard m’ont interpellée, à raison ! Attention, ce n’est pas non plus un livre de Sartre ou de Hermann Hesse ;-) On reste dans de la lecture détente facile.

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