La servante écarlate – Margaret Atwood

Margaret Atwood - La servante écarlate - Robert Laffont Pavillons poche On ne cesse d’en parler !

Dans l’Amérique totalitaire futuriste de Margaret Atwood, la République de Gilead a pris place à la suite d’un coup d’état. Gouverné par des fanatiques religieux chrétiens, les femmes sont des servantes, organisées par groupe selon les tâches qui leur sont affectées : être Epouse, Martha (s’occuper des tâches ménagères et de la cuisine), ou Servante Ecarlate, uniquement affectée à la reproduction.

Le personnage principal, DeFred, est la « Servante » du commandant Fred. Elle a trois essais pour être enceinte de lui. La pression est énorme, du fait de la pollution, la fertilité est au plus bas, mais elle sera nécessairement responsable en cas d’échec. Pas question de séduction, ni d’amour, c’est totalement interdit, seulement d’acte sexuel automatique sans âme, vérifié au plus près, après une cérémonie « charmante » de lecture biblique.

Cette dystopie, publiée en 1985, est une merveille. Elle reste très contemporaine et n’a pas pris une ride. En choisissant de présenter le journal intime de DeFred, Margaret Atwood nous fait découvrir son quotidien et le fonctionnement de la République de Gilead, entrecoupés des pensées, confessions et souvenirs de notre héroïne. Elle se rappelle du temps « d’avant », de son ami Luke, de sa mère, de sa fille Moira. Le renvoi à ce passé permet au lecteur de découvrir les raisons et les événements qui ont amenés à cette situation, et le place dans une vraie situation de suspens.

Ce suspens existe d’autant plus que DeFred possède un côté rebelle qu’elle tente de cacher (et c’est pour ça qu’on l’adore), va prendre certains risques. Surveillée en permanence, ne pouvant sortir dehors sans être voilée, ne pouvant discuter à sa convenance, ni lire, DeFred vit dans une prison au quotidien, d’enfermement tant physique que psychologique.

Absolument envoûtant, ce livre, qui permet en outre à Margaret Atwood de critiquer certains aspects de l’Amérique, de la société, de l’évolution du Monde, se lit comme un polar. On en frémit. A ne manquer sous aucun prétexte.

Lecture commune avec Ariane dans le cadre de la découverte de la littérature post-apocalyptique.

Prix littéraire :
Man Booker Price 1986 – Finaliste


La Servante ecarlate, film 1990Ce livre a été adapté au cinéma.

Réalisateur : Volker Schlöndorffen
Sortie en France : Mai 1990
Avec Faye Dunaway, Robert Duvall, Aidan Quinn, Natasha Richardson, Elizabeth McGovern

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Et depuis cette année 2017, il existe également une série télé « The Handmaid’s Tale », créée par Bruce Miller, disponible sur OCS.



Les premières lignes :

Nous dormions dans ce qui fut autrefois le gymnase. Le sol était en bois verni, avec des lignes et des cercles tracés à la peinture, pour les jeux qui s’y jouaient naguère ; les cerceaux des paniers de basket-ball étaient encore en place, mais les filets avaient disparu.

La 4e de couverture des éditions Robert Laffont Pavillons Poche :
(ou présentation différente sur le site Robert Laffont après une nouvelle édition)

La servante écarlate, c’est Defred, une entreprise de salubrité publique à elle seule. En ces temps de dénatalité galopante, elle doit mettre au service de la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, son attribut le plus précieux : sa matrice.
Vêtue d’écarlate, à l’exception des voiles blancs de sa cornette, elle accomplit sa tâche comme une somnambule. Doit-elle céder à la révolte, tenter de tromper le système ? Le soir, Defred regagne sa chambre à l’austérité monacale.
Elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, d’échanger des confidences, de dépenses de l’argent, d’avoir un travail, un nom, des amants … C’était le temps où l’amour était au centre de tout. L’amour, cette chose si douce aujourd’hui punie de mort…

Oeuvre majeure, La Servante écarlate n’est pas sans rappeler 1984 d’Orwell. Mais au-delà de cette magistrale création d’un monde, c’est la question du rôle et de l’avenir des femmes que pose, avec force, ce roman inoubliable.


Margaret ATWOOD
La servante écarlate
Traduit de l’anglais (Canada) par Sylviane Rué
Robert Laffont, 1987, 362 p.
Pavillons poche, 2005, 518 p.
VO : 1985, The Handmaid’s Tale

6 réflexions au sujet de « La servante écarlate – Margaret Atwood »

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