La servante du Seigneur – Jean-Louis Fournier

Jean-Louis Fournier - La servante du Seigneur - Stock

La servante du Seigneur est un roman ou un récit, ou une supplique ? C’est en tout cas le message d’un homme désarçonné, le désarroi d’un père qui voit sa fille s’éloigner, qui ne la comprend plus, qui se demande s’il ne va pas la perdre à jamais.

Ce roman est écrit à la première personne ; on se demande s’il s’agit d’un journal intime, et ce n’est pas loin d’être le cas. Le narrateur est un père qui retrouve sa fille après plusieurs années : elle a changé, il la reconnaît à peine. Elle était charmante et drôle, elle était féminine, elle était légère … Il retrouve une personne grise, habillée de manière terne, sévère et critique.

Le livre est un questionnement permanent : les questions se succèdent d’ailleurs, mais sans réelles réponses, comme une complainte. Dix ans auparavant, elle a quitté Paris, est partie vivre au bord de la mer avec la personne qu’elle avait rencontrée. Il a fait des études de théologie et se fait appeler Monseigneur. Le père se pose la question : « elle est entrée en religion, mais laquelle ? »

Ce petit livre résume en des paragraphes courts et des phrases brèves toute cette incompréhension d’un père face aux choix de vie de sa fille, qui ne travaille pas, n’a plus les mêmes valeurs que celles inculquées ; il en souffre, est perdu, ne comprend pas et le dit.

Malheureusement, ce livre qui se veut touchant a le goût d’un règlement de compte atténué d’un père – qui se trouve être écrivain – face à un choix qui le dépasse, sans que la compassion ne s’installe, sans que l’on réussisse à entrer dans cette histoire, à s’intéresser à cette incompréhension paternelle. Il n’existe pas réellement d’histoire ou de trame narrative, il n’existe pas plus de liens continus d’un « chapitre » (paragraphe plutôt) à l’autre. Une lassitude s’installe assez vite.

C’est uniquement parce qu’il ne s’agit pas d’une fiction qui est racontée ici, mais d’une situation réelle, que ce livre peut retenir l’attention, mais malheureusement, on ne retrouve pas ici l’enthousiasme de Il a jamais tué personne mon Papa et surtout de Où on va, Papa ? (Prix Fémina 2008).

Les premières lignes de La servante du Seigneur :

J’ai égaré ma fille.
Je suis retourné à l’endroit où je l’avais laissée, elle n’y était plus.
J’ai cherché partout.
J’ai fouillé les forêts, j’ai sondé les lacs, j’ai passé le sable au tamis, j’ai cardé les nuages, j’ai filtré la mer …

La présentation de La servante du Seigneur par Stock : ICI

Jean-Louis FOURNIER, La servante du Seigneur
Parution : Août 2013 – Stock

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