La salle de bal – Anna Hope

Anne Hope - La salle de bal - Gallimard

Grand Prix des lectrices de ELLE 2018, Anna Hope nous emmène avec ce deuxième roman au sein de l’asile anglais de Sharston en 1911, où une histoire d’amour contrariée va se dérouler, sur fond d’injustice et d’expérimentation médicale.

Les deux amoureux, John et Ella, vont se rencontrer dans la salle de bal de l’asile, s’apprivoiser, se découvrir s’aimer, à travers des mots, des regards, quelques pas de danses, la salle de bal étant le seul endroit où les hommes ne sont pas séparés des femmes. Ce n’est pas dévoiler l’intrigue, l’histoire d’amour étant le fil directeur de l’entier roman.

J’ai aimé le cadre choisi, celui d’un asile, le lieu de l’enfermement et du romanesque dramatique par excellence. Cela a comblé mon goût pour les huis clos. Anna Hope s’est inspirée de la vie de son grand-père, qui a été interné à l’Asile de Menston au début du XXe siècle, pour implanter son histoire dans un tel lieu.

Dans un asile, on craint la toute puissance médicale et ses décisions aléatoires (ce qui est pire, il y a plus d’un siècle), on s’attache aux personnages internés à tort ou pour des motifs illégitimes (merveilleux personnage de Clem), on espère la fuite et la libération. Tout y est dans La salle de bal. Anna Hope respecte tous les codes et remplit toutes les attentes du genre. Elle survole aussi la question des expérimentations médicales et les croyances thérapeutiques de l’époque, autour du personnage ambigü et peu agréable du Docteur Fuller, ce qui permet de donner un peu de densité au livre.

Reste le centre et le nœud du roman, l’histoire d’amour. Elle n’a pas fonctionné sur moi (peut-être car je ne suis pas une adepte des histoires d’amour trop romanesques). Si je suis entrée facilement dans le livre, cela n’a pas duré longtemps. Le prologue a eu l’inconvénient de dévoiler trop de choses, supprimant mes espoirs et mes attentes de lectrice. Il s’est passé presque tout ce que j’anticipais, sans surprise. Je me suis donc ennuyée et il m’a fallu forcer à partir de la seconde moitié du roman pour le terminer (j’avoue, j’ai lu en biais plusieurs passages et pages, je n’en pouvais plus …).

Mais je n’ai pas (entièrement) regretté, car la fin est réussie, l’émotion présente, et le romanesque aux forts accents dramatiques a fonctionné et m’a fait couler quelques larmes. Une fin qui m’a fait « l’aimer beaucoup », sans elle, La salle de bal n’aurait pas eu ses 3 étoiles.

Lecture duo partagée une nouvelle fois avec ma chère Béa, qui a trouvé le roman interminable …

Prix littéraires :
Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018

Anna Hope, La salle de Bal
Traduit de l’anglais par Elodie Leplat
Gallimard, août 2017, 400 pages.
VO : The Ballroom

4 réflexions sur « La salle de bal – Anna Hope »

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