La route – Cormac McCarthy

Cormac Mccarthy - La route - L'Olivier Coup de coeur !

Prix Pulitzer 2007. Le monde a été dévasté, anéanti. Il ne reste plus grand monde, il reste surtout un père et son fils, « l’homme » et « le petit ». Des anonymes qui pourraient être n’importe qui, allant vers le Sud par « La Route ».

Vous ne saurez pas grande chose des raisons du désastre, à peine évoqué. Le livre est centré autour du duo parent/enfant. Le fait que les personnages ne soient pas clairement identifiés, si ce n’est dans leur relation de filiation, touche le lecteur au plus profond de lui-même. Il se sent directement et intimement concerné par ce monde apocalyptique, qui touche ses craintes les plus intimes, la peur de la perte, la volonté de survivre.

Tout est gris, tout a disparu, tous les animaux, la nature a été détruite, les arbres sont morts, une cendre grise recouvre tout. Il faut pourtant réussir une chose au quotidien, toujours et encore, manger, se nourrir quand il n’y a plus rien de vivant, si ce n’est d’autres âmes en peine… Ici, contrairement à Je suis une légende, le but n’est pas de se battre au quotidien contre des morts-vivants, mais de satisfaire un besoin vital de base, subsister, dignement, sans devenir une bête sauvage.

Un chemin, La route, un lien narratif, survivre, et c’est suffisant. Cormac McCarthy écrit avec une telle puissance d’évocation que derrière le drame, la beauté de son style et sa mélancolie poétique vous emporte. Il n’est jamais trop long dans les descriptions, bien au contraire. Il excelle dans la brièveté et la concision, que l’on retrouve dans les plus infimes détails, et en particulier dans les dialogues, absolument splendides de sous-entendus jusque dans leur plus grand silence.

Si vous n’aimez pas les ambiances apocalyptiques, je vous recommande malgré tout de découvrir La route, pour la force des dialogues et pour l’intensité incroyable qui se dégage de cette histoire, qui s’instaure très rapidement et qui ne faiblit jamais. Et puis aussi, si vous ne l’avez jamais lu, pour découvrir Cormac McCarthy.

Magnifique (re) lecture que j’ai eu le plaisir de partager avec Ariane, dans le cadre de notre découverte de la littérature post-apocalyptique.

Prix littéraire :
Prix Pulitzer 2007

Adaptation cinéma :
Réalisation par John Hillcoat.
Film sorti en France en décembre 2009
A voir, notamment pour la prestation poignante de Viggo Mortensen.


La première ligne :

Quand il se réveillait dans les bois dans l’obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l’enfant qui dormait à son côté.

La présentation des éditions de l’Olivier :

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie. Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l’extrême.
Prix Pulitzer 2007, La Route s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires aux États-Unis.


Cormac McCARTHY
La route
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par François Hirsch
L’Olivier, janvier 2008, 256 pages
Le Point, mai 2009, 256 pages
VO : 2006, The Road

18 réflexions au sujet de « La route – Cormac McCarthy »

  1. J’avais beaucoup aimé ce roman et aussi son adaptation cinématographique qui correspondait bien aux images que j’avais dans la tête C’est assez rare pour que ça soit souligné

  2. Ce n’est clairement pas mon genre de lecture! Et pourtant! Pourtant j’ai été happée par ce roman, bien écrit et très prenant, lu presque d’une traite, comme en apnée.

    • Comme toi, c’est une lecture en apnée. C’est intéressant de voir que tu l’a lu d’une traite, même si ce n’est pas ton genre de lecture, et qu’il t’a finalement embarquée presque malgré toi. Normal, c’est un bon roman.

    • Le style est assez particulier (outre le sujet d’ailleurs), je comprends qu’on ne rentre pas du tout dans le livre. Mais je note avec plaisir que le livre t’a marqué, ça reste un bon signe !

  3. Encore une fois tu es plus enthousiaste que moi ! Je suis peut-être trop difficile ? En fait, une scène a remis en cause toute ma lecture ou plus exactement m’a si négativement marquée que tout ce que j’avais apprécié avant cette scène a été éclipsé, tout comme ce qui s’est passé après. En plus d’être trop difficile, je suis trop sensible !

    • Non, non, on a des avis différents, et c’est ce que je trouve intéressant et très enrichissant d’ailleurs. Je comprends ce que tu veux dire sur la gêne ressentie du fait d’une scène difficile. Lorsque l’écriture réussit à produire un tel effet sur le lecteur (même si l’effet n’est pas agréable), j’ai le sentiment que c’est une preuve que c’est bien fait, que ça fonctionne.
      Pour moi, être difficile et sensible, ce sont de très bonnes qualités ;)

    • J’ai adoré l’écriture, mais je suis d’accord avec l’invraisemblance de la fin, ce qui ne m’a pas empêché d’adorer ce livre. Je n’ai pas été objective, je l’ai volontairement tue ;)

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