La physique des catastrophes – Marisha Pessl

Marisha Pessl - La physique des catastrophes - Gallimard

Premier roman publié de Marisha Pessl, La physique des catastrophes est un titre mystérieux qui correspond parfaitement à cet étonnant roman aux développements insoupçonnés.

Bleue, qui a perdu sa mère très jeune, est une adolescente surdouée de 16 ans, qui vit seule avec son père. Lui professeur bohème ultra-cultivé, intellectuel notoire, obsédé par la connaissance, obnubilé par l’excellence de sa fille, l’éduque au milieu des livres, de la réflexion, de la contradiction, de la recherche et de la précision.

Il lui inculque surtout qu’il faut vivre chaque jour de sa vie comme si c’était une biographie. C’est ce que va faire Bleue, l’alter ego de Marissa Pessl (En partie autobiographique, la mère de Marisha Pessl lui disait qu’il fallait vivre chaque jour une vie digne d’être racontée). Dans ce roman d’apprentissage, qui prend la forme d’un journal autobiographie écrit par Bleue, elle raconte par le menu sa vie avec son père, ses déplacements, jusqu’à la rencontre avec Hannah Schneider, l’une de ses professeurs, qui l’obsède, s’insère dans sa vie, comme le fera également 4 autres étudiants, personnages clés de ce roman campus.

Ce roman est brillant. Il est dense, épais, fourni, il est mené par une écriture dynamique, travaillée et en même temps très fluide, par un rythme soutenu, et par un imaginaire et une construction surprenante. Sans compter l’idée des supports visuels, dessins images dessinées par Bleue, pour illustrer son texte.

Ceci étant, avant de commencer cette lecture, il faut mieux être prévenu. Ce n’est pas un livre qui se lit en une soirée, c’est le pavé qui mérite de la motivation. Il en mérite d’autant plus que malgré la finesse de la construction, des personnages, de leur psychologie, de l’intrigue et du suspens, un essoufflement risque de se faire ressentir. Certains passages auraient mérité d’être raccourcis, des digressions auraient pu être supprimées. De plus, ce roman est truffé (parfois jusqu’à l’indigestion) de références livresques et littéraires, certaines réelles, d’autres non. Disons-le, même si c’est un livre très romanesque, c’est quand même un livre un brin intello (un peu trop ?).

Après avoir lu, adoré et dévoré Intérieur nuit, il me paraissait indispensable de découvrir ce premier roman de Marisha Pessl (enfin, son « 3e roman », les deux premières ayant été refusés par les éditeurs). Je ne regrette absolument pas cette lecture, même si j’ai du m’accrocher à certains moments, et reste bluffée par sa qualité. J’attends avec impatience son prochain.

Le Mois americain

Lu dans le cadre du mois américain organisé par Martine.
Marisha Pessl, initialement attendue au Festival América 2016, ne sera probablement pas présente.




Les premières lignes :

Papa disait toujours qu’il faut une sublime excuse pour écrire l’histoire de sa vie avec l’espoir d’être lu.

Marisha Pessl - La physique des catastrophes - FolioLa présentation des éditions Gallimard :

Bleue Van Meer serait une adolescente américaine tout à fait ordinaire. Sauf que, à cinq ans, elle perd sa mère dans un accident de voiture et que son père, un intellectuel exubérant et excentrique, la ballotte désormais d’une ville universitaire à l’autre, vers de nouvelles aventures, toujours sur la route.
Ils vivent une relation fusionnelle, multiplient les joutes oratoires, se lancent dans des citations savantes, refont l’histoire de la littérature et de la physique quantique. Mais un jour, elle découvre le cadavre pendu d’Hannah Schneider, son professeur préféré. Que peut-elle bien faire? Suivre les conseils paternels et reconstituer l’histoire, avec rigueur, un zeste de comique, si possible, et moult anecdotes. Cela suffira-t-il à élucider le drame et à percer les secrets d’un entourage plus mystérieux qu’il n’y paraît?
Mine de rien, sous couvert de jeu et d’humour, Marisha Pessl propose une vision critique inédite de la société consumériste américaine.
À la fois noir, drôle et poignant, ce roman étourdissant de verve et de brio nous offre une héroïne inoubliable et marque l’entrée en scène fracassante de Marisha Pessl, conteuse née et enfant prodige de la jeune littérature américaine.


Marisha PESSL
La physique des catastrophes
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laetitia Devaux
Gallimard, Août 2007, 624 pages.
Folio n° 4835, Janvier 2009, 828 pages.
VO : 2006, Special Topics in Calamity Physics

14 réflexions au sujet de « La physique des catastrophes – Marisha Pessl »

  1. Un vrai coup de cœur pour moi, lu dès sa sortie donc bien avant Intérieur Nuit.
    Effectivement, il y a des petits effets de style (les références littéraires, les clins d’oeil) qui auraient pu être supprimés sans pb, mais j’ai aimé ce roman d’apprentissage qui, comme tu le soulignes, part dans des développements insoupçonnés.
    J’ai trouvé Intérieur Nuit plus dense, plus demandeur d’attention, La Physique des Catastrophes me semble au contraire plus fluide et plus accessible…

    • C’est marrant, j’ai trouvé celui là plus dense qu’Intérieur Nuit, que j’ai lu sans jamais trouver de longueurs, et d’une lecture assez facile (à l’exception peut-être du passage entre les pages noires) avec une intrigue plus prenante.

  2. Brillant, dense, épais, fourni, c’est tentant mais j’ai aussi compris qu’il fallait lui accorder beaucoup d’attention et je ne suis pas certain d’être dans de bonnes dispositions pour le moment ;)

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