La peste écarlate – Jack London

Jack London - La peste écarlate - Actes Sud

Ecrit en 1912, Jack London se projette dans le futur de … 2013. La terre a été ravagée par la Mort rouge, la peste écarlate. Il ne reste dans le San Francisco décrit que des enfants dépenaillés, sans aucune connaissance du passé, et un vieil homme, Grand-Père, qui leur raconte l’histoire de la Terre et la façon dont la maladie a décimé presque toute la population.

Pour les adeptes des histoires apocalyptiques, de « presque » fin du monde, ce petit roman – ou cette longue nouvelle – est absolument pour vous. Pour les autres, les adeptes de belle écriture, les amoureux de romanesque, ne passez pas non plus à côté. Ce récit est non seulement prenant dès les premières pages, avec des accents d’humour fins et agréables, un style puissant et envoûtant, des personnages attachants, mais ce n’est pas tout.

Cette histoire montre aussi le génie de Jack London, ce conteur hors pair, cet écrivain visionnaire, qui écrit il y a plus de cent ans, un futur qui aurait pu exister, une vision de fin du monde, reprise à de nombreuses reprises par la suite par la littérature. Il est par ailleurs impossible de ne pas être surpris par son imagination, par certaines de ses idées pour un lecteur d’aujourd’hui. On a vraiment le sentiment qu’il a réussi à imaginer en 1912 certaines inventions qui se sont réalisées. C’est vraiment étonnant.

Et puis, le choix d’insérer une histoire dans l’histoire, racontée par le Grand-père, ce double niveau de narration donne le sentiment que l’on se retrouve au même niveau, voire même au milieu des enfants, de Bec-de-lièvre, de Hou-Hou, d’Edwin. Nous non plus, nous ne connaissons pas l’histoire de la disparition du Monde. Yeux grands ouverts, il est difficile de ne pas se laisser emporter par ce conte qui mêle du suspens, de l’attente, de la surprise et un très chouette moment de lecture.

Même si vous n’aimez pas la science-fiction ou les romans futuristes, vraiment, je vous conseille de passer outre. Je suis certaine que vous aimez retrouver votre étonnement d’enfant.

La première ligne de La peste écarlate :

Le chemin, à peine tracé, suivait ce qui avait été jadis le remblai d’une voie ferrée, que depuis bien des années aucun train n’avait parcourue. A droite et à gauche, la forêt, qui escaladait et gonflait les pentes du remblai, l’enveloppait d’une vague verdoyante d’arbres et d’arbustes.

La présentation de l’éditeur (ou lien site) :

Un ancien professeur d’université erre en compagnie de ses petits-enfants, revêtus de peaux de bêtes, dans un paysage désolé. Celui de la baie de San Francisco, ravagée soixante ans auparavant par un terrible fléau. Nous sommes en 2013. Quelques hordes subsistent, et de rares survivants tentent de raconter le monde d’avant à des enfants qui ne savent même pas compter. La seule issue est de reprendre depuis les commencements la marche vers la civilisation perdue.
Jack London met toute sa puissance d’évocation au service de ce récit d’apocalypse, offrant de ces grandes peurs qui ravagent le monde une vision terrible – et quasi prophétique – et inscrivant de fait sa peste écarlate dans la lignée des fléaux bibliques, des terreurs millénaristes. Un texte qui prend dès lors une étonnante et inquiétante modernité.

Challenge un classique par moisJack LONDON
La peste écarlate
Traduit de l’anglais (américain) par Paul Gruyer et Louis Postif
1ère édition française : Hachette, 1924
Edition présentée : Actes Sud, mars 1992, 124 pages
VO : 1912, The Scarlet Plague

4 réflexions au sujet de « La peste écarlate – Jack London »

    • J’avais prévu de le lire pour le mois américain, et je l’ai là juste en face de moi. J’espère que tu vas prendre autant de plaisir que j’en ai eu avec la peste écarlate !

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