La mort de Balzac – Octave Mirbeau

Octave MIRBEAU - La mort de Balzac - L'Herne IL Y A 170 ANS ….

Le 16 février 1848, naissait Octave Mirbeau. L’occasion de se régaler avec un petit texte explosif et scandaleux ! Il fut retiré au dernier moment de l’ouvrage dans lequel il devait être publié, sous les prières de la fille de la dernière femme de Balzac, Mme Hanska.

Pourquoi scandaleux ? On peut légitimement se le demander alors que le texte commence par l’éloge de Balzac, qu’Octave Mirbeau dit adorer, et on le croit. Visiblement, il apprécie un peu moins la chère Madame Hanska (ou, selon certains, se vengerait des femmes ou de la sienne en particulier…).

Octave Mirbeau va dépeindre Balzac, ses qualités et ses travers, notamment sa gestion calamiteuse de l’argent, toujours en difficulté financière, toujours la tête fourmillant d’idées pour créer et construire sa fabuleuse Comédie humaine.

Tout fut énorme en lui, ses vertus et ses vices. Il a tout senti, tout désiré, tout réalisé de ce qui est humain.

Rien qui mérite l’outrage, ce d’autant moins que la plume est plaisante, fluide et très contemporaine, ironique et titilleuse avec joie et parfois même, avec tendresse.

Mais voilà, dans la dernière partie, Octave Mirbeau ose et se permet ce qui devrait se cacher et se taire, affirmant avoir reçu de la bouche même de Jean Gigoux, l’amant de Mme Hanska, le récit de ce qu’il s’est réellement passé le 18 août 1850, le jour de la mort de Honoré de Balzac.

Vérité ou malveillance ? Qu’importe. Une nouvelle fois, Octave Mirbeau régale son lecteur avec un petit texte, comme ce fut déjà le cas avec La grève des électeurs. Intéressant, bien écrit et scandaleux, ne pas hésiter une seconde !

Pour la petite histoire …

En 1905, Octave Mirbeau visite la France et ses alentours au volant d’une voiture de marque Charron, dont la plaque d’immatriculation est 628-E8. Voilà la raison de l’étrange titre de l’ouvrage qui parait en novembre 1907, et dans lequel La mort de Balzac devait initialement figurer. Le texte fut retiré, mais heureusement, il fut quand même publié.


Les premières lignes :

J’adore Balzac. Non seulement j’adore l’épique créateur de La Comédie Humaine, mais j’adore l’homme extraordinaire qu’il fut, le prodige d’humanité qu’il a été.

La présentation de la 4e de couverture :

Il va toujours, plus ardent, plus précis à mesure qu’il va. L’esprit infatigable soutient le corps surmené ; il le relève défaillant. Loin d’être accablé, écrasé par les besognes du présent, aux courtes heures du repos, il conçoit avec une lucidité merveilleuse les besognes de l’avenir. Balzac ne s’est pas reposé le septième jour. Quel exemple pour nos chétives neurasthénies ! Et il n’a vécu que cinquante et un ans ! … Et non seulement il a accompli une oeuvre prodigieuse, mais il en a rêvé, mais il en a préparé une plus prodigieuse encore. Il a laissé des projets, parfaitement débrouillés, de livres, de pièces, d’affaires, que trois cents ans de vies humaines ne suffiraient pas à réaliser.


Octave MIRBEAU (1848 – 1917)
La mort de Balzac
Edition présentée : L’Herne
VO : 1907, éditions Fasquelle pour La 628-E8

6 réflexions au sujet de « La mort de Balzac – Octave Mirbeau »

    • Je n’ai jamais été déçue par Octave Mirbeau, bien au contraire. Même avec Le Jardin des supplices, particulier, c’est le cas de le dire, mais cela ne m’a pas déplu.

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