La Mer à l’envers – Marie Darrieussecq

Marie DARRIEUSSECQ - La mer à l'envers - Minuit

Parfois, on espère beaucoup d’un livre, ce qui fut le cas de La Mer à l’envers. Deux précédents livres de Marie Darrieussecq adorés, trop de médiatisation peut-être, une attente sur un sujet, l’impression de lire autre chose, passer à côté et être déçue. Cela arrive parfois.

Rose est psychologue, parisienne, mariée et mère de deux enfants, sa vie se déroule avec sa routine quotidienne, les ennuis du travail, les siens, ceux de son mari, des enfants qu’elle élève le mieux qu’elle peut, un couple qu’elle maintient à flots.

On fait la rencontre de Rose pendant ses vacances, lors d’une croisière avec ses enfants, un cadeau offert par sa propre mère. Lors de ce voyage, elle est témoin du sauvetage d’un bateau de migrants, décide d’en aider un, Younès et vole le portable de son fils pour le lui donner.

Je pensais que le roman était centré sur les relations de Rose et de Younès, sur le fait qu’elle le recueille chez elle et sur ce lien particulier qui se créait entre eux. C’est une part de l’histoire, mais minime et tardive dans la narration. J’attendais donc ce moment qui ne venait pas. Pendant les 250 premières pages, je suivais les hésitations de Rose, sa mélancolie, son projet de déménagement sur la côte Basque, sans vraiment m’y intéresser, comme des pages d’écritures qui s’écoulent, sans vraiment de but.

J’en suis la première désolée, cette lecture fut laborieuse, je trouvais que la succession des faits manquait de fluidité, de naturel, comme si Marie Darrieussecq était elle-même perdue, qu’elle ne savait pas trop où nous emmener. Je n’ai pas trouvé l’histoire plausible, la mère qui vole le portable de son fils, certes le portable est un moyen utile pour la narration et garder le lien avec Younès, mais cela m’a paru fabriqué et m’a tenu à distance. Bref, je suis restée loin de cette histoire, en attendant en permanence qu’il se passe quelque chose.

Et quand ce qui devait arriver … arrive enfin, le sujet se développe, le mouvement reprend, j’ai recommencé à m’intéresser au roman et aux personnages et c’est la partie qui m’a plu, ceci étant, c’était trop tard pour que je réussisse à renouer avec une envie spontanée de lecture et à emporter une adhésion sur le roman dans son intégralité.

Marie Darrieussecq écrit des livres qui peuvent être splendides. Je recommande avec ferveur celui sur Charlotte Salomon qui m’a emportée, un coup de coeur encore très vif, Etre ici est une splendeur ou, dans une veine dystopique et intrigante, le superbe Notre vie dans les forêts.

Prix littéraires :
Sélection du Prix Littéraire Le Monde 2019
Sélection du Prix du Roman FNAC 2019

Marie Darrieussecq
La mer à l’envers
Minuit, 22 aout, 256 pages.

8 réflexions sur « La Mer à l’envers – Marie Darrieussecq »

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