La légende de Loosewood Island – Alexi Zentner

Alexi Zentner - La légende de Loosewood Island - Lattes

- Rentrée littéraire 2014 –

La légende de Loosewood Island n’est pas un conte ou une fable, c’est un roman contemporain sur la vie d’une famille de pêcheurs de homards de père en fils. Le fils, c’est Scotty, mais Cordélia n’est pas un fils, et les filles ne partent pas en mer sur des homardiers.

Le contexte insulaire de ce roman lui donne un côté hors cadre et hors du monde, qui l’encadre de ce fait d’un effet quand même un peu fabuleux. Le titre est donc bien adapté, d’autant plus que l’histoire de la famille des Kings a un côté légendaire puisque l’ancêtre et peintre Brumfitt Kings serait tombé amoureux d’une muse sirène issue des mers.

C’est donc sous cet aura un peu mystérieux que l’on va suivre la vie des Kings, gérée par un père de famille ferme et tendre, qui est aussi le chef implicite de la guilde locale insulaire.

Le personnage du père Kings est très touchant, tout en force et en retenu, tout comme celui de tous les membres de la famille et des habitants de l’ile, en particulier de Cordélia, la jeune femme qui veut travailler avec son père et vivre un métier d’hommes.

La vie insulaire est aussi traitée avec intérêt, car vouloir être protégé du monde extérieur, c’est devoir se battre contre les pêcheurs clandestins qui ne respectent pas les limites fixées, combattre l’entrée de la drogue et de l’argent facile alors que la pêche est un métier ingrat et difficile.

L’ambiance maritime est très bien rendue. J’ai pris beaucoup de plaisir à participer aux sorties en mer du Queen Jane, aux combats contre les vents et les pluies, aux réveils matinaux, au goût de la gorgée du café fort dans la nuit encore noire, à la levée des casiers de homards, à la rentrée au port, au partage du bock de bière à la Taverne … Tout ça est très bien décrit.

Alexi Zentner est en revanche moins à l’aise lorsqu’il entre dans la partie « policière », qui ne m’a pas semblé très réaliste. Le manque de crédibilité de ce passage, son côté un peu caricatural et exagéré desservent légèrement la seconde partie du roman.

C’est dommage, car il avait réussi à dépeindre des relations humaines fortes et émouvantes, une vie insulaire et le métier de homardier de façon très intéressante et qui se suffisait à elle-même ; il n’était me semble-t-il pas nécessaire d’en rajouter.

Ceci étant, malgré ce petit défaut, ce roman se lit avec grand plaisir, et j’ai même cru au début de sa lecture qu’il s’agissait d’un chef-d’oeuvre. Ce n’est pas le cas, mais cela reste un bon livre, vraiment agréable à lire.

Alexi Zenter est au Festival America de Vincennes du 12 au 14 septembre 2014.

Les premières lignes :

Kings, rois, c’est ainsi que nous nous appelons, et nous sommes ce qui ressemble le plus, sur Loosewood Island, à une monarchie.

La présentation par l’éditeur JC Lattès (4e de couverture) :

Selon la légende de Loosewood Island, à quelques miles des côtes du Maine, Brumfitt Kings, venu d’Ecosse au XVIIIe siècle pour pêcher la morue et le homard, aurait reçu son épouse en cadeau de l’océan…

Deux cents ans plus tard, la rudesse de la vie insulaire ne laisse guère de répit à la jeune Cordélia. Première femme à défier la mer à bord de son homardier, livrée aux rivalités familiales et aux menaces de contrebandiers, l’héritière des Kings doit assurer l’avenir de sa communauté.

Dans ce roman contemporain aux accents de tragédie shakespearienne, une héroïne farouche et déterminée tente de réconcilier le passé et le présent d’une culture ancestrale. C’est l’histoire inoubliable d’une famille, d’une passion, d’un destin.

Alexi ZENTNER, La légende de Loosewood Island
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie-Hélène Dumas
Parution : Août 2014, JC Lattès, 320 p.
Original : 2014, The Lobster Kings

Challenge RL 2014Le Mois americain

__________________________________
(Dernière mise à jour : 10/09/2014)

4 réflexions au sujet de « La légende de Loosewood Island – Alexi Zentner »

  1. Je veux absolument lire ce livre ! Je le vois partout, je le prends, le repose…. j’ai vu l’auteur au Festival America (du coup, j’étais curieuse!) et il est très sympa ! J’ai acheté « Touch », son premier roman, du coup (le nouveau est vraiment trop cher, que ce soit en français ou en anglais!)

    • Tu me diras ce que tu penses du premier ! Je te l’aurais bien prêté, mais il est déjà entre les mains d’une autre lectrice : il faudrait qu’elle le lise vite :-)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>