La guerre des pauvres – Eric Vuillard

Eric VUILLARD - La guerre des pauvres - Actes Sud

La Guerre des pauvres, un récit très court d’une soixantaine de pages, un presque format poche qui se lit en une heure et qui survole des révoltes de paysans, en Angleterre, Allemagne et Bohème aux XIV-XVIe siècles autour du personnage clé de Thomas Müntzer.

Un titre accrocheur pour une publication opportune – janvier 2019 – en pleine actualité « Gilets jaunes ». La quatrième de couverture confirme le sujet et le parti pris d’Eric Vuillard du côté des opprimés « les exaspérés sont ainsi, ils jaillissent un beau jour de la tête des peuples comme les fantômes sortent des murs ».

Une lecture non désagréable grâce au style travaillé d’Eric Vuillard, des moments très littéraires, d’autres qui le sont moins, des moments lyriques et exaltés, assez proche dans la tonalité et le sujet de son livre 14 juillet (2016), celui qui a précédé l’Ordre du jour (Goncourt 2017).

Une impression de trop rapide, de trop vite écrit, trop vite lu et trop vite fini. Une succession de noms, de faits autour du personnage de Thomas Müntzer, un prédicateur allemand, meneur de la guerre des paysans en Allemagne dans les années 1525, interrompue par une plongée dans l’Angleterre de 1380 et 1450 pour des faits de soulèvements similaires de paysans.

Un sentiment de s’ennuyer un peu, de se perdre un peu dans la religion, la Réforme, la Poll Tax, dans la chronologie, dans les lieux et les dates, de manquer de culture, d’attendre et d’espérer plus d’explications, de recul, plus de développements, de profondeur pour mieux comprendre, mieux distinguer les personnages, leurs rôles et implications. Une répétition d’événements similaires qui se suivent, posés les uns à côté des autres, un extrême résumé d’une histoire survolée, beaucoup d’extraits cités, et au final, une grande distance entre le texte et sa lecture.

Il en reste une « brève » historique avec des éléments intéressants certes, une heure de lecture sans regret, ceci dit, un sentiment de frustration avec le besoin de vérifier sur Internet pour clarifier les incertitudes sur les événements et les personnages cités.

A choisir entre les livres « historiques » d’Eric Vuillard, ma préférence ira plutôt à Tristesse de la Terre puis à l’Ordre du jour.

Lecture commune avec ma chère Béa.

Eric VUILLARD, La guerre des pauvres
Actes Sud, Janvier 2019, 70 pages.

13 réflexions sur « La guerre des pauvres – Eric Vuillard »

  1. Rebonsoir, c’est moins prenant que L’ordre du jour ou 14 juillet mais j’ai aimé et j’ai surtout découvert une histoire que je ne connaissais pas. C’est passionnant. Bonne soirée.

    • Bonjour Dasola, c’est vrai, c’est le moins prenant des trois, et je ne garde pas une bonne impression de lecture, mais je ne dirai pas que La guerre des pauvres est passionnant. Bon weekend !

  2. D’après ce que tu en dis, ça ressemble furieusement à 14 juillet que je n’avais pas vraiment apprécié pour les mêmes raisons que toi.

  3. Tu n’es pas emballée, je peux comprendre … mais j’aime tellement la plume de Vuillard, je lui pardonne tout:) je rajoute ton lien ! Bisous

    • C’est vrai que ce n’est pas mon préféré, mais c’est bien grâce à sa plume que j’ai apprécié cette lecture. Ce n’est pas la première fois, et probablement pas la dernière, que j’apprécie un livre bien plus pour le style que pour son contenu.

  4. J’avais trouvé passionnants les deux précédents titres que tu cites. Je ne sais pas, celui-ci m’attire moins. J’ai intuitivement l’impression que je partagerais ce que tu dis ici.

    • Je ne vais pas démentir ton impression, et ce d’autant moins que je me retrouve très souvent en phase avec des goûts et tes impressions de lecture.

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