La fête de l’insignifiance – Milan Kundera

Milan Kundera - La fête de l'insignifiance - Gallimard

Quatre amis vont se croiser à Paris, partager une soirée et certains moments, en échangeant des pensées éparses et diverses, toujours d’une façon légère et assez peu sérieuse au fond.

On croisera d’Arcelo, qui a l’idée soudaine d’indiquer à Ramon qu’il a un cancer alors que son médecin vient juste de lui indiquer le contraire.

Alain lui, abandonné enfant par sa mère, s’interrogera sur le nombril, sur ses origines, sur ce lien de l’enfant à la mère qui lui semblait jusqu’alors exclu de toute féminité (et bien oui, il y a les fesses, les seins et le nombril).

Charles, qui s’interrogera aussi sur son rapport avec sa mère mourante, préfèrera parler de Staline et Kroutchev, pour expliquer à ses amis les idées de sa nouvelle pièce de théâtre dont il ne connaît pas la fin, si ce n’est qu’il fera intervenir un ange. C’est peut-être Caliban le plus léger de tous, qui inventera son propre langage et se fera passer pour un pakistanais, meilleur moyen de ne pas parler français et de faire des rencontres étonnantes.

Ce roman donne l’impression que Kundera a hésité entre écrire une fiction ou un essai sans vraiment réussir à trancher. Il ne s’agit donc pas d’un roman de forme classique, avec une histoire suivie, mais plutôt d’une succession de chapitres (roman découpé en 7 parties, comme Kundera l’affectionne), chapitres-prétextes pour lui permettre de partager sur un ton léger des anecdotes et des pensées personnelles bien plus profondes qu’il n’y paraît, en saupoudrant chaque page d’ironie et, d’où le titre du roman, d’insignifiance.

Ce roman se veut intelligent, avec des références philosophiques et historiques, des échanges et des dialogues qui n’existeraient pas vraiment dans la réalité. Il est bien écrit, certes, reste dans l’ironie sans jamais tomber dans le burlesque, et soulève de vraies questions existentielles.

Mais c’est un peu « trop » et l’adhésion n’est pas totale, malgré un réel plaisir de lecture. Si ce volume aéré se lit assez vite, en grande adepte de ses romans et essais, ce n’est pas ce livre que l’on retiendra comme le meilleur de Kundera.

Les premières lignes de La fête de l’insignifiance :

C’était le mois de juin, le soleil du matin sortait des nuages et Alain passait lentement par une rue parisienne. Il observait les jeunes filles qui, toutes, montraient leur nombril dénudé entre le pantalon ceinturé très bas et le tee-shirt coupé très court.

La présentation de La fête de l’insignifiance par Gallimard :
Cliquer ICI

Milan KUNDERA, La fête de l’insignifiance
Parution : Mars 2014 – Gallimard

9 réflexions sur « La fête de l’insignifiance – Milan Kundera »

      • Si vous avez du mal avec les romans, tentez les essais, qui sont passionnants ! Il parle très bien de littérature, des auteurs, des personnages (et aussi la musique parfois). J’en connais 4 : l’art du roman, le rideau, les testaments trahis ou Une rencontre.

        En lire un, je dirais Le rideau ou Une rencontre, je n’arrive pas à choisir 🙂

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