La Dame de pierre – Xavier-Marie Bonnot

Xavier-Marie Bonnot - La dame de Pierre - Belfond

La Dame de Pierre est un roman d’inspiration policière, qui se passe dans les montagnes, pas très loin de Grenoble, au Villard, le village natal de Pierre et Claire Verdier. Frère et soeur, pas très proches, ils maintiennent malgré tout certains liens. La dernière visite de Claire pour la Toussaint lui sera fatale.

Le mystère de la mort de Claire est réel. Ces circonstances aussi. Claire est retrouvée habillée dans un accoutrement étrange, alors même qu’elle rêvait de la mort de son amie Vicky dans les mêmes habits quelques jours plus tôt. Mais ce début un rien fantastique ne sera pas développé particulièrement.

En tirant plusieurs fils, Xavier-Marie Bonnot réussit à maintenir sur la durée une tension dans sa narration, même si cette dernière est parfois beaucoup trop naïve (à la limite parfois de l’agacement) pour emporter vraiment l’adhésion. Ceci étant, l’envie de découvrir le qui et le pourquoi est réelle. De plus, au détour de plusieurs virages plus ou moins justifiés, la fin surprend, et c’est tout de même ce que l’on attend d’un policier.

Le contexte et le cadre de la montagne sont par ailleurs bien rendus, avec ces habitants taiseux, ces voisins bourrus et discrets, tout comme le froid de la neige et des relations humaines. Dans ce « pays », tout le monde est plus ou moins de la famille, tous sont plus ou moins cousins. Pour une lectrice origine de la région iséroise, c’est un plaisir de retrouver un brin de ses racines.

En revanche, sous peine de haute déception, il ne faut surtout pas croire le bandeau de Karine Giebel : « Puissant, profondément humain, magnifiquement écrit …UN GRAND ROMAN ». Non, cela ne correspond pas à ce livre.

Plusieurs maladresses entachent la crédibilité de certains passages, tout comme les dialogues, qui ne sont pas les points forts de la narration. Les personnages ne sont pas très attachants, mais leur caractère froid et distant – surtout celui de Pierre – l’explique parfaitement. L’écriture est pour sa part simple et sans prétention littéraire, qui correspond très bien à une lecture détente et facile, qui permet de s’évader et de se libérer l’esprit.

L’avis de Jostein, Sandrine et Canel.

Les premières lignes :
(Lire un extrait plus long)

Un bouquet tout simple était posé sur le cercueil. Des fleurs de myrte, blanches et pures, que le vent des hautes terres faisait frémir.
Le soleil passa le col des Hirondelles et baigna la vallée. Au-dessus du village de Saint-Vincent, l’aiguille Sans-Nom semblait plus haute que d’ordinaire, fantastique.

La 4e de couverture de l’édition Belfond :
(ou présentation différente sur le site Belfond)

Pierre Verdier a été un des alpinistes les plus brillants de sa génération, mais un drame entouré de mystère a brisé sa carrière. Depuis, il vit reclus et amer dans la ferme familiale, au pied d’une montagne mythique.

Sa sœur Claire est une scientifique de haute volée, installée à Paris, où elle mène une existence cachée. Dans la famille Verdier, les non-dits ont force de vie.

Une fois par an, à la Toussaint, Claire rejoint son village natal pour fêter les morts et voir son frère, Pierre. Cette année-là, la neige est arrivée tôt. La nuit, seule dans ce qui fut sa chambre de jeune fille, Claire fait de terribles cauchemars. Elle voit la mort sanglante d’une certaine Vicky…

Qui est Vicky ? Un personnage fantasmé ? Un double cauchemardesque ? Le secret le mieux gardé de Claire ?

challenge-un-pave-par-moisChallenge RL 2015Xavier-Marie BONNOT
La Dame de pierre
Belfond, Octobre 2015, 448 pages

16 réflexions au sujet de « La Dame de pierre – Xavier-Marie Bonnot »

  1. Très partagée à la lecture de La Dame de Pierre. Des personnages à la limite de la caricature ( Alfred et Suzanne , Portal ), une description vivante de la montagne, des dialogues convenus, une énigme qui manque de sel. Peu mieux faire malgré les louanges appuyées de Mme Giebel.

  2. Je suis contre les bandeaux, s’ils sont signés d’auteurs qu’on n’apprécie pas trop, ils risquent de détourner d’un roman qui nous aurait plu. Là je parle en général, bien sûr. Pas de ce roman en particulier.

  3. Bonjour,
    Je viens apporter quelques précisions, que je crois utiles, aux remarques que vous faites sur ce fil de discussion. Jamais Karine Giebel n’a été payée pour rédiger le texte de ce bandeau joint à mon livre. Je n’étais même pas au courant que ce bandeau devait exister. Il fut une très belle surprise. Je me permets de vous rappeler qu’avant d’insulter quelqu’un, il convient d’établir certains faits, de se renseigner, de documenter sa diatribe, bref d’être intelligent. Si vous croyez qu’un éditeur français comme Belfond a les moyens de rémunérer un auteur du calibre de Karine Giebel, vous vous trompez lourdement. Salir n’est pas critiquer, c’est juste dégorger pour se sentir mieux. Je vous laisse libre de ne pas aimer le livre – dont vous avez, semble-t-il, loupé la problématique – mais de cracher sur quelqu’un de respectable, je ne le tolère pas. Karine est une amie. Sans me prévenir, mon éditeur lui a soumis le manuscrit. Elle a beaucoup aimé ce texte et a voulu me faire ce beau cadeau parce qu’elle partage la même passion que moi pour l’alpinisme et pour certaines valeurs que la montagne a su nous donner. Valeurs qui ne sont visiblement pas les vôtres.

    • Bonjour Monsieur,
      Merci beaucoup pour cette précision. Comme indiqué dans les commentaires, je n’ai jamais pensé que Karine Giebel avait été payée pour le bandeau, et pensais en effet qu’elle avait donné sincèrement son avis. Je vois que vous confirmez. Je suis d’accord avec vous, elle vous a fait un beau cadeau et ne doute, ni qu’elle ait aimé le texte, ni qu’elle soit une bonne amie. Je regrette d’avoir froissé votre susceptibilité en donnant mon avis franc et sincère, sans dévoiler la « problématique » du livre, qui reste suffisamment simple et accessible pour être comprise par tous, mais a l’inconvénient de dévoiler une partie de l’intérêt de la lecture de votre roman.
      Je vous souhaite d’agréables fêtes de fin d’année.

      • Bonjour,
        Je ne répondais à vous en particulier mais aux deux ou trois commentateurs vénéneux de cette discussion. Ne vous méprenez pas. Quand à la problématique, ce mot ne mérite pas de guillemets sournois. Elle est noble, je le crois, il s’agit de parler d’homophobie et des ravages qu’elle provoque. La montagne, le décor de l’action, n’est que la métaphore de ce qu’est notre société, rude, froide impitoyable pour les plus faibles d’entre nous et les stigmatisés. Bonne fin d’année.

  4. Un polar montagnard, c’est niet pour moi (et j’aime beaucoup ta réflexion sur le bandeau, c’est une vraie plaie ces citations « copinage » pour lesquels les auteurs sont souvent rémunérés d’ailleurs).

    • Ah tiens, je viens juste de faire une remarque à Sandrine. Avec ton propos affirmatif, tu réponds à ma question. Je ne savais pas qu’un auteur pouvait être payé pour son avis sur un livre sur un bandeau.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>