La cour des secrets – Tana French

Tana French - La cour des secrets - Calmann-Lévy

L’inspecteur Stephen Moran travaille aux affaires classées. Quand Holly, une adolescente de 16 ans, vient lui apporter une carte trouvée dans la Cour des secrets de son collège, représentant Chris, un jeune homme assassiné l’année précédente, avec l’indication, « je sais qui l’a tué », il saisit l’occasion pour proposer son aide à la Brigade Criminelle et enquêter sur l’affaire.

Les lecteurs du 3e policier de Tana French, Les lieux Infidèles, reconnaîtront les personnages de Holly, de son père Franck Mackey et de Stephen Moran, mais le rapport s’arrêtera là. Le lien entre les deux histoires n’est pas exploitée, et il n’est pas nécessaire d’avoir lu l’histoire arrivée 7 ans plus tôt, pour comprendre La Cour des secrets.

L’histoire se déroule à Dublin, à Sainte-Kilda, dans un collège privé pour adolescentes de bonnes familles. Chris Harper, un jeune ado beau gosse et admiré de presque toutes les filles a été retrouvé mort une année auparavant, dans des conditions inexpliquées. Quand Stephen Moran intervient une année après le meurtre, il va une nouvelle fois interroger les deux groupes de filles rivales du collège, la bande de Joanne (avec Orla, Gemma et Alison) et la bande de Julia (avec Rebecca, Selena et Holly).

Tana French condense le déroulé de son histoire et de l’enquête au même endroit, sur une seule journée, mais en alternant judicieusement interrogatoires des huit filles concernées avec des flash-back des événements précédent le meurtre. Cette construction en parallèle est bienvenue et permet de donner un peu de mouvement à cette histoire qui comporte de nombreuses longueurs, et des passages peu intéressants des discussions immatures d’adolescentes sur les garçons, les fringues ou les jalousies respectives.

En plus, les mouvements et les actions sont assez rares. Presque tout le livre est basé sur des dialogues, que ce soient les interrogatoires proprement dits, les débriefs entre les deux inspecteurs chargés de l’enquête ou les papotages des adolescentes. Le développement psychologique des personnages est quasiment absent, le rapport d’amitié entre les deux inspecteurs à peine esquissé, et les individualités des filles peu marquées.

Ce policier est par ailleurs assez lent, mais la lenteur est la marque de fabrique de Tana French, et lui permet généralement de poser habilement son contexte et son intrigue. Mais dans ses précédents romans, comme La maison des absents, ou Les lieux infidèles, elle développait beaucoup plus le cadre et le contexte social du milieu social concerné. Ici, on regrette qu’elle le fasse à peine et privilégie tant les dialogues.

Quoiqu’il en soit, le suspens est présent et joue pleinement son rôle. On se demande jusqu’au bout qui est l’assassin du jeune Chris, et finalement, c’est aussi ça, le but d’un livre policier.

Les premières lignes :
(ou lire un extrait plus long)

Elle est venue jusqu’à moi. La plupart des gens gardent leurs distances. Un murmure inaudible sur la ligne extérieure réservée aux indics, aux délateurs ou aux témoins de dernière heure : « En 95, j’ai vu… » Pas de nom, communication coupée si on cherche à le connaître. Une lettre tapée à la machine et postée dans une autre ville, le papier et l’enveloppe nettoyés de leurs empreintes. Si on veut les coincer, on doit partir en chasse. Mais elle… Elle, elle me cherchait.

La présentation des éditions Calmann-Levy :
(ou lien direct site Calmann-Levy)

Stephen Moran, présent dans Les Lieux infidèles, est un flic ambitieux affecté aux affaires non classées. Il rêve d’intégrer la Brigade criminelle quand il reçoit la visite de Holly Mackey, fille d’un collègue. Un an auparavant, dans un lycée huppé pour filles de Dublin, le corps de Chris Harper, 16 ans, avait été découvert. Or Holly a trouvé sur le tableau d’affichage du lycée une photo de Chris assortie d’un mot dont les lettres ont été découpées dans les pages d’un livre : « JE SAIS QUI L’A TUÉ. »
Grâce à cet indice, Moran s’impose aussitôt au côté de l’inspectrice chargée de l’enquête, Antoinette Conway. Issus du milieu ouvrier, les deux flics sont mal à l’aise parmi ces jeunes privilégiés. Et il leur est difficile de démêler l’écheveau des secrets et des mensonges propres à l’adolescence.
Les drames se produisent aussi dans les cages dorées…

Déroulant son roman sur une seule journée d’interrogatoires, Tana French excelle dans la finesse de ses portraits psychologiques, et dans la tension implacable qui domine. Jamais plus vous ne regarderez les jeunes filles de bonne famille de la même manière.

challenge-un-pave-par-moisTana FRENCH
La cour des secrets
Traduit de l’anglais par François Thibaux
Calmann-Levy, Mai 2015, 528 pages

4 réflexions au sujet de « La cour des secrets – Tana French »

    • Ce n’est pas celui que je recommanderais pour découvrir Tana French, sauf pour une adolescente peut-être, qui se sentirait plus concernée et plus proche des personnages peut-être

  1. Deux étoiles, ça ne fait quand même pas beaucoup… J’ai trois romans de Tana French dans ma PAL (mon mari les a lus en fait), faudrait que je tente.

    • C’est que j’ai largement préféré les autres livres d’elle, qui étaient plus prenants, et puis, les discussions d’ado sur des pages, vite je me lasse.

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