La couleur du lait – Nell Leyshon

Nell Leysham - la couleur du lait - Phebus

Mary a 15 ans et ses cheveux ont La couleur du lait, mais ce n’est pas la seule caractéristique qui fait la particularité de cette jeune fille, pauvre et inculte, élevée dans une famille âpre de la campagne anglaise du XIXe siècle ; elle apprendra à écrire.

En effet, contrairement à ses parents et ses soeurs, Mary apprendra à lire et à écrire, ce que le lecteur sait dès le début du roman, car c’est elle qui raconte son histoire et sa vie « en l’an de grâce mille huit cent trente et un », avec des mots francs, précis, courts et secs, qui contribuent grandement au plaisir de lecture de ce roman.

Même si le parallèle entre la dureté du monde pauvre et rural (un père brutal qui ne pense qu’à utiliser ses trois filles pour le travail et l’argent et une mère qui semble oublier qu’elle a des enfants) et le monde riche et cultivé du père Graham qui va l’embaucher comme bonne n’est pas nouveau, la narration faite sur le ton de la franchise, de la naïveté et de la simplicité de Mary rend ce parallèle original et plaisant.

L’ambiance XIXe siècle et campagne anglaise est très bien dépeinte, à travers un rendu très parlant du quotidien de l’époque, du contexte social et féminin (le féminisme n’a pas encore été inventée, et la vie pour une femme est dure et difficile).

J’ai pris vraiment beaucoup de plaisir à cette lecture, agréablement étonnée une nouvelle fois par un parti pris stylistique original, qui fonctionne très bien, très différent de Pas pleurer de Lydie Salvayre par exemple, mais qui reste original et unique, tout en conservant à merveille la tonalité 19e.

Vraiment, ce livre qui se lit tout seul, attention, assez « féminin » quand même, et permet de passer un excellent moment.

Lire aussi l’avis de Titine.

Prix LittéraireSélection finale du Prix Femina étranger 2014

Les premières lignes :

ceci est mon livre et je l’écris de ma propre main.
nous sommes en l’an de grâce mille huit cent trente et un, j’ai quinze ans et je suis assise à ma fenêtre. je vois beaucoup de choses. je vois les oiseaux qui piaillent dans le ciel. je vois les arbres je vois les feuilles.

La présentation par les éditions Phebus (ou lien direct site) :

En cette année 1831, Mary, une jeune fille de 15 ans entame le tragique récit de sa courte existence : un père brutal, une mère insensible, en bref, une banale vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset.
Simple et franche, mais lucide et entêtée, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu’on l’a envoyée chez le pasteur Graham, pour servir et tenir compagnie à son épouse, une femme fragile et pleine de douceur. Avec elle, elle apprend la bienveillance. Avec lui, elle découvre les richesses de la lecture et de l’écriture… mais aussi obéissance, avilissement et humiliation. Finalement l’apprentissage prodigué ne lui servira qu’à écrire noir sur blanc sa fatale destinée. Et son implacable confession.

Nell LEYSHON, La couleur du lait
Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Karine Lalechère
Parution : Août 2014, Phébus, 176 pages
Original : 2012, The Color of Milk

Challenge RL 2014

Challenge XIXe
___________________________________
(Dernière mise à jour : 21/11/2014)

6 réflexions sur « La couleur du lait – Nell Leyshon »

  1. C’est la 3ème critique positive (en comptant celle de Titine) sur ce roman, et je l’ai repéré dans les coups de coeur en libraire aussi. Du coup, je viens de le réserver en bibliothèque ;)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>