La cache – Christophe Boltanski

Christophe BOLTANSKI - La cache - Folio

Prix Fémina 2015, La cache est le premier roman de Christophe Boltanski, roman autobiographique qui raconte l’histoire de sa propre famille à travers des souvenirs et récits sur trois générations. Pourquoi ce livre primé et encensé est-il donc une déception ?

Ce n’est pas à cause de l’écriture. Christophe Boltanski est grand reporter au Nouvel Observateur, il sait manier les mots, les phrases, il sait indéniablement écrire.

Ce n’est pas non plus à cause du sujet. L’histoire de cette famille bourgeoise unie, qui doit affronter les peurs de la seconde guerre mondiale – le grand-père Etienne est juif -, l’handicap de la grand-mère, Myriam, femme au fort caractère, n’est certes pas nouvelle, mais intriguait par l’accroche de la 4e de couverture centrée autour de la peur et du mystère d’un secret familial. De plus, les protagonistes ne sont pas inconnus, les trois enfants (Jean-Elie, Christian et Luc), Luc Boltanski étant le père de Christophe Boltanski.

Je reconnais également l’originalité de la ligne directrice, histoire qui démarre avec le plan d’une cour, qui s’inscrit autour et dans une Fiat 500, et qui se poursuit dans une maison aux multiples pièces. Il existe aussi un parallélisme intelligent entre le cadre de la maison des origines et le cadre des relations familiales, ainsi qu’une construction avec des allers-retours chronologiques qui donne un certain rythme au roman.

Mais je n’ai pas réussi à entrer dans cette histoire. Et j’ai pourtant fait deux tentatives avec ce roman. Pour la seconde, je me suis forcée à tourner les pages pour arriver jusqu’au bout. Mon esprit ne restait pas accroché et partait systématiquement ailleurs. Les descriptions des pièces de la maison m’ont paru trop longues, trop systématiques, et m’ont fait à chaque fois fait sortir du roman. Je n’ai pas non plus vraiment réussi à m’intéresser aux personnages, au côté fantasque de cette famille originale, même si je reconnais avoir eu une tendresse particulière pour la grand-mère Myriam. J’ai eu l’impression de lire, plusieurs fois, des portraits et situations cliniques, malgré la tendresse et l’humour de certains passages.

Alors même que ce livre est supposé être touchant, j’ai constaté bien malgré moi une totale absence d’empathie envers les protagonistes, malgré le caractère bouleversant de leurs périples, l’ironie de certaines situations, l’étrangeté et le côté loufoque de cette tribu qui se serre les coudes.

BREF, cette lecture est une déception.

Lecture et déception partagées avec Béa.
Les avis aussi de Edyta, Kathel, Séverine, ainsi que ceux enthousiastes de Nicole, Antoine, Aifelle et Clara.

Prix Littéraire :
Prix Fémina 2015


Les premières lignes de La cache :
(Lire un extrait plus long)

Je ne les ai jamais vus sortir à pied seuls ou même de conserve. Accomplir cet acte tout simple qui consiste à déambuler le long d’un trottoir. Ils ne s’aventuraient hors de la maison que motorisés. Assis, l’un contre l’autre, à l’abri d’une carrosserie, derrière un blindage, même léger.

Christophe BOLTANSKI - La cache - StockLa présentation des éditions Stock :

« Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. De la petite comme de la grande histoire. Des honnêtes gens qui, selon les circonstances, peuvent se muer en criminels. De la réversibilité des hommes et de la vie. Du pire, car il est toujours sûr. Cette appréhension, ma famille me l’a transmise très tôt, presque à la naissance. »

Que se passe-t-il quand on tête au biberon à la fois le génie et les névroses d’une famille pas comme les autres, les Boltanski ? Que se passe-t-il quand un grand-père qui se pensait bien français, mais voilà la guerre qui arrive, doit se cacher des siens, chez lui, en plein Paris, dans un « entre-deux », comme un clandestin ? Quel est l’héritage de la peur, mais aussi de l’excentricité, du talent et de la liberté bohème ? Comment transmet-on le secret familial, le noyau d’ombre
qui aurait pu tout engloutir ?

La Cache est le roman-vrai des Boltanski, une plongée dans les arcanes de la création, une éducation insolite « Rue-de-Grenelle », de la Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui. Et la révélation d’un auteur.


Christophe BOLTANSKI
La cache
Stock, août 2015, 344 p.
Folio, janvier 2017, 336 p.

Lecture de la Rentrée littéraire août 2015.

29 réflexions au sujet de « La cache – Christophe Boltanski »

  1. eh bien, ton billet tombe à pic! Je ne sais combien de fois que je me suis dit que je devais lire ce livre avant de me raviser… puis de changer encore d’avis ! Je crois que je vais faire l’impasse!

  2. C’est un livre que j’ai souvent pris dans les mains puis reposé… comme si je sentais qu’il n’était ps pour moi (le côté autobiographique déjà me rebute…)

  3. j’ai essayé de le lire quand il est sorti, mais j’avais décroché au bout d’une dizaine de pages…je pensais que je n’étais pas en forme et que ce n’était pas le bon moment pour le lire, mais a priori ce n’était peut-être pas moi le problème ^^

  4. Tu as su très bien exprimer ce que j’ai ressenti après ma lecture. J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages et l’histoire de cette famille ne m’a pas vraiment touchée.

    • C’est exactement ce que j’avais fait. Je l’avais commencé, je n’y arrivais pas, alors je l’ai laissé de côté. Je l’ai recommencé plusieurs mois plus tard, en recommençant par le début, pour pouvoir bien m’imprégner. En vain … J’espère que ça ne te fera pas le même effet.

  5. ça m’est arrivée sur plusieurs romans, incapable de m’intéresser aux sorts des personnages, je déteste ça – ça m’arrive quand le style (comme chez Vuillard) l’emporte sur l’histoire mais aussi récemment avec Valentine Goby dont j’aime le style pourtant. On ne sait pas pourquoi. Mais j’aime bien lire des chroniques comme la tienne qui me rappellent que ça arrive à tout à chacun !

    • C’est marrant que tu prennes comme exemple Valentine Goby, car je n’ai pas non plus ressenti l’enthousiasme général autour d’Un paquebot dans les arbres. Et puis, merci Electra, tu me déculpabilises !

Répondre à Electra Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>