La bénédiction inattendue – Yoko Ogawa

Yogo OGAWA - La bénédiction inattendue - Babel

Entre recueil de nouvelles et recueil de récits, Yogo Ogowa s’interroge sur l’écriture, la création, sur l’inspiration littéraire, dans de petits textes qui paraissent en partie autobiographique, tout en restant totalement insolites.

L’insolite et l’étrange, c’est la marque de fabrique de Yoko Ogowa. Avec elle, on hésite souvent à trancher entre le bizarre, l’imaginaire, la réalité déformée ou la chute dans la folie ou l’onirisme.

Les mêmes questions se posent ici, d’autant plus que la narratrice semble prendre souvent les traits de Yogo Ogawa elle-même. Elle est d’abord enceinte, puis mère d’un bébé, et vit avec un chien Appolo. Mais finalement, qu’importe, autobiographie en partie ou fiction pure, la magie opère.

Ces nouvelles tiennent par plusieurs fils, celui du temps qui passe, celui des rencontres inattendues (avec un admirateur excessif dans Edelweiss, un homme dans une voiture dans Lithiase lacrymale, un homme au panier de fruits dans Atelier d’horlogerie…)

Il se mêle toujours un mélange de poésie, un sentiment fort de solitude, des questions existentielles, et de très jolies formules, des phrases étonnantes, des tournures qui s’envolent et surprennent. Mais aussi, en contrepoint, beaucoup de choses grinçantes surgissent.

Un style qui flirte avec le fantastique, où le monde ne semble pas toujours tourner bien rond, où de petites choses malsaines s’insèrent à droite, à gauche, pour nous faire douter, nous emporter toujours très loin.

Un très joli recueil de nouvelles, à découvrir aux côtés également du splendide La Mer.

Les nouvelles du recueil sont :
- Le Royaume des disparus
- Plagiat
- L’echec de Mademoiselle Kiriko
- Edelweiss
- Lithiase lacrymale
- L’Atelier d’horlogerie
- Résurrection


Les premières lignes :
(de Royaume des disparus)

En pleine nuit, lorsque je suis en train d’écrire mes romans dans ma chambre qui est aussi mon bureau, il m’arrive parfois de me trouver incroyablement arrogante, stupide et ridicule.

La présentation des éditions Actes Sud :

De la fascination d’une convalescente pour le destin d’un petit champion de natation à l’erreur d’une romancière se présentant spontanément à son lecteur ; des écrits d’une enfant solitaire à l’inquiétude d’une mère pour un chien aux yeux tristes ; de l’empreinte délicate d’une aile de papillon à la réminiscence d’un sentiment perdu : ce livre est un véritable miroir de l’œuvre de Yoko Ogawa. Sept récits, sept révélations subtiles, comme autant de voiles à soulever pour atteindre les rivages de l’imaginaire.


Yoko OGAWA
La bénédiction inattendue
Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle
Actes Sud, avril 2007, 197 pages.
Babel, mars 2012, 192 pages

4 réflexions au sujet de « La bénédiction inattendue – Yoko Ogawa »

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