L’homme inquiet – Henning Mankell

Henning Mankell - L'homme inquiet - Points

Dans ce dernier livre de la série du commissaire, Kurt Wallander va cette fois-ci enquêter dans la sphère familiale. Le beau-père de sa fille Linda a disparu. Cette disparition va l’entraîner dans le monde des sous-marins, de la Guerre froide et de ses souvenirs.

Outre l’enquête elle-même, ce dernier roman est énormément centré sur la personne de Kurt Wallander lui-même, sa solitude, ses faiblesses, les signes avancées de la vieillesse et des maladies qui l’accompagnent et, bien sûr, les relations avec sa fille.

Il habite désormais à la campagne et a trouvé la maison qu’il cherchait (et dont il parlait dans une main encombrante), mais sa solitude lui joue des tours. Les problèmes de mémoire sont présents, tout comme la nostalgie et la tristesse qui accompagnent le constat que la vie suit son cours et que les générations se renouvellent.

Le thème du temps qui passe englobe en effet tout le livre d’une douce ambiance lente et mélancolique, que l’on ressent aussi bien dans ses relations avec sa fille, ses collègues et les personnes qu’il va rencontrer, que dans chaque réflexion individuelle. Son enquête renvoie également au passé : au passé personnel de son beau-père, au passé collectif politique lié à la guerre froide et aux relations internationales, mais aussi à son propre passé.

Pas de courses poursuites ici, ni de suspens haletant et terrifiant. Kurt Wallander n’a vraiment plus 20 ans. Pourtant, la magie opère quand même, les effets de surprise ne sont pas uniques, mais ils s’installent à la manière d’un commissaire vieillissant, de façon calme et implacable. Cela n’empêche nullement la grande densité de ce livre, le développement d’histoires parallèles réussies et finalement, derrière une enquête personnelle car familiale, c’est surtout une enquête personnelle car introspective qui domine ici.

Le dernier livre de la série du commissaire Walander dégage réellement une forte ambiance nostalgique et conclut admirablement la série des enquêtes de Kurt Wallander. Il est bien sûr difficile de ne pas faire le lien entre la fin de la série Kurt Wallander et celle de son auteur et créateur, Henning Mankell, décédé le 5 octobre 2015.

Les premières lignes de L’homme inquiet :
(Si vous voulez lire le chapitre 1)

L’histoire débute par un accès de rage.
Un grand silence matinal régnait dans l’immeuble du gouvernement juste avant cet éclat – provoqué par un rapport remis la veille au soir et que le Premier ministre lisait à présent dans son bureau.
C’était le début du printemps 1983, Stockholm ; une brume poisseuse plombait la ville et les arbres n’avaient pas encore commencé à bourgeonner.

La 4e de couverture des éditions du Point :
(ou présentation légèrement différente sur le site Points)

La mécanique du commissaire Wallander, soixante ans depuis peu, semble grippée. Il oublie son arme dans un restaurant et risque la suspension. Des choses lui échappent … Il ne comprend pas pourquoi le beau-père de sa fille lui confie une vieille histoire de sous-marins russes repérés dans les eaux suédoises il y a bien longtemps … Mais quand ce dernier disparait, il doit se résoudre à agir.

challenge-un-pave-par-moisHenning MANKELL
L’Homme inquiet
Traduit du suédois par Anna Gibson
Seuil, octobre 2010, 560 pages
Points, janvier 2012, 594 pages
VO : 2009, Den orolige mannen

20 réflexions au sujet de « L’homme inquiet – Henning Mankell »

  1. Mouais… Je t’avoue que ton billet, même enthousiaste, me fait un peu peur. Je viens de finir Les chaussures italiennes que j’ai trouvé beaucoup trop lent et mélancolique justement. Je n’ai du coup pas réussi à accrocher.
    Je pensais me tourner vers les Wallander pour me redonner une chance avec cet auteur mais si même dans ses romans policiers, on retrouve cette atmosphère… J’hésite du coup. Est-ce que Mankell n’est tout simplement pas fait pour moi?

    • Le dernier Mankell est assez particulier par rapport aux autres. Cette mélancolie de L’homme inquiet est exactement ce que j’avais adoré dans les chaussures italiennes. Je comprends que tu n’accroches pas, mais c’est vraiment ce que j’aime dans ces deux livres. Dans les autres livres de la série des Wallander, la mélancolie n’est pas autant présente, mais cela reste quand même une série dans laquelle le personnage est assez porté sur les réflexions personnelles et les relations humaines. Ces deux livres n’étant pas significatifs, tu peux essayer avec le premier de la série policière et si ça ne fonctionne pas, il te restera Erlendur ;-)

    • Oui, en fait, c’est une lecture un brin « revival » et en même temps mélancolique, qui va très bien je trouve pour renouer avec Henning Mankell si on connaît déjà le personnage de Kurt Wallander, et qui ne gêne pas je pense, si on le découvre.

    • Si tu veux commencer la série des Kurt Wallander, je te recommande le 1er de la série, Meurtriers sans visage, car les personnages évoluent avec leur vie personnelle, donc c’est vraiment mieux de les lire dans l’ordre.

      Sinon, hors Wallander, j’ai eu un méga gros coup de coeur pour Les Chaussures italiennes.

    • J’ai lu une interview où il disait en effet que KW vieillissait comme lui, mais qu’il était en réalité très loin du personnage. Je dois avouer que ça m’a fait bizarre, j’identifiais beaucoup l’auteur et son héros.

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