L’étrangleur de Cater Street – Anne Perry

Anne Perry - L'étrangleur de Cater Street - Tome 1 - Grands Détectives 10:18

Série Charlotte Ellison et Thomas Pitt Tome 1.

Une jeune femme est retrouvée assassinée dans Cater Street, la rue dans laquelle habite la famille Ellison. C’est la stupéfaction et la découverte pour Charlotte Ellison d’une enquête criminelle, qui va conditionner sa vie future, un plus d’une trentaine d’aventures à venir.

Dans cette enquête qui met en scène pour la première fois la jeune Charlotte Ellison et l’inspecteur Thomas Pitt, plusieurs éléments donnent rapidement envie de se plonger dans l’intrigue sans s’arrêter.

D’abord, l’ambiance de la société anglaise victorienne du 19e siècle. Huppée et empêtrée dans ses codes sociaux, la suprématie masculine et paternelle domine, tout comme la sur-protection des femmes, bien trop fragiles, faibles et sans cervelle, rend à merveille et avec un léger trait d’humour cette période lointaine et décalée, empreinte du mystère de ce siècle anglais passé.

L’unicité du caractère de Charlotte en ressort de manière d’autant plus spécifique, et c’est vraiment ce caractère « rebelle » qui m’a beaucoup plu. Son ouverture d’esprit, sa fraîcheur, sa naïveté associée à une profonde curiosité et une intelligente logique, la rendre particulièrement attachante et touchante. Sans compter la découverte de sa sensibilité féminine au charme masculin, loin des règles apprises, qui se fait sans mièvrerie et qui rajoute à la sympathie déjà éprouvée pour cette courageuse héroïne.

Et ce n’est pas tout. Les autres personnages sont aussi bien campés, notamment celui de l’inspecteur Thomas Pitt, calme et bienveillant, professionnel et attentif qui, sous des abords populaires (aux yeux de la famille Ellison) se révèle de grande finesse d’esprit.

De plus, l’intrigue elle-même tient la route, et ça, ce n’était pas évident. S’agissant d’un livre de 1979, je craignais une enquête sans saveur. Ce n’est pas le cas, grâce à de petits twists inattendus et au concept même du « successeur » de Jack L’éventreur, faisant de chaque sortie rue Cater Street un moment d’inquiétude. La tension est présente, les pages se tournent avec envie et le dénouement a réussi à me laisser sans voix.

Enfin, Anne Perry nous sert le tout dans un style fluide, ni trop littéraire, ni trop peu, qui a le mérite de ne pas paraître démodé. Mais pourquoi ai-je attendu aussi longtemps avant de découvrir Anne Perry ?


Les premières lignes :

Charlotte Ellison se tenait au milieu du salon désert, le journal à la main. Son père avait commis l’imprudence de le laisser traîner sur la desserte. Il désapprouvait ce genre de lecture, préférant lui fournir des informations qui lui semblaient mieux convenir à l’éducation d’une jeune fille.

La présentation des éditions 10/18 :

Suffragette avant l’heure, la téméraire Charlotte Ellison n’aime ni l’étiquette ni le badinage des jeunes filles bien nées. Dévorant en cachette les faits-divers des journaux, sa curiosité la mêlera à une affaire des plus périlleuses, aux côtés du séduisant inspecteur Pitt de Scotland Yard. Dans le Londres des années 1880, le danger guette et les femmes en sont souvent la proie…

Sherlock Holmes en jupons, la divine Charlotte dénoue son premier crime et inaugure une longue série d’enquêtes haletantes, dévoilant une Angleterre victorienne pleine de secrets.


Anne PERRY
L’étrangleur de Cater Street
Traduit de l’anglais par Annie Hamel et Roxane Azimi
10/18, 1997, 384 p.
VO : 1979, The Cater Street Hangman

26 réflexions au sujet de « L’étrangleur de Cater Street – Anne Perry »

  1. J’aime beaucoup cette série de Anne Perry même si ma préférence va à ses autres séries : Monk (époque victorienne également) et les Reavley (première guerre mondiale).

    • Ah bien zut alors, je n’aurais pas commencé par la bonne alors ;-) Je note aussi celle sur la première guerre mondiale aussi, car je vais poursuivre ma découverte de l’auteure. Merci.

  2. Certains aspects de ce roman m’ont agacée, mais en même temps j’ai apprécié l’univers, ce Londres du 19e froid et brumeux, je pense que je laisserai sa chance à Anne Perry avec le tome suivant.

    • Il a un côté tellement « old fashion », avec une morale vraiment dépassée (notamment sur la condition féminine et la toute puissance masculine) que certaines remarques sont agaçantes (enfin, je ne sais pas si tu parles de ça), mais j’ai trouvé que ça fonctionnait bien justement, tout comme cette naïveté parfois tellement exacerbée qu’on a envie de secouer tout ce petit monde ;-)

    • J’ai l’intention de les lire dans l’ordre aujourd’hui, mais je me connais, je risque fortement de ne pas suivre la série et de piocher au hasard de ce qui me tombe sous la main.

  3. jamais lu cette auteure, pourtant prolifique et que l’on voit partout!
    j’avais été interloquée quand j’ai découvert qu’Anne Perry fut l’adolescente meurtrière qui est jouée par Kate Winslet dans « Créatures Célestes » !?!

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