L’art de perdre – Alice Zeniter

Alice Zeniter - L'art de perdre - Flammarion Coup de coeur !

Le magnifique L’Art de perdre d’Alice Zeniter est l’un des livres les plus marquants de la rentrée littéraire de l’été 2017. C’est un roman puissant, profond, juste, touchant sur l’identité, sur la filiation, sur tellement de choses. A ne manquer sous aucun prétexte.

Il faut un sacré talent pour réussir la prouesse d’écrire un roman familial, sur trois générations et plus de 500 pages, dans une langue superbe, poétique, douce et saisissante, sans ennuyer une seule seconde son lecteur.

Alice Zeniter raconte l’histoire d’une famille, d’un déracinement, du grand-père de Naïma, du père de Naïma, pour arriver à celle bien sûr de Naïma, française, qui s’interroge sur sa filiation, son identité, sur ses origines.

On suppose qu’Alice Zeniter puise dans sa propre histoire, au moins en partie, pour raconter L’art de perdre avec autant de tendresse et en restant en permanence si proche de ses personnages. Ils sont crédibles, humains, sensibles, les hommes comme les femmes, toutes les générations, les paysages sont décrits avec beaucoup de réalisme, c’est visuel et tactile, on sent les odeurs, on voit l’Algérie et la France, les arbres, les terrains, les oiseaux, les camps, les HLM. On s’interroge sur le sens des phrases, des mots, pieds-noirs, harkis, musulmans, algériens, arabes. Tout est profondément juste.

Sans oublier les pensées des uns et des autres, leurs doutes, leurs inquiétudes, leurs incompréhensions. La psychologie des héros de cette merveilleuse histoire est d’une acuité époustouflante, Alice Zeniter touche finement, mèle avec un équilibre parfait la petite et la grande Histoire, le mythe et la réalité, la France et l’Algérie, s’interroge sur les fantasmes, raconte l’importance des rencontres, des croyances, des espoirs.

C’est un livre absolument magistral, d’une rare densité avec une écriture splendide, fluide et aérienne, et il faut saluer les lycéens d’avoir distingué et mis en avant cette auteure plus que talentueuse. Bref, totalement scotchée et épatée par ce roman.

Lecture commune dont je partage l’enthousiasme avec Béa Comète.

Prix littéraire :
Prix Goncourt des lycéens 2017
Prix Littéraire Le Monde 2017
Prix des libraires de Nancy / Le Point 2017
Sélection Goncourt 2017
Sélection Prix Femina 2017
Sélection Prix Renaudot 2017
Sélection Grand Prix du Roman de l’Académie française 2017
Sélection Prix du Roman Fnac 2017


Les premières lignes :
(Lire un extrait plus long – 50 premières pages)

Depuis quelques années, Naïma expérimente un nouveau type de détresse : celui qui vient désormais de façon systématique avec les gueules de bois. Il ne s’agit pas simplement d’un mal de crâne, d’une bouche pâteuse ou d’un ventre tordu et inopérant.

La présentation des éditions Flammarion :

L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.


Alice ZENITER
L’art de perdre
Flammarion, Août 2017, 512 pages

13 réflexions au sujet de « L’art de perdre – Alice Zeniter »

  1. « Il faut un sacré talent pour réussir la prouesse d’écrire un roman familial, sur trois générations et plus de 500 pages, dans une langue superbe, poétique, douce et saisissante, sans ennuyer une seule seconde son lecteur. » après ça on est forcé de le lire non? très beau billet, mais j’étais déjà convaincue par Eva :)

  2. La première phrase donne envie de lire le reste ! Je ne m’intéresse pas trop à la rentrée littéraire car je sais que je ne pourrai m’en offrir aucun. Mais j’attendrais sa sortie poche avec impatience.

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