Le jour avant le bonheur – Erri de Luca

De Luca - Le jour avant le bonheur - Folio

Un petit chef d’œuvre absolument sublime.

Au début, c’est un petit garçon, avec toute la force de son courage d’enfant, qui va grimper sur un balcon pour récupérer un ballon. S’il aimerait ainsi se faire accepter des « grands » de 9/10 ans, il souhaite surtout se faire remarquer par la jeune fille mystérieuse à la fenêtre.

Par cet acte de bravoure enfantin, qui se déroule à Naples, après-guerre, débute l’itinéraire de ce futur adolescent. 

La relation père-fils entre le jeune homme et son père d’adoption, Don Gaetano, est l’un des points clés du roman.

Erri de Luca réussit l’exploit de transposer la force des sentiments entre ces deux hommes, sans les décrire, ni par des mots ou des actions. Au contraire, c’est par le poids des silences et de petits gestes que l’on ressent de manière pesante cet amour filial inconditionnel.

C’est l’héritage du passé et de l’expérience que Don Gaetano, orphelin également, transmet au jeune homme. Il ne lui apprendra pas le besoin de se cacher lorsqu’on est juif, mais l’importance de l’honneur lorsqu’on est un homme, quitte à le sauvegarder dans le sang.

Par un style aérien d’une grande poésie, la puissance des relations humaines est transmise page après page, comme la chaleur écrasante du Sud de l’Italie et de ses volcans. Un livre pudique, d’une intensité poétique profonde et magique.

Les premières lignes du roman Le jour avant le bonheur :

« Je découvris la cachette parce que le ballon était tombé dedans. Derrière la niche de la statue, dans la cour de l’immeuble, se trouvait une trappe recouverte de deux petites planches en bois. Je vis qu’elles bougeaient en posant les pieds dessus. J’eus peur, je récupérai la balle et sortis en me faufilant entre les jambes de la statue ».

De Luca - Le jour avant le bonheur - GallimardLa présentation Gallimard du roman Le jour avant le bonheur (4e de couverture) :

« Nous sommes à Naples, dans l’immédiat après-guerre. Un jeune orphelin, qui deviendra plus tard le narrateur de ce livre, vit sous la protection du concierge, don Gaetano. Ce dernier est un homme généreux et très attaché au bien-être du petit garçon, puis de l’adolescent. Il passe du temps avec lui, pour parler des années de guerre et de la libération de la ville par les Napolitains ou pour lui apprendre à jouer aux cartes. Il lui montre comment se rendre utile en effectuant de menus travaux et, d’une certaine façon, il l’initie à la sexualité en l’envoyant un soir chez une veuve habitant dans leur immeuble. Mais don Gaetano possède un autre don : il lit dans les pensées des gens, et il sait par conséquent que son jeune protégé reste hanté par l’image d’une jeune fille entraperçue un jour derrière une vitre, par hasard, lors d’une partie de football dans la cour de l’immeuble. Quand la jeune fille revient des années plus tard, le narrateur aura plus que jamais besoin de l’aide de don Gaetano… »

Erri DE LUCA, Le jour avant le bonheur
Traduit de l’italien par Danièle Valin
Parution : Mai 2010 – Gallimard / Janvier 2012 – Folio n°5362
Original : 2009, Il giorno prima della felicità

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