Il pleuvait des oiseaux – Jocelyne Saucier

Jocelyne Saucier - Il pleuvait des oiseaux - Folio

Trois hommes âgés ont choisi leur façon de vieillir, loin de la vie sociale, en s’installant dans des cabanes dans la forêt canadienne, pour être seuls, se retrouver au coeur de la vie, de la nature et des grands espaces. Mais l’arrivée d’une journaliste va venir modifier le petit train train et les secrets établis.

Livre de la catégorie « feel good book », léger, à l’écriture fluide et facile, tout en étant bien écrit, les trois amis octogénaires, Ted, Charlie et Tom, ont des accents de Vieux fourneaux à la sauce Lupano, en plus taiseux et moins vulgaires.

Ils sont attachants avec leur habitudes, leurs caractères solitaires et bourrus, et leurs airs faussement détachés qui dégagent en réalité une grande sensibilité.

Ce roman m’a surtout intéressée lorsque la journaliste évoque un épisode de l’histoire du Canada, les Grands Feux qui ont détruits le nord de l’Ontario dans les années 1910, raison de sa présence sur les lieux. Pour le reste, c’est une lecture de détente, avec la bienveillance des rencontres amicales, une histoire d’amour, de l’émotion, le jeu vibrant sur les cordes sensibles, tout ce que doit contenir un livre qui fait du bien avec de bons sentiments. Il s’agit d’un joli conte canadien.

Ceci étant, pour les lecteurs et lectrices peu adeptes d’histoires trop sucrées – dont je suis – ce livre risque d’être une surdose de glucose aux décorations édulcorées. Malgré une jolie écriture qui mérite d’être découverte et les qualités narratives de Jocelyne Saucier (qui a fait des études de journaliste et a déjà publié trois romans avant celui-ci), il m’aurait fallu plus de sel et de poivre pour réellement apprécier la gentille saveur de ce livre, et éviter quelques pointes d’ennui.

Les avis plus enthousiastes d’Enna, Sylire, Eva, Sandrine et Hélène.


Les premières lignes d’Il pleuvait des oiseaux :
(Lire un extrait plus long)

Où il sera question de grands disparus, d’un pacte de mort qui donne son sel à la vie, du puissant appel de la forêt et de l’amour qui donne aussi son prix à la vie. L’histoire est peu probable, mais puisqu’il y a eu des témoins, il ne faut pas refuser d’y croire.

La 4e de couverture d’Il pleuvait des oiseaux des éditions Folio :
(voir sur le site Gallimard)

Trois octogénaires épris de liberté vivent selon leur propre loi en forêt profonde dans le nord de l’Ontario. Non loin de là, deux hommes, l’un gardien d’un hôtel fantôme et l’autre planteur de marijuana, veillent sur l’ermitage des vieillards. Leur vie d’hommes libres et solitaires sera perturbée par l’arrivée de deux femmes. D’abord une photographe en quête du dernier survivant des grands feux qui ont ravagé la région au début du XXe siècle. Piuis une deuxième visiteuse, très vieille celle-là, Marie-Desneige, un être aérien et lumineux qui détient le secret des amours impossibles. La vie ne sera plus la même à l’ermitage.

Il pleuvait des oiseaux est un superbe récit qui nous entraîne au plus profond des forêts canadiennes, où le mot liberté prend tout son sens. L’émotion, brute et vive, jaillit à chaque page.


Challenge Petit Bac 2016Jocelyne SAUCIER
Il pleuvait des oiseaux
Folio, janvier 2015, 224 pages
Denoël, août 2013, 208 pages.

26 réflexions au sujet de « Il pleuvait des oiseaux – Jocelyne Saucier »

  1. Alors là ! quel étonnement de te voir écrire ce billet très sévère, ce que tu fais rarement, en plus !
    ça me fait un peu mal de te voir affubler ce volume de cette catégorisation « feel good book » bien péjorative tout de même…
    Bon , on est d’accord, une lecture c’est une rencontre, qui se fait…ou pas !
    L’auteur était à « America », elle était intéressante à écouter ; si le bouquin a un côté « conte » assez évident, j’ai trouvé que tout cela fonctionnait très bien ; et puis en effet passionnant les passages sur les Grands Feux !

    • Je ne trouve pas qu’il soit très sévère, je n’ai pas détesté ce livre ;-)
      Pour moi « feel good book » n’a rien de péjoratif, et je recherche d’ailleurs parfois ce style de lecture détente, qui te fait sentir de bonne humeur et heureux de vivre. Et j’ai éprouvé ce sentiment lors de cette lecture. Mais c’est vrai que je me suis aussi un peu ennuyée.

      • Euh…détente , la fin de vie, la vieillesse , les internements abusifs ?… L’auteur choisit de ne pas s’appesantir et de ne pas charger le lecteur de pathos, certes , mais ses thèmes sont tout sauf cotillon !

  2. Ah tiens je ne l’aurais vraiment pas classé dans les feel good, un excellent roman pour moi, qui invite à la réflexion sur l’acceptation de l’autre, la tolérance et la memoire :-)

    • A force de lire tous vos avis, je me dis que je ne devais pas être dans le bon état d’esprit quand j’ai lu ce livre, dont je reconnais toutes les qualités littéraires, mais je ne peux que constater que le sujet et son traitement ne m’ont pas touchée.

  3. J’ai beaucoup aimé aussi et pourtant j’ai la dent dure contre les romans gentillets. Je ne l’ai pas perçu ainsi. C’est un conte, certes, mais avec une vraie réflexion derrière (enfin, selon moi…). Pour une fois, nous ne sommes pas d’accord !

    • C’est tellement rare que nos goûts divergent, mais je suis quand même d’accord avec toi en partie, c’est un livre qui permet la réflexion sur notre société, mais en effet, j’ai un peu trop ressenti un côté gentillet.

  4. Je crois qu’une partie se déroule en Abitibi du coup ça m’attirait parce que j’y suis allée il y a six ans, mais en fait à lire les quelques billets sur ce roman ça ne me tente plus trop!

  5. Bonjour,
    Je garde pour ma part un excellent souvenir de cette lecture !
    J’avais beaucoup aimé la façon dont l’auteure décrivait ses personnages et la nature canadienne, si puissante, enchanteresse… Bref, c’était un superbe cadeau ;-)
    Les héritiers de la mine, moins fort, selon moi, reste cependant un très bon souvenir également. Une auteure que j’apprécie.

    • Bonsoir,
      J’ai l’impression en effet que les avis sur ce livre étaient plutôt enthousiastes. Il faut bien toujours le vilain petit canard ;-)
      C’était une première découverte de cette auteure, que je ne connaissais pas du tout. Par goût, je préfère en général les histoires plus noires, on ne se refait pas ;-)

  6. Je te trouve un peu dure.
    J’ai été envoutée par ce récit original et tendre. Une fois de plus, ce roman québécois est un coup de cœur. Il y a dans ces romans, une tendresse, une pudeur, une émotion que l’on trouve rarement dans notre littérature. Comme si nos cousins d’Outre Atlantique avaient gardé une âme pure, un regard bienveillant qui permet de s’émouvoir et de s’enthousiasmer devant des plaisirs simples, des petits bonheurs de vivre.

    • Oui, tu as raison, je suis sûrement un peu trop dure.
      Je comprends très bien que ce roman plaise et même soit un coup de coeur. Il a des qualités. J’aurais tellement aimé être plus touchée. Alors que j’ai une tendance forte à l’hypersensibilité et la larme très facile, je suis restée assez extérieure de ce récit. J’ai eu le sentiment que c’était « trop », il a manqué pour moi la sincérité et la justesse – que je n’ai pas ressenties – qui fait qu’un texte me prend aux tripes ou m’en éloigne.

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