Un hiver à Paris – Jean-Philippe Blondel

Jean-Philippe BLONDEL - Un hiver à Paris - Buchet Chastel (Avis de Valérie)

J’ai ressenti un manque, le manque de ce qui n’avait pas eu lieu. C’était une bien étrange façon d’entamer une nouvelle année.

Disons-le tout de suite, je n’avais pas très envie de relire un Blondel. J’avais parcouru G229 et j’avais aimé la tendresse qui se dégageait de ce roman qui n’en était pas vraiment un pour moi. C’était comme lire un compte-rendu de ma vie professionnelle, je n’y voyais pas un grand intérêt. L’action d’Un hiver à Paris se situe à nouveau dans une école, dans une classe préparatoire littéraire pour être exacte et je suis peu friande des romans qui prennent racine dans le milieu scolaire. Mais mon amie Nathalie en a fait un coup de cœur et m’a donc envie de le lire.
Victor est un provincial monté à Paris pour suivre une prépa littéraire. Il peine à suivre la cadence en première année mais il est travailleur et finit douzième, ce qui lui permet de faire partie des douze à passer dans la classe supérieure. En khâgne, il remarque Mathieu qui lui arrive en hypokhâgne. Mathieu lui ressemble, il est à part, ne parvient non plus à entrer dans le cercle des parisiens. Un jour, Mathieu sort furieux d’un cours et se jette dans le vide. Toute l’attention et la commisération des autres se referment sur lui qu’ils croient être l’ami du défunt. Victor ne les détrompe pas et profite de son nouveau statut.
Il m’a fallu un peu de temps pour entrer dans ce roman, et pour en apprécier la petite musique nostalgique. Mais il m’a finalement beaucoup plu. D’abord parce que Victor, le narrateur, pratique l’autocritique et s’il profite de la situation, il le fait avec une bonne dose d’autodérision. Il y a aussi ces scènes qui font mouche, qui font vraies, celle entre Victor et sa prof d’anglais par exemple. Blondel y met les détails nécessaires en oubliant le superflu pour que le lecteur perçoive la réalité de ses scènes. Blondel nous fait réfléchir sur des évidences auxquelles on n’a pas toujours eu le bon sens de consacrer du temps, comme cette idée que les parents se mobilisent peu pour dénoncer les exagérations des enseignants en études supérieures.
Et puis surtout, il y a toutes ces phrases qu’on peut réutiliser hors contexte et qu’on a irrésistiblement envie de noter. Et il y a les dernières pages sur l’écriture, très belles.

Merci à mon amie Nathalie pour le prêt de ce roman. Publié en janvier 2015- 272 p.

4 coeursChallenge rentrée d'hiver 2015

11 réflexions au sujet de « Un hiver à Paris – Jean-Philippe Blondel »

  1. Je suis une fervente lectrice de Jean Philippe Blondel et, une fois encore, ce titre a fait mouche ! J’aime la plume de Blondel, sa sensibilité, le regard affuté qu’il porte sur les individus et le monde.

  2. Tout le monde est enthousiasmé par le dernier JP Blondel. J’avais beaucoup aimé son roman précédent. Le sujet de celui-ci me semblait un peu rabattu mais devant tant d’éloges, il faudra bien que je m’incline !

  3. j’ai aime ce livre qui décrit la pression qui existe dans certaines études supérieures et les différences entre les étudiants ( origines sociales, caractère). Je trouve qu’il dépeint très bien ce qu’un étudiant peut ressentir…

  4. Je l’ai beaucoup aimé, je trouve justement que Blondel parle toujours avec justesse sur le monde de l’éducation, et que contrairement à d’autres il ne s’étale pas sur des platitudes et lieux communs.

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