Histoire d’Irène – Erri de Luca

Erri de Luca - Histoire d'Irène - Gallimard

L’Histoire d’Irène regroupe trois nouvelles assez différentes, Histoire d’Irène, Le ciel dans une étable et Une chose très stupide, mais qui évoquent toutes d’une certaine manière une rencontre.

L’histoire d’Irène, la première nouvelle et la plus longue, c’est le conte un peu fantastique d’une rencontre. Celle de deux musiciens, de deux solitudes. Celle du narrateur et de cette jeune fille secrète, enceinte, dont l’identité du père est ignorée par tous. Il l’a fait rire, elle devient elle-même au côté de cet étranger, de la mer qui les entoure, du ciel qui les regarde, et se permet quelques confidences. Lors d’une nuit sans lune, après avoir nagé, elle lui racontera à sa manière son histoire.

La deuxième nouvelle sera celle d’une traversée en bateau, d’une fuite pendant la 2e guerre mondiale, d’une rencontre entre des hommes, alors que la troisième évoquera la vieillesse et la rencontre cette fois-ci de l’homme face à sa mort.

Pour la première fois, j’ai eu du mal à entrer dans les textes d’Erri de Luca. Je suis très restée extérieure, comme si ces histoires ne m’étaient pas accessibles. Les personnages ne m’ont pas touchés, ni leurs aventures, et pourtant, je voulais vraiment être enthousiaste. Mais la lecture a manqué de fluidité et chaque texte m’a semblé manquer de naturel, comme s’ils étaient trop travaillés, trop artificiels. La surenchère dans les images, le lyrisme et la poésie des phrases et des mots ont réduit à néant toute ma bonne volonté.

Je n’ai réussi à me rapprocher de la première nouvelle qu’à partir du moment où je l’ai lu comme un poème, en acceptant l’idée de phrases oniriques et aériennes, de propos mystiques et mélancoliques un peu forcés. Son côté irréel m’a alors semblé plus accessible, mais l’accès est resté néanmoins superficiel. Les deux nouvelles suivantes, plus réalistes, ont récupéré l’impression ennuyeuse et inaccessible ressentie avec la première histoire.

C’est dommage, et je dois avouer avoir largement préféré La parole contraire, Le jour avant le bonheur ou Le tort du soldat entre autres.

Lire l’avis de Myriam, qui est restée aussi sur sa faim avec la première nouvelle.

Les premières lignes d’Histoire d’Irène :
(ou lire un extrait plus long)

Irène a des yeux ronds de poisson, d’oiseau, de mammifère. Pas une trace de pli, même dans le sourire.
Elle est orpheline, elle a quatorze ans et va bientôt accoucher.

La 4e de couverture des éditions Gallimard :

«Toutes les nuits, Irène rejoint la famille des dauphins, onze avec elle, guidés par une femelle adulte.
Elle vide pour eux les filets sans les couper, elle descend sur le fond et détache des hameçons les anchois et les morceaux de calamars, elle ouvre les nasses.
Avec son couteau italien, elle libère et sauve les siens empêtrés dans les filets.
Elle reste avec eux jusqu’à la fin de la nuit. Elle a le même âge que deux des dauphins, une femelle et un mâle.
Ils ont grandi ensemble, ils ont exploré les jeux jusqu’à la venue de la maturité.»

Dans une langue épurée et puissante, Erri De Luca nous offre ici l’histoire d’une jeune femme vivant sur une île grecque qui passe ses nuits à nager avec les dauphins. Ce texte est accompagné de deux autres courts récits, «Le ciel dans une étable» et «Une chose très stupide».

Le mois italienErri de LUCA
Histoire d’Irène
Traduit de l’italien par Danièle Valin
Gallimard, avril 2015, 128 pages
VO : Storia di Irene

14 réflexions au sujet de « Histoire d’Irène – Erri de Luca »

    • C’est étrange d’ailleurs de voir que ça ne passe pas. J’ai l’impression qu’il a besoin de plus de pages pour poser son ambiance et camper ses personnages, comme si la forme courte l’empêche d’exploiter au mieux ses qualités.

  1. Zut ! C’est vraiment dommage que tu n’aies pas accroché. Ta présentation des nouvelles me faisait pourtant très envie, les relations entre les personnages semblaient très intéressantes.

    • Les idées sont intéressantes en effet, mais je n’ai pas été touchée par ces nouvelles. J’ai même fait plusieurs tentatives, car elles sont très courtes. Ca n’a pas fonctionné. Je ne sais pas, peut-être que ce n’était pas le bon moment …

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