Green River – Tim Willocks

Willocks - Green River - PocketWillocks - Green River - Sonatine Coup de coeur !

Un huis clos dans une prison texane totalement époustouflant : l’odeur est insoutenable, la violence est permanente, les mots sont tranchants, la survie est l’objectif de chaque instant. Ames sensibles s’abstenir !

Dès les premières pages, le lecteur entre dans ce pénitencier de haute sécurité et va côtoyer les condamnés les plus dangereux, les plus tordus, les plus violents. La plupart n’en sortiront jamais. Dans cette micro société carcérale, les règles ne sont plus les mêmes. Les hommes sont obsédés par le sexe, le viol est partout. La puanteur domine en maître. Chaque mot peut vous faire perdre un oeil, un bras, la vie. La peur est latente, la mort est présente. C’est sanglant. C’est l’horreur.

Et le directeur de la prison, qui n’a pas toute sa tête, décide de fermer un Bloc de la prison, pour volontairement créer une émeute raciale. Il aura son émeute. Les lames vont apparaître, le feu va brûler, les hurlements vont surgir, les os vont craquer. Bienvenu à Green River.

Ce thriller est étincelant, si un tel mot peut être utilisé pour un univers si noir. Malgré la misère et le désespoir qui traverse chaque ligne, Tim Willocks réussit avec brio à passionner avec cet univers dépravé, et à dépeindre des caractères touchants.

Le lecteur ne pourra que se retrouver, malgré lui, à éprouver de la sympathie pour Claude, contraint de devenir Claudine, de l’admiration pour Coley et Wilson, de la terreur devant Agry, ou de l’inquiétude pour Devlin. Les personnages semblent réels, leurs pensées et leurs actions sont décortiquées au scalpel, ils sont transparents, touchants ou détestables.

Tim Willocks manie les mots avec une main de maître. C’est tellement réaliste que l’impression donnée n’est pas la narration d’une fiction, mais le témoignage de ce que Tim Willocks a lui-même vécu au coeur même de ce pénitencier, avec des personnages réels. C’est haletant, on en a littéralement le souffle coupé. Fan-tas-tisque.

A noter que ce livre est d’abord paru en France sous le titre l’Odeur de la haine (Plon) et qu’il a été publié à nouveau par Sonatine : félicitations pour ce choix, une nouvelle fois, très judicieux.

Si vous hésitez, les premières lignes de Green River :

« Imaginez l’obscurité, si vous voulez, et dans cette obscurité des barreaux d’acier incrustés par la rouille et la crasse d’une éternité. Les barreaux sont scellés dans des blocs de granit aussi antiques que les collines où le temps les a forgés, et au-dessus, empilés et maçonnés, il y a encore trente mètres et plus de ce granit, bloc sur bloc ».

Si vous hésitez encore, la présentation éditeur :

« Dans la lignée de « OZ », le chef-d’œuvre du thriller carcéral, par l’auteur de « La Religion ». Green River, pénitencier de sécurité maximale au Texas. Un véritable enfer dans lequel, entre tensions raciales et violences quotidiennes, vivent cinq cent âmes perdues. Un univers sans pitié où le silence n’existe pas, l’obscurité non plus. C’est là que Ray Klein, ancien médecin, purge sa peine, en travaillant à l’infirmerie. Alors que sa libération approche, une émeute éclate dans la prison. Au milieu du chaos et de l’anarchie, Ray, qui est tombé amoureux de Juliette Devlin, psychiatre judiciaire, va tout mettre en œuvre pour la sauver alors qu’elle est séquestrée avec ses patients dans l’infirmerie. Avec ce huis clos impitoyable peuplé de figures effrayantes, depuis John Campbell Hobbes, directeur de prison jusqu’à Henry Abbott, meurtrier schizophrène, Tim Willocks nous offre un portrait terrifiant de la vie carcérale. Il nous donne surtout un thriller prodigieux, au rythme haletant et au suspens oppressant. »

Tim Willocks, Green River
Traduit de l’anglais par Pierre Grandjouan
Parution : Avril 2010 – Sonatine / Mars 2013 – Pocket n°14530
Version originale : 1994, Green River Rising

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(Dernière mise à jour : 12/07/2014)

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