La grâce des brigands – Véronique Ovaldé

Veronique Ovalde - La grace des brigands - L'Olivier

La grâce des brigands est un roman qui possède une coloration très particulière, entre le conte et la biographie onirique, une fable contemporaine d’Alice aux pays des merveilles, mais Alice s’appelle Maria Cristina Väätonen.

Maria Cristina Väätonen, qui pourrait prendre sa décapotable verte pour « remonter la nuit Mulholland Drive », est l’héroïne de ce roman singulier. La trentaine, elle habite Santa Monica, est écrivain avec une notoriété certaine depuis son premier roman autobiographique, « la Vilaine sœur ».

Le 12 juin 1989, sa mère – à qui elle n’a pas parlé depuis dix ans – l’appelle pour lui demander de revenir à Lapérouse : elle apprend alors que son unique sœur, Meena, a un fils Peeleete, dont elle ignorait l’existence.

Indécise, Maria Cristina Väätonen va d’abord prendre conseil auprès de son premier amour, Rafael Claramunt, qui vit avec Jean-Luc, son chat hommage au Mépris de Godard, puis auprès de sa meilleure amie Joanne, qui arrondit ses fins de mois en travaillant pour des messageries roses. On le comprendra très vite, les personnages possèdent tous des caractères aux originalités diverses. C’est alors que notre héroïne va se décider, prendre l’avion, et revenir sur son passé et son enfance.

La grâce des brigands va alors remonter dans les années 1950, faire entrer le lecteur dans la vie fantastique de la famille Väätonen-Richaumont, de la rencontre des parents aux évènements qui expliqueront la raison de cet appel téléphonique, la raison de cette absence de contact pendant dix ans, la raison tout simplement de qui est Maria Cristina Väätonen, comment est-elle devenue écrivain, comme est-elle devenue ce qu’elle est aujourd’hui.

La grâce des brigands est un mélange de personnages fantasques, qui ont tous un « petit grain », aucun ne semblant vraiment ancré dans la réalité. L’univers est extravagant et les situations enrobées d’un voile enfantin et fabuleux. Mais derrière cette apparente légèreté, qui est renforcée par le style aérien de Véronique Ovaldé, le lecteur se laissera guider dans une réflexion sur les rapports humains où la légèreté peut alors faire défaut, surtout lorsque la vie rattrape le rêve, avec ses nécessaires déconvenues, car la famille n’est pas toujours ce bonbon rose acidulé et les êtres humains ne sont pas tous des lutins joyeux.

C’est avec la dernière ligne que le lecteur comprendra que Véronique Ovaldé a choisi, avec les mots La grâce des brigands, un titre qui s’adapte à merveille à son histoire aux consonances parfois nordiques d’Arto Paasilinna.

Encensée par la critique de la rentrée littéraire 2013, le lecteur doit cependant être prêt à entrer dans ce monde unique, à l’orée du conte et de la réalité.

Prix Littéraires
Dans la 2e sélection du Prix Fémina 2013 ….
Entre le 8 octobre 2013 dans la 2e sélection du Prix Renaudot 2013

Les premières lignes de La grâce des brigands :

« Maria Cristina Väätonen, la vilaine sœur, adorait habiter à Santa Monica.
La première raison de cette inclination, celle qu’elle n’avouerait sans doute pas ou alors seulement sous forme de boutade, en riant très fort et très brièvement, c’est qu’elle avait la possibilité à tout moment de déguster des cocktails de crevettes et des glaces à la pastèque sur front de mer »

Pour la présentation éditeur : ICI

Véronique OVALDE, La grâce des brigands
Parution : Août 2013 aux éditions de L’Olivier / Mai 2014 en Points
__________________________________________________________________________________________________
(Dernière mise à jour : 25/04/2014)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>