Golem – Pierre Assouline

Pierre Assouline - Golem - Gallimard

Une quatrième de couverture intrigante, un meurtre, une étrange opération chirurgicale, Golem, un titre mystique, un auteur français de qualité, bref, a priori, que de bons ingrédients. Malheureusement, Golem déçoit un peu.

Le début du livre est pourtant prenant. Gustave Meyer est un homme atypique. Grand joueur d’échecs, solitaire, fan de Mark Rothko, épileptique et atteint d’hypermnésie, il est subitement (et assez étonnement d’ailleurs) accusé d’avoir tué sa femme Marie Meyer. Après un accident assez rocambolesque, il réussit à s’enfuir et à échapper aux forces de l’ordre. C’est le commandant Nina, femme également haute en couleur, en charge de l’enquête, qui va tenter de le retrouver.

S’ensuivent des développements médicaux neurologiques, la découverte d’une mystérieuse opération par le prétendu ami médecin de toujours, des références historiques relatives à l’origine du mot Golem, du mystère, des codes, des messages. Des tas de pistes sont ouvertes, mais il est parfois difficile de suivre, non pas l’enquête, mais le but poursuivi par Pierre Assouline.

Les fils se dénouent pendant le dernier tiers du roman, mais malgré la qualité littéraire du texte, des développements érudits et une bonne dose de « mystères », il n’est pas facile de croire vraiment aux personnages, à l’enquête, à la recherche de ce « Golem », et au lieu de susciter l’intérêt, le dénouement ennui un peu.

Un début engageant donc, mais dont l’intérêt s’émousse alors qu’il devrait augmenter au fil des pages, comme si ce roman manquait d’un je-ne-sais-quoi de crédibilité romanesque, de cohérence policière, comme si ce roman, finalement, manquait un peu son objectif.

L’avis de Virginie.


Les premières lignes de Golem :
(ou lire un extrait plus long)

Quand fond la neige où va le blanc ?
Accoudé à la fenêtre, le front posé contre la vitre, le regard perdu dans les artères du Grand Hôpital, cet entrelacs de rues, d’avenues qui lui donnaient l’allure d’une ville dans la ville, ce que le lieu était devenu à force d’adjonctions de bâtiments, il s’abandonnait encore et encore à cette question sans réponse dont il ignorait l’auteur malgré ses recherches sur la Toile et dans les thesaurus des bibliothèques ;

La 4e de couverture de Golem des éditions Gallimard :

Soupçonné du meurtre de son ex-femme, décédée dans un mystérieux accident de voiture, Gustave Meyer, grand maître international d’échecs, voit soudain sa vie basculer. En un instant, ce solitaire devient un fugitif partout recherché.
Dissimulé sous une autre identité, isolé des siens, il est rattrapé par ses failles : l’étrange opération chirurgicale qu’il a subie à son insu et qui l’a «golémisé» en décuplant ses facultés mentales ; la relation ambiguë qu’il entretient avec l’ami qui l’a opéré ; le sentiment diffus de ne plus s’appartenir et de devenir un monstre au regard de la société.
Une clé lui manque, qu’il part chercher en errant au cœur de la vieille Europe, deux femmes à ses trousses : Emma, sa propre fille, qui essaie de l’aider, et Nina, chargée de l’enquête policière.
Meyer y parviendra-t-il à temps? Sera-t-il assez solide pour faire face à la vérité qu’il va découvrir?


Challenge Rentrée littéraire janvier 2016Pierre ASSOULINE
Golem
Gallimard, Janvier 2016, 272 pages

14 réflexions au sujet de « Golem – Pierre Assouline »

  1. Justement, je lisais un assouline pour la première fois ( en cours de lecture, Sigmaringen) et je me demandais si je lirais d’autres romans de cet auteur pour me faire une idée de son oeuvre. visiblement, il faut que j’en choissise un autre que golem. tu en as lu d’autres ?

  2. Je l’avais repéré dans la rentrée littéraire mais là tu m’as refroidie! MAis je ne suis qu’à moitié étonnée. Selon moi aussi il fait partie des auteurs de qualité, j’avais beaucoup La cliente. Mais la plupart de ses autres publications ont souvent reçu un accueil mitigé, et je n’ai jamais été retentée, sans renoncer pour autant. Ce ne sera pas encore pour cette fois.

    • Je suis déçue, mais en effet, je ne renoncerais pas pour autant. C’est vrai que plusieurs de ces derniers livres ont reçu un avis mitigé. Peut-être que celui-là suivra la même voie …

  3. Le titre m’avait attiré l’oeil, mais je n’ai jamais été vraiment enthousiasmée par un roman d’Assouline, même si ses thématiques sont souvent intéressantes (Sigmaringen, les Rothschild…) le seul que j’avais bien aimé c’était Le Dernier des Camondo, mais c’était , je pense, aussi parce que j’avais visité le Musée Camondo et l’exposition au MAHJ à l’époque.

    • Comme toi, j’ai également aimé Le Dernier des Camondo, et j’ai toujours ce livre en tête d’ailleurs quand je pense à Assouline. J’ai un peu le sentiment – sans vraiment pouvoir juger car je ne connais pas son oeuvre – qu’il serait peut-être plus à l’aise dans des récits ou essais.

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