FITZGERALD Le désenchanté – Liliane Kerjan

Liliane Kerjan - Fitzgerald le désenchanté - Albin Michel

FITZGERALD, Le désenchanté, est une biographie de l’écrivain Francis Scott Fitzgerald (1896-1940), érudite et très détaillée, mais qui, malheureusement, lasse après une centaine de pages, pourtant prometteuses.

Les deux premiers chapitres de FITZGERALD, Le désenchanté, « l’égotisme romantique » et « le tourbillon » sont prenants et intéressants. Le premier, sur l’enfance et l’adolescence de Scott, nous apprend notamment que dès son plus jeune âge, Francis Scott Fitzgerald avait décidé de se vouer à la vie littéraire et de devenir un écrivain célèbre. Son premier texte sera d’ailleurs publié dès le mois d’octobre 1909 dans le journal de son école l’Académie de Saint Paul. Le deuxième chapitre est centré sur la rencontre avec sa future femme, Zelda Sayre, et le début de son succès littéraire, avec son premier roman, L’envers du Paradis. A ce stade de la lecture, on était enthousiaste.

Mais l’enthousiasme du début s’étiole à partir de la centième page. La biographie semble alors devenir une succession de lieux, le couple déménageant ou voyageant d’un endroit à l’autre, vacant d’une mondanité à une autre, d’une cuite à une autre, avec la description de chaque demeure, de chaque hôtel, une succession de noms de villes, des Etats-Unis à la France, une succession de noms de personnes, plus ou moins célèbres, entrecoupée de la valeur des choses, de manière extrêmement présente et récurrente : le prix d’une nouvelle, le montant du budget, le montant des dépenses, le prix d’un manteau, etc. Ce n’est plus qu’une succession de faits. C’est factuel, très factuel.

L’argent est un problème pour le couple Fitzgerald, et le message passe très bien, ainsi que leur mélancolie, leur ennui, leur alcoolisme, et leur intérêt pour le faste, l’apparence et le paraître. Ils ne semblent d’ailleurs intéressés par rien d’autre qu’eux-mêmes, être vus, être riches, être célèbres. De manière surprenante, il en devient difficile de s’attacher à ce couple qui paraît tellement centré sur lui, alors qu’on était totalement prêt à partager pendant quelques heures la vie de cet écrivain si connu et à faire preuve de réelle compréhension face à sa volonté de créer, avec et malgré la folie de Zelda.

Si FITZGERALD Le désenchanté aurait pu nous emporter, c’est nous qui nous trouvons un rien « désenchantés » à la lecture de cette biographie, qui a pourtant nécessité de l’auteur, Liliane Kerjan, un travail de recherche considérable que l’on salue.

A lire une biographie sur Zelda et Francis Scott Fitzgerald, on conseillera cependant plutôt La mort du papillon, de Pietro Citati, pour le coup, un véritable enchantement.

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Sélection Catégorie Document

Les premières lignes de FITZGERALD, Le désenchanté :

Qu’est-ce qui nous fascine tant chez Scott Fiztgerald ? Ses folles fêtes nocturnes ou sa petite musique de nuit ? Les palmiers d’Hollywood, les tapages de New York ou le tapis brûlant de ses plages dorées ? Le gaspillage et la dissipation de sa vie ou le rêve épique des pionniers et des pères qu’il n’a cessé de vénérer ? Est-ce l’émerveillement du provincial du Middle West ou la fêlure de l’Inconstant ?

La présentation de l’éditeur Albin Michel (4e de couverture) de la biographie FITZGERALD, Le désenchanté :

D’un côté un jeune écrivain marié à une femme excentrique, beau, talentueux, icône de l’ Ere du Jazz, et qui, dès son premier roman, L’Envers du paradis, connaît un succès foudroyant. De l’autre, la chute vertigineuse d’un couple qui sombre dans l’alcool, la pauvreté et la folie. Celui que Philippe Sollers appelle le « vaincu exemplaire » et Eric Neuhoff le « romantique absolu » est avant tout un écrivain qui, toute sa vie, tente de régler le conflit entre son besoin irrésistible d’écrire et « un concours de circonstances acharnées à l’en empêcher ». Fitzgerald ne ment jamais ni quand il se saoule, ni quand il se bat, ni quand il fait face aux humiliations, ni quand il revendique son goût du travail bien fait, ni quand il erre de casinos en hôtels. On le découvre ici dans son intimité, en père attentif qui s’occupe de sa fille Scottie, ne délaisse jamais Zelda, et qui se ruine la santé pour gagner l’argent nécessaire à l’entretien de son petit monde. Quand il meurt en 1940, il n’a que 44 ans, plus un sou en poche, et ses livres ont déserté les rayons des librairies. Il venait de se remettre au travail et avait entrepris l’écriture du Dernier Nabab.

Liliane KERJAN, Fitzgerald le désenchanté
Parution : Mai 2013 – Albin Michel

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